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J'entends ta voixPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Naître dans les toilettes de la gare de Séoul, abandonné par une génitrice fantôme, recueilli par une mère nourricière qui sombre vite dans la déchéance, c’est le départ dans la vie de Jei. Quant à son ami d’enfance Dong-Kyu, il va tout simplement décider de ne pas parler. « En effet quel avantage y a-t-il à parler ? […] Mon silence ne gênant pas du tout mes camarades. J’avais appris la langue des signes. La première fois que je les avais vu communiquer ainsi, les mouvements rapides et précis de leurs mains m’avaient fasciné. Ils me semblaient fabriquer à toute vitesse d’invisibles oiseaux qu’ils lançaient dans l’air. »

La liberté nous a conduits iciPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Autant en être averti, l'Afrique dépeinte ici l'est avec un parti-pris, outre l'inévitable coloration que donne à son objet la vision propre à chaque artiste malgré lui. Si on a aimé, surtout enfant, cette terre, si on l'a foulée avec le bonheur d'en être aussi aimé, si on en a été pétri comme par une mère nourricière, on ne la reconnaîtra pas, ou peu; il faudra en deviner la silhouette généreuse au détour d'un portrait ingrat. Il s'agissait sans doute pour le romancier d'en faire un personnage hermétique à part entière, délibérément métaphorique des sentiments de l'auteur lui-même quant au passé post-colonial unissant -ou désunissant - Européens et Africains. L'atmosphère choisie est en effet chargée et humide, collante et nauséeuse, rappelant ces chapes de plomb qui saisissent le voyageur étranger atterrissant en terre subsaharienne. On est dans les années 60, qui ont vu successivement les indépendances se proclamer sur le continent. Une entreprise suédoise exploitant le minerai libérien mute Hektor, un père de famille, pour diriger le personnel sur place. Le voilà débarquant avec femme, fils, et bagages... de linge suédois immaculé au pays des épices ocres, de la latérite rouge, de la banane écrasée au mortier, et de la sueur, sinon du sang, des mineurs. Le choc des cultures va être d'une violence se manifestant crescendo.

Roman américainPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Les habitants d'une petite ville de Floride se retrouvent sous les projecteurs de la presse pour avoir fait l'objet d'une enquête qui révèle, via le journaliste Vlad Eisinger, un juteux trafic d'assurances-vie opérant en toute légalité intra muros. La combine consiste à revendre son contrat en viager pour toucher le pactole, et tout un public de vautours en cravate et bien propre sur eux gravite autour des candidats à la mort imminente.

Les Arabes dansent aussiPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ « Je fais plus israélien que le commun des Israéliens et rien ne me fait plus plaisir que de l’entendre de la bouche d’un Juif », dit le narrateur des « Arabes dansent aussi ». "On me dit souvent : « Vous n’avez vraiment pas l’air arabe. » Certains prétendent que c’est du racisme, mais pour moi, c’est un compliment. Comme une victoire. Être juif : n’est-ce pas ce que je voulais ? Après beaucoup d’efforts, le résultat est là." D’abord publié chez Belfond, en 2002, puis en poche chez 10/18, ce récit poignant, de Sayed Kashua, est réédité par les Editions de l’Olivier, qui publie dorénavant son œuvre en France (« Il y eut un matin », 2006, et « La Deuxième personne », 2010). Ou le récit satirique, et en partie autobiographique, d’un jeune journaliste arabe israélien déchiré entre deux cultures, en Israël, de 1948 aux années 90.

La dernière tentationPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Fantastique de par sa dimension ésotérique qui emprunte beaucoup au discours prophétique, ce roman mêle aux destins angéliques le quotidien de personnages ordinaires déjà présentés dans le premier volet de la trilogie de l'Ordre des Sanguinistes. Ici, la maman de l'héroïne Hannah Vogel, Rebecca Cantrell, unit son imaginaire au talent de James Rollins, auteur réputé pour ses thrillers parus chez Fleuve Editions.

ExtinctionPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Matthew Mather est un farceur. Nous la jouer scénario-catastrophe alors qu'on n'a jamais été en terre plus sécurisée que dans nos bonnes vieilles capitales occidentales aujourd'hui, à l'heure des satellites et des livraisons de sushi à scooter? Il faudra beaucoup d'imagination au lecteur pour croire un seul instant à son histoire de panne d'électricité généralisée. Voilà qui est d'une haute improbabilité aux Etats-Unis depuis les mesures prises à la suite des leçons, somme toute nombreuses et cuisantes, du passé. Qui s'attendrait franchement à ce que des équipements défectueux, ou une surcharge du réseau, un ouragan ou une canicule, et, encore plus aléatoire, des défaillances humaines, voire des intentions terroristes tant qu'on y est, n'ayons pas peur des mots, mettent en péril notre confort urbain?

La perle et la coquillePar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Partout, la culture s'est emparée de la distinction générique qui sépare les sexes. Cette relecture du biologique a revêtu une forme qu'illustre magistralement le roman de Nadia Hashimi, "La perle et la coquille". Le roman, la littérature, voilà précisément cette parole particulière qui raconte des histoires en même temps qu'elle découd et libère ce qui, fût-ce de fil blanc, était pourtant cousu à l'intérieur pour durer. Car tandis que les histoires d'hommes relatent des conquêtes ponctuelles, introduisant de l'autre dans le même, ce que -se- racontent les femmes, relève par tradition d'une transmission visant la répétition d'états de faits à l'identique seulement. N'est-ce pas aux femmes que la culture a généralement confié la tâche de perpétuer la cohésion sociale, d'où notamment via la tradition du tissage, et celle de conter toujours les même mille et une histoires qui endorment les enfants ou tiennent éveillés les sultans?

Pauvre ChosePar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ A force d’avaler des couleuvres, des montagnes même, à force de mensonges, de faux-semblants et de trahisons, Julie comprend enfin que Ryûdai la trompe avec son ex-compagne Akiyo, venue vivre chez lui…Comment Julie a-t-elle pu tomber dans le déni de l’évidence, de la perfidie, de la traîtrise ? "La jalousie (lui) a sauté à la gorge par surprise."

Kim HoonPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Comment concilier la fin de vie de son épouse, le lancement d’une campagne publicitaire pour des produits cosmétiques, et la séduction d’une jeune collègue ? Comment harmoniser trois éléments aussi disparates, aussi éloignés, aussi paradoxaux, sans tomber dans l’incohérence, l’irrationnel, l’absurde ? Comment travestir les blessures de l’existence et faire semblant ?

Plus doux que la solitudePar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Quitter un pays où "la vie, déjà hors du temps, ne vieillissait plus", c’est l’objectif que se sont fixés plusieurs jeunes chinois, marqués par la désillusion de l’après Tian’anmen et la résignation de leurs parents devant un régime chinois sans concession.

Le train des orphelinsPar Catherine Verne - La grandeparade.fr/ "Le train des orphelins" est un émouvant roman inspiré de faits réels: de la côte Est américaine au Midwest, 200 000 enfants ayant perdu leurs parents ont été transportés du milieu du XIXè siècle à la crise de 1929 pour être, selon la formule d'usage, "distribués" à des familles d'accueil.

Péchés capitauxPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Dans ce "faux roman policier" de Jim Harrison, au titre révélateur  et attrayant, on retrouve l’inspecteur Sunderson, le flic de "Grand Maître" : nouveau retraité, ce dernier veut se dédier à sa grande passion, la pêche en rivière. Dans le Nord Michigan, il achète une cabane pour assouvir son culte aux truites et à la nature mais cette sage résolution le conduit dans une contrée où règne la famille Ames, qui  applique un code particulier et perpétue meurtres scabreux, viols, incestes, agressions  violentes : "aucune (famille) n’avait plus mauvaise réputation que les Ames. Il était certain que si l’on pouvait avoir une discussion avec chacun de ses membres -hypothèse peu vraisemblable-, aucun d’entre eux ne reconnaîtrait avoir jamais respecté la moindre loi. Ils étaient leur propre culture, leur propre civilisation. " Au fil des crimes, viols et délits en tout genre commis par les Ames, Sunderson , antihéros par essence, s’évertue de son côté à dresser un bilan de sa vie, de ses moments de gloire, de ses échecs conjugaux, de sa libido sensible et tumultueuse. Tout jeune, il a entendu à l’office dominical un sermon sur les sept péchés capitaux : il analyse à travers chacun d’entre eux son existence, ses expériences et ses égarements: "Les hommes sont prêts à aller au bout du monde pour un joli cul."

Etonnez-moiPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Avec son deuxième roman,"Etonnez-moi", c'est à la danse que nous invite Maggie Shipstead. Le ballet s'ouvre avec un pas de deux presque intimiste dans les coulisses et se referme sur une scène réunissant la plupart des personnages dans un final magistral. Entre le lever de rideau et le salut des personnages, se nouent et se dénouent les fils ténus de liens sensibles: ceux qui séparent l'amour du désamour, ceux qui opposent le rêve de succès et la réalité des planches, ceux qui scellent improbablement les destinées par le sang, ceux qui lancent un pont entre les continents, ceux qui superposent présent et passé, imbriqués ici au long du livre, où mélangent et croisent les générations.

De si jolies ruinesPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Construit comme le montage de rush et de scènes en apparence désordonnés, le roman de Jess Walter nous entraîne dans une virée quasi ethnologique en territoire hollywoodien. La visite commence au bras de Dee Moray, actrice ravissante... et ravissant sur le tournage de Cléopâtre Richard Burton à la sulfureuse Liz Taylor, ce qui lui vaut d'échouer, par l'ironie du "buzz business", sur une côté italienne sans plage et sans transat, du moins à l'époque de son bannissement organisé en coulisses, c'est-à-dire en 1962.


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