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julliardPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / La nuit, certains mentent. Surtout quand ils prennent le train à travers la plaine.

merotPar Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Fanny est belle, libérée, libre…Pierre la soixantaine en tombe follement amoureux. Elle enseigne l’anglais et lui le français dans le même lycée…il est grand et massif…elle est plutôt petite et ne pèse que "40000 grammes". Pierre ,presque au quotidien, par messagerie interposée et en filigramme des « Lettres de Keats à Fanny Brawne », déclare son amour passionné, décrit le corps de Fanny, ses gestes, ses effluves, leurs instants de sexe et de bonheurs sensuels…sa solitude…les mensonges, les petits plaisirs simples et éphémères ! Cette relation ardente et enflammée va-t-elle résister et perdurer ?

larmesPar Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Julien n’est pas retourné à Argelès depuis l’été 1986; cela fait trente ans. Le voisin de Louise sa mère, Genio Tardelli, vient de le prévenir. Louise a disparu de son domicile; Julien part vers son passé, son enfance, ses blessures. "Tout est encore là, les balançoires, les espoirs, le vent, le sable, la mer, les mots de son père. Il n’en parle jamais. C’est comme ça, comme un accord tacite qu’il n’a passé avec personne. Depuis le dernier été, Argelès est l’autre nom du chagrin."

symbiosaPar Félix Brun - Lagrandeparade.com/ En 2050, le gouvernement décide de confier à l’Institution un projet particulier en vue de faire renaître le sentiment amoureux. « L’objectif est de permettre la survie du modèle de la famille nucléaire, nécessaire au bon développement des citoyens, et au maintien de l’ordre. »

decisionPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Une conviction chevillée au corps : « C’est le rôle de l’écrivain de raconter la société dans laquelle il vit ». Ainsi, depuis « Pour le pire » paru en 2000 ou encore dans « Les choses humaines » (prix Interallié et prix Goncourt des lycéens 2019), Karine Tuil raconte cette société dans laquelle elle vit- ce qui donne en cette rentrée littéraire d’hiver 2022 « La décision », un texte magistral sur le dilemme auquel, au hasard d’une vie, tout chacun peut être confronté. Dans un récent entretien, l’auteure confie : « C’est un des livres les plus réalistes que j’ai écrits. (…) je suis allée sur le terrain. J’ai rencontré plusieurs juges d’instruction du pôle antiterroriste, des avocats, des magistrats de la cour d’assises, un agent du renseignement. Ils m’ont parlé dans la limite de leur déontologie, bien sûr, puisqu’ils sont soumis au secret professionnel ».

anéantirPar Serge Bressan - Lagrandeparade.com / Bien avant son arrivée en librairies, c’était déjà l’événement. Le monde des livres (et pas seulement !) en ébullition pour fêter, commenter, décortiquer « anéantir », le huitième et nouveau roman de Michel Houellebecq, le « Droopy » de la littérature française contemporaine et accessoirement l’écrivain francophone le plus connu dans le monde entier…

cette fille-làPar Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Véra mène une existence sans relief, monotone, discrète, limite soporifique, sûrement insipide…mais quand Jennifer débarque dans le monde de Véra, c’est un ouragan, un feu d’artifice, une tempête de virées, de plans cul, de dragues, de provocations, une ivresse de vivre. Les deux femmes que tout oppose, divise, se lient d’une amitié étonnante, curieuse, indéfectible, singulièrement pernicieuse… !

vachePar Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Une jeune femme marquée par la rupture brutale avec Alexandre, son compagnon, son mal-être au travail et ce monde égoïste et imprévisible, va se passionner pour l’étude des vaches… "C’est vrai que je me sens plus légère.

bouboulePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Tout commence dans une pharmacie de la rue Lepic, Paris 18ème arrondissement. Un homme entre, la pharmacienne lui demande ce qu’il veut, il répond : « Je voudrais me peser », elle est interloquée, il poursuit : « Oui, savoir combien je pèse, quel est mon poids, me peser, quoi ». Autrefois, dans les pharmacies, on pouvait se peser- ce temps-là est passé. Le client dit aussi : « Je comprends, mais c’est fâcheux », et de saluer l’apothicaire qui lui suggérait de faire « l’acquisition d’une bascule pour chez vous »… Nous voilà embarqués dans le septième roman de Patrice Leconte, 74 ans, cinéaste, metteur en scène de théâtre et d’opéra, scénariste de BD et aussi écrivain, c’est « Monsieur Bouboule », sous-titre : « Rencontres avec un très gros homme ». Monsieur Bouboule, Jean-Dominique Giraudy pour l’état-civil, 33 ans, accuse 176 kilos sur la balance- il travaille dans l’administration, assis derrière son guichet, et assure que, lorsqu’il aura atteint 180 kilos, il se suicidera. Un jour, le narrateur doit régler quelques affaires administratives à l’égard desquelles il nourrit une certaine incompréhension, voire phobie. Il s’adresse à Monsieur Bouboule qui, en un rien de temps, lui règle l’histoire. Reconnaissant, le narrateur l’invite à boire un verre au café du coin quand il aura fini sa journée de travail. Se noue alors, au fil des jours, une amitié. Par petites touches, presque impressionnistes, Monsieur Bouboule se dévoile. Le narrateur lui suggère d’arrêter de manger, il lui répond que ce n’est pas possible, il aime manger. Ah ! l’escalope lorraine… En seize chapitres d’un livre court et léger (c’était bien le minimum !), homme d’élégance et de modestie, Patrice Leconte manie l’humour noir et la fantaisie tragique comme personne. Avec « Monsieur Bouboule », il conte l’histoire d’un très gros homme. Surtout, il magnifie l’amitié et la bienveillance. La tolérance, aussi. Et le droit à la différence.

Comment ce Monsieur Bouboule est arrivé jusqu’à vous ?
Je ne voulais pas faire n’importe quoi ! L’histoire me trottait dans la tête depuis un moment. Je savais que je souhaitais un livre court, et je tournais autour. Les images de Monsieur Bouboule me venaient, et l’envie de raconter était toujours là. Pendant le premier confinement au printemps 2020, j’ai eu du temps. J’ai écrit.

Il était évident, pour vous, que « Monsieur Bouboule » était un roman, et non pas un film ?
Quand les idées ou les envies me viennent, je ne me pose pas la question. Ça devient tout simplement ce que ce doit être, et « Monsieur Bouboule », aucun doute, c’était un roman. J’ai écrit à mon rythme, j’ai laissé reposer, j’y suis revenu… Quand j’écris un livre, quand je réalise un film, je sais si ça me plaît. A chaque fois, j’y ai cru. Et cette fois encore, j’y crois !

Pour l’écriture de son histoire, Monsieur Bouboule vous tenait la main ?
D’abord, on ne peut pas travailler avec des certitudes. Ensuite, je ne voulais pas un texte trop long. Mais, avant même le commencement de l’écriture, je savais comment ça allait se terminer. Un roman, c’est comme un Lego. En gros, je sais où je veux aller mais j’ignore comment y aller ! Et j’ai besoin de me surprendre…

Monsieur Bouboule, c’est vous ?
Ça aurait pu être moi, oui ! Enfant, j’étais rondouillard… et croyez-moi, être rondouillard, c’est agaçant… Je suis toujours surpris par les gens qui se laissent aller à être très gros. Il y a, chez eux, comme une démission. Chez Monsieur Bouboule, oui, il y a eu démission. Et des Monsieur Bouboule, j’en connais plusieurs, je les croise dans la rue.

A la lecture, on comprend que Monsieur Bouboule, 176 kilos sur la balance, ne s’aime pas…
Tous les très gros sont ainsi, ils ne s’aiment pas, ils se détestent et on se moque tant d’eux. Parfois avec mesquinerie pour celui qu’on qualifie de « bon gros », parfois avec méchanceté. Je me suis ingénié à écrire, sans faire de jeux de mots, un livre léger sur un sujet lourd. J’ai écrit un livre qui fait montre d’une forme de bienveillance. Un livre qui rappelle qu’il faut être attentif à la différence…

leconteLe narrateur de votre roman s’interroge : Monsieur Bouboule est-il gros parce qu’il est malheureux, ou malheureux parce qu’il est gros ?
Je n’ai pas de réponse définitive. Il est les deux à la fois. Gros et malheureux, il a lâché la rampe, il s’est abandonné… Ne dit-on pas qu’il vaut mieux faire envie que pitié ? Monsieur Bouboule a honte d’être arrivé à ce poids absurde. Adolescent, il a fugué sur un coup de tête. Il est revenu au bout de deux jours chez ses parents : être seul et sale, ne pas pouvoir se nourrir, c’est désespérant et dérisoire.

Un des beaux et grands moments du roman se passe dans ce café où Monsieur Bouboule et son ami le narrateur boivent régulièrement du chablis. Ce moment où Monsieur Bouboule invite son ami à danser, là, sans musique…
La danse, elle m’est venue pendant l’écriture. Ça me plaisait, cette idée, un gros homme qui danse le rock… Une façon de dire aussi, pour Monsieur Bouboule, que s’il devait se préoccuper du regard des autres, il ne s’en sortirait jamais. Avec Monsieur Bouboule, on apprend à se moquer du regard des autres, le plus important est de tenter, d’essayer. Il a admis le fait qu’il est spectaculairement gros et s’il est sensible au regard des autres, il ne fait plus rien…

Votre héros est aussi terriblement émouvant. Quand il invite son ami le narrateur à venir chez lui, il lui montre sa chambre. Sur le lit, il y a des dizaines d’animaux en peluche…
… mais Monsieur Bouboule est resté un gros enfant. Si on lui demande pourquoi ces peluches, il ne répond que par trois mots : « c’est doux »… Ces peluches, c’est une compagnie dérisoire, mais pour cet homme, c’est une compagnie.

On ne dévoilera pas la fin de votre roman… Disons simplement qu’elle n’est pas vraiment légère…
… mais il m’était impossible d’envisager un happy end. Dans la vie de Monsieur Bouboule, il y a quelque chose d’inéluctable. Et franchement, je n’ai pas cherché une fin heureuse.

Dans une récente Bande Dessinée qu’ils vous ont consacrée, les auteurs Nicoby et Joub s’interrogent à votre sujet. « Il est quand même incroyable, écrivent-ils. Il est combien, ce cinéaste ? Plusieurs probablement »…
J’ai la prétention d’avoir assez d’idées pour ne pas recycler ! Dans ma tête, on est peut-être plusieurs ! En fait, je travaille beaucoup, je ne me ménage pas. J’ai des envies. Nombreuses. Mais je suis tout seul. Et plutôt organisé. C’est Jean Rochefort qui, à mon sujet, disait : « Patrice, quand il s’assied- ce qui est rare, il ne sait pas qu’il a deux fesses… » Je suis un hyperactif. Me transformer en limace, certainement pas !

Monsieur Bouboule
Auteur : Patrice Leconte
Editions : Arthaud
Parution : 13 octobre 2021
Prix : 18,50 €

[bt_quote style="big-quote" width="0"]Depuis toujours, cet homme hors normes, dont personne ne pouvait estimer le poids avec exactitude, se faisait appeler Bouboule, ou, plus précisément, on l’appelait Bouboule, ce qui était un pléonasme un peu simpliste, comme si on avait mis un coup de Stabilo sur sa morphologie, mais ça ne lui plaisait ni ne lui déplaisait, en fait il s’en tapait, il trouvait même ce surnom presque affectueux, en fait, il s’en accommodait… [/bt_quote]

Crédit pour le doc portrait: Photo Térèze Wysocki

modianoPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Il pourrait filer à cloche-pied sur la Grande Muraille de Chine, s’arrêter à San Salvador, faire des puzzles, voire des romans-photos ou encore étonner une personne qui se prénommerait Benoît… A 76 ans, il préfère revenir en Chevreuse, cette vallée du sud-parisien où il a passé une partie de son enfance.

une éclipsePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Il y a des femmes- elles peuvent se prénommer Claire. Des chiens aussi- on les appellera Bowie… Et, après l’avoir fait au printemps dernier, en cet automne on reprend le dernier ferry pour le paradis. Ainsi, on sera pris dans un tourbillon à douze temps, un voyage en douze étapes- une lecture de douze nouvelles regroupées sous un titre simple, « Une éclipse ». Le deuxième livre de Raphaël Haroche, après « Retourner à la mer » paru en 2017 et prix Goncourt de la nouvelle. Avec son seul prénom, Raphaël était venu à nous au printemps dernier avec « Haute Fidélité », son neuvième album grandement habité par le souvenir du chanteur et musicien Christophe, le « beau bizarre » parti après avoir été attrapé par la Covid le 16 avril 2020…

QuichottePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / D’emblée, on lit : « Monsieur, je vous le dis tout net, je ne suis pas d’humeur à rire, et les façons dont vous traitez votre Quichotte ne sont pas de mon goût. Vous prétendez que son cerveau, tout empli des fadaises qu’il a lues dans des livres et qu’il croit véridiques, l’amène à commettre des actes insensés… »

 salaudPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Rien moins qu’un brouillard de mensonges. Et aussi une confidence : « J’ai passé mon enfance à croire passionnément tout ce qu’il me disait, et le reste de ma vie à comprendre que rien de tout cela n’était vrai ».

nouveau romanPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Théoricien de la littérature, Jean Ricardou (1932- 2016) assurait que « le roman n’est plus l’écriture d’une aventure, mais l’aventure d’une écriture ».


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