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Un bon bouquin, ça ne périme pas! Et après, ça passe en poche et c'est encore mieux parce qu'on peut l'emporter partout! 

top 21Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Avant la rentrée littéraire d’hiver programmée pour le 6 janvier 2022, il est encore temps de rappeler les temps forts de l’année qui tire à sa fin. Ainsi, lagrandeparade.com présente sa sélection (revendiquée totalement subjective !) des seize meilleurs romans et récits français et étrangers parus en 2021. Bonne lecture à toutes et tous !

« Le voyage dans l’Est » de Christine Angot

Romancière de l'autofiction, Christine Angot a signé « Le voyage dans l'Est » (prix Médicis 2021). Une nouvelle variation sur le drame de sa vie, ce drame qui a commencé alors qu'elle avait tout juste 13 ans. Drame de l'inceste que, là dans ce roman, l’auteure ausculte et décrypte avec ses yeux et ses mots d'adolescente puis de femme. Tout a commencé à Strasbourg, là où mère et fille retrouvent ce père qui, comme l’autorise la loi, doit reconnaître sa fille alors qu’il est parti peu après la naissance. L'adolescente tombe sous le charme paternel. Il va l'embrasser sur la bouche…

« Le voyage dans l’Est »
Auteure : Christine Angot
Editions : Flammarion

« Burning Boy » de Paul Auster

Pas moins de mille pages. Un pavé colossal, c’est « Burning Boy », le nouveau roman de Paul Auster. Sujet du livre : Stephen Crane (1871- 1900), tenu pour le « bad boy » de la littérature américaine du 20ème siècle, ami de Joseph Conrad et Henry James, auteur de six romans, de recueils de poésie et de nouvelles, journaliste de l’immersion terrassé à 28 ans par la tuberculose. Né à Newark (comme Auster !), il est considéré comme l'inventeur de la modernité littéraire nord-américaine. Paul Auster s'est tenu à distance de la biographie romancée, et offre une biographie de romancier…

« Burning Boy »
Auteur : Paul Auster
Editions : Actes Sud

« Cavalier noir » de Philippe Bordas

Un texte de grand lyrisme, écrit dans un français « à tronc fort et fines ramures ». Un roman qui, rédigé par un écorché vif nommé Philippe Bordas, vénère, caresse, câline la langue française. « Cavalier noir », c’est une histoire toute simple sur l’exil amoureux. Pour bagages son vélo et ses écrits, un matin, le narrateur monte dans le train à Paris, traverse des brumes, des forêts et des paysages fantômés par les romantiques allemands, et arrive à Heidelberg où, dans un chalet perché, il retrouve Mylena, jeune femme aussi solaire que musicale. Le roman de l'élégance ultime.

« Cavalier noir »
Auteur : Philippe Bordas
Editions : Gallimard

« Histoires de couples » de T.C. Boyle

Avec « Histoires de couples », T.C. Boyle offre sept nouvelles pour évoquer l’Amérique délirante. A 73 ans, il demeure le plus rock des écrivains américains. Son écriture est éternellement diablement agile- ainsi, il peut raconter le réchauffement de la planète, les bébés éprouvettes ou encore les «progrès » de l'informatique. A toutes les pages, ça cingle, ne milite jamais. T.C. Boyle n’a pas son pareil pour évoquer les dingues et les paumés. C’est délicieusement futuriste et écologiste, délicatement tragique et mélancolique. Et surtout, ultramoderne…

« Histoires de couples »
Auteur : T.C. Boyle
Editions : Grasset

« Notre part de nuit » de Mariana Enriquez

Troisième roman mais premier traduit en français de l'écrivaine argentine Mariana Enríquez, « Notre part de nuit » est un gros pavé bien dense (près de 800 pages!)… Bien plus qu'un phénomène, c'est un livre immense. Une sorte de «road book», comme il existe des «road movies». On file dans les pas d'un père et de son fils. Ils vont traverser l'Argentine par la route. Peut-être sont-ils en fuite… mais où vont-ils? Sait-on seulement si les deux veulent échapper à quelque chose, à quelqu'un? Le petit garçon se prénomme Gaspar, sa mère a disparu dans des circonstances qu'on dira étranges. Il a un don, le même que son père, et son destin est déjà tracé : plus tard, il sera médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle. Avec Gaspar et son père, c'est le grand voyage. Sur la route, dans l'histoire aussi. Et même dans les forces occultes des ténèbres du côté de Silvina Ocampo et Stephen King.

« Notre part de nuit »
Auteure : Mariana Enriquez
Editions du Sous-Sol

« Une éclipse » de Raphaël Haroche

On prend le dernier ferry pour le paradis, avec des femmes, qui peuvent se prénommer Claire, des chiens aussi, que l'on appellera Bowie… On est pris dans un tourbillon à douze temps, un voyage en douze étapes. Une lecture de douze nouvelles regroupées sous un titre simple, « Une éclipse ». Le deuxième livre de Raphaël Haroche, après « Retourner à la mer », prix Goncourt de la nouvelle 2017. Fiction? Autofiction? Allez savoir… Qu'importe, tout au long des pages, Raphaël Haroche est, en creux, présent. En boxeur superwelter, en voyageur du monde en caravane, en funambule au cirque !

« Une éclipse »
Auteur : Raphaël Haroche
Editions : Gallimard

« Le dernier bain de Gustave Flaubert » de Régis Jauffret

Même pas peur, Régis Jauffret. Pour cet auteur en piste dans le monde des lettres depuis trente-cinq ans, il ne craint rien ni personne. Il peut même, comme dans « Le dernier bain de Gustave Flaubert », s'approcher d'un monument de la littérature mondiale, l'admirer dans sa baignoire et lui balancer une de ses héroïnes qui va lui faire mille et mille pires reproches. En cette année de bicentenaire de la naissance de l’auteur de « Madame Bovary », Jauffret signe un texte en forme de roman biographique sans être une biographie- en quelque sorte, une « biographie idéale » !

« Le dernier bain de Gustave Flaubert »
Auteur : Régis Jauffret
Editions : Seuil

« C'était génial de vivre » de Marceline Loridan-Ivens

Avec la complicité du réalisateur David Teboul et l'avocate Isabelle Wekstein-Steg, le dernier texte de Marceline Loridan-Ivens, au titre réjouissant : « C'était génial de vivre ». Survivante d'Auschwitz, «sœur de déportation» de Simone Veil, elle s'est longuement racontée, confiant entre autres qu'elle ne supportait ni la plainte ni les regrets ni la culpabilité. Peu après, le 18 septembre 2018, à 90 ans, elle s'en allait. Dans ce recueil aussi brut que bouleversant, on devine le rire de Marceline Loridan-Ivens. Au fil des pages pétillantes de quelques bonheurs et d'un immense malheur, on entend sa voix- dans ses éclats de vie, elle rappelle : « J’étais juive, j’étais d’origine polonaise et, en plus, rousse et gauchère ». Elle peste aussi contre sa petite taille, confie que son nom de naissance veut dire «montagne de roses», raconte tout. Sa vie, sa famille, son père. Son arrestation, la déportation à Auschwitz. Les engagements politiques. Et surtout, l'amour…

« C'était génial de vivre »
Auteure : Marceline Loridan-Ivens
Editions : Les Arènes

« Le droit d’emmerder Dieu » de Richard Malka

Il est un des avocats vedettes en France. A 53 ans, également romancier, scénariste de BD et spécialiste des affaires de presse et de liberté d’expression, Richard Malka s’est glissé en cette mi-2021 dans les librairies avec Le droit d’emmerder Dieu. Un texte pas banal puisque c’est, en son intégralité, la plaidoirie qu’il a prononcée le 4 décembre 2020 devant la cour d’assises spéciale à Paris, lors du « procès Charlie » consécutif aux attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015- il y représentait Charlie Hebdo en tant que personne morale. Un an après, la plaidoirie demeure d’une brillance rare, d’une évidence absolue. Les mots cognent, vibrent, prennent au plus profond de celle ou celui qui écoute, qui lit… Les pages transpirent des principes auxquels Richard Malka tient par-dessus tout : la liberté d'expression, la laïcité… et aussi le droit au blasphème. Ce droit qu’il résume en une formule-choc : « le droit d’emmerder Dieu ».

« Le droit d’emmerder Dieu »
Auteur : Richard Malka
Editions : Grasset

« La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr

Rien moins qu’une déclaration d’amour à la littérature que La plus secrète mémoire des hommes, quatrième livre du Sénégalais d’expression française Mohamed Mbougard Sarr. Un livre récompensé par le prix Goncourt, un texte aux allures de biographie romancée et de variation sur une légende littéraire, même réinventée. L’enquête d’un jeune écrivain sénégalais qui, en 2018 à Paris, découvre un livre mythique paru en 1938 mais qui, quelque temps plus tard, fut éclaboussé par le scandale : l’auteur, accusé de plagiat, se révéla bien meilleur que ceux qu’il a plagiés…

« La plus secrète mémoire des hommes »
Auteur : Mohamed Mbougar Sarr
Editions : Philippe Rey

« Chevreuse » de Patrick Modiano

Dans l'œuvre de Patrick Modiano- prix Nobel de littérature 2014, « Chevreuse » est un motif. Mieux : une promenade en rues obscures, en Chevreuse, à Auteuil, Pigalle et Montmartre. Dans ce nouvel et trentième roman, l’auteur décrypte le bonheur du souvenir, même flou, surtout flou, et du détail d'une précision extrême. Ainsi, lectrices et lecteurs se retrouvent dans les pas de Jean Bosmans, déjà vu et lu dans « Ephéméride » (2002) ou « L'Horizon » (2010). Ce personnage (très certainement le double de l'auteur), on le suit sur trois niveaux de temporalité- aujourd'hui, hier et le temps de l'enfance- pour une variation sur des thèmes forcément « modianesques » : l'enfance, les artistes de l'ancien temps, les personnages mystérieux, les objets, les rues et les maisons fréquentées hier, voire avant-hier. Ainsi, chez Jean Bosmans, les souvenirs rejaillissent de la mémoire par hasard, peuplés de drôles de gens, des «types peu recommandables», d’une faune d'interlopes côtoyée dans les années 1960.

« Chevreuse »
Auteur : Patrick Modiano
Editions : Gallimard

« Poussière dans le vent » de Leonardo Padura

Le grand roman de la perte, de l'exil et de la dispersion, c’est « Poussière dans le vent » de Leonardo Padura, essayiste, journaliste, scénariste et romancier cubain. Ça commence avec une photo pour elle qui arrive de New York et lui qui vient de Cuba. Ils ont 20 ans, ils s'aiment, il lui montre donc une photo de groupe. La jeune femme est intriguée, elle se met en quête de savoir qui sont ces jeunes gens. Ils étaient huit amis, très liés depuis la fin des études au lycée. Certains ont disparu, d'autres sont restés au pays. Un texte aussi brillant qu'universel.

« Poussière dans le vent »
Auteur : Leonardo Padura
Editions : Métailié

« En mer, pas de taxis » de Roberto Saviano

Il a raconté la camorra (la mafia napolitaine) en 2006 dans « Gomorra ». Cette année, Roberto Saviano est entré en guerre contre l’indifférence avec son nouveau livre, « En mer, pas de taxis ». Il affronte le sujet des migrants- et fait le constat (terrible) que tout le monde ne se sent pas concerné par le problème. Quand on lui pose la question : pourquoi un livre sur les migrants ?, le journaliste italien, 42 ans et toujours sous protection policière, rappelle qu’un leader politique en Italie avait baptisé «taxis de la mer» les navires des ONG humanitaires pour des opérations de sauvetage en Méditerranée, des ONG qu'il accusait de favoriser le phénomène migratoire… Au fil des pages d' « En mer, pas de taxis », en mots et photos, entre témoignages et récits, Roberto Saviano n'épargne aucun dirigeant, ceux d'Italie, de la droite de Matteo Salvini, ceux de la gauche, ceux de l'Union européenne. Et supplie que la Méditerranée ne devienne pas le plus grand cimetière humain au monde…

« En mer, pas de taxis »
Auteur : Roberto Saviano
Editions : Gallimard

« Connexion » de Kae Tempest

En 2020, à 34 ans, l'artiste aux trois albums au succès mondial faisait son «coming out» en tant que non binaire, révélant son nouveau prénom, Kae. L'une des figures mondiales de la «nouvelle poésie» dévoile « Connexion », un texte écrit l'an passé en confinement, tandis que le monde artistique était privé de scènes. Cette situation a amené Kae Tempest à réfléchir sur la créativité. Les réseaux sociaux sont un tableau sur lequel se mirent les ego, et un marécage où l'individu oublie qui il est. Le livre de l'urgence à la connexion, à nouveau, de la (re)naissance, pour que (re)vive la création.

« Connexion »
Auteure : Kae Tempest
Editions : L’Olivier

« Memorial Drive » de Natasha Trethewey

Ne jamais revenir à Atlanta. En quittant la capitale de l'État de Géorgie, Natasha Trehewey a emporté ce qu’elle avait « cultivé durant toutes ces années : l'évitement muet de mon passé… » Pour des raisons professionnelles, la jeune femme doit s'y rendre. Et elle raconte. C'est « Memorial Drive », le roman de l'Américaine Natasha Trethewey, enseignante, écrivaine et poétesse récompensée par un prix Pulitzer. Retour à Atlanta, la ville de Martin Luther King et aussi de ses parents, elle évite Memorial Drive, l'autoroute qu'empruntait sa mère Gwendolyn Ann Turnbough. D'un premier mariage interracial est née Natasha. Quand ses parents se séparent, la mère refait sa vie avec Joe, un «vétéran» du Vietnam qui, en 1985, la tue. Natasha a tout juste 19 ans… Dans ce roman étourdissant, se mêlent deux trajectoires : celle d'une femme noire mariée à un homme blanc à une époque où une telle situation était pour le moins mal acceptée, et celle d'une Amérique en proie à ses démons.

« Memorial Drive »
Auteure : Natasha Trethewey
Editions : L’Olivier

« Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde » de Philipp Weiss

La folie extrême et ultime en près de 1 200 pages en cinq volumes réunis en un coffret sur lequel on lit : «roman». A 39 ans, l'Autrichien Philipp Weiss a signé rien moins qu’une œuvre gigantesque, « Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde »- quatre romans et un manga (!). Fresque hallucinée pour plonger dans la virtualité qui n'est rien d'autre que l'externalisation de nos rêves et de nos cauchemars. Vertige garanti avec cinq récits, cinq histoires- indépendants et enchevêtrés. Tout simplement, un premier « roman » sur l'évolution de l'humanité. Colossal !

« Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde »
Auteur : Philipp Weiss
Editions : Seuil

boylePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : un livre de sept nouvelles signé par T.C. Boyle, le plus rock des écrivains américains contemporains ; un enthousiasmant premier roman féminin et féministe de Pauline Gonthier, et les mémoires de Georges Kiejman, l’un des plus grands avocats français. Bonne lecture !

authentiquePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Deux suggestions de lecture pour une semaine : un livre de textes inédits de Jim Harrison ; une enquête pour un polar en 1789 mené bon train par Henri Loevenbruk. Bonne lecture !

seuilPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le troisième et dernier volet de la trilogie de J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature 2003 ; la fantaisie de Jean-Louis Fournier qui fait parler les animaux, et aussi la réédition d’une nouvelle du grand Patrick Süskind, illustrée par le non moins grand Sempé. Bonne lecture !

princePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le nouveau thriller de Michel Bussi qui enquête sur la mort mystérieuse du Petit Prince, le héros du livre-culte de Saint-Exupéry ; le roman de la Canadienne Miriam Toews qui évoque la vie et les rêves d’une jeune fille dans une communauté mennonite, et aussi le trentième et nouveau texte de Bernard Werber, hier roi des fourmis et ami des chats et aujourd’hui passionné par les abeilles. Bonne lecture !

camillaPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : une « novella » toute en huis clos avec Camilla Läckberg, la « reine du polar scandinave » ; la réédition du Goncourt 1921 attribué, pour la première fois, à un écrivain noir- René Maran, et un voyages en questions-réponses dans la nature en montagnes et vallées avec Bernard Minier, un des maîtres du thriller contemporain. Bonne lecture !

ma nuit Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Quatre suggestions de lecture pour une semaine. Une thématique : le père, mise en avant par Jakuta Alikavazovic qui passe une nuit au musée, Jean-Baptiste Del Amo qui raconte la transmission de la violence, Marc Dugain qui évoque l’histoire d’amour de ses parents et Amélie Nothomb qui a relevé le défi d’être, en mots, son père. Bonne lecture !

edouard louisPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : les confessions d’un « transfuge de classe » avec le cinquième livre d’Edouard Louis, l’Amérique, la famille et la psychologie féminine avec Joyce Maynard et quinze bonnes nouvelles pour le premier recueil de l’actrice et réalisatrice italienne Laura Morante. Bonne lecture !

boltanskiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le 3ème roman de Christophe Boltanski pour une non-fiction impeccable, le nouveau texte de Nina Bouraoui pour une histoire entre violence et mélancolie, et le premier roman aussi étincelant qu’éblouissant de Julie Ruocco. Bonne lecture !

djianPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Quatre suggestions de lecture pour une semaine : le 32ème roman de Philippe Djian pour une tragi-comédie du meilleur effet, la déclaration d’amour de Jean-Claude Grumberg à sa femme disparue, le livre-monde avec la toujours pertinente Céline Minard et, surprise de cette rentrée littéraire d’été 2021, le premier roman du réalisateur américain Quentin Tarantino. Bonne lecture !

Angot Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / En cette rentrée où paraissent pas moins de 521 romans d’ici la fin septembre, présentation de cinq romans français indispensables. Bonne lecture !

seuilPar Serge Bressan - Lagrandeparade.com / Trois suggestions de lecture pour une semaine : un tournage à Brighton avec le romancier britannique William Boyd, un bug qui bloque le monde entier le soir du Super Bowl avec Don DeLillo, et enfin, un thriller tiré au cordeau par Franck Thilliez. Bonne lecture !

Ey le chenePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : une amitié au féminin avec la romancière suédoise Sofia Lunberg, un impeccable thriller avec l’Anglaise Gilly Macmillan, et enfin, la saga d’une génération sur une vingtaine d’années par Dominique Simonnet. Bonne lecture !


SOFIA LUNBERG : Et le chêne est toujours là

Il y eut, en version française, un premier best-seller mondial- en 2018, « Un petit carnet rouge », un texte écrit après avoir trouvé dans les affaires de la grand-mère un tout aussi étrange que mystérieux carnet d’adresses. Puis l’année suivante, il y eut un autre best-seller, « Un point d’interrogation est un demi-cœur ». En cet été 2021, on retrouve la Suédoise Sofia Lundberg, hier journaliste, aujourd’hui romancière, avec un troisième roman au joli titre, « Et le chêne est toujours là ». Au cœur du roman, Esther. Elle a divorcé il y a peu, elle est abattue, anéantie, passe les week-ends sans son fils, dit : « J’ai lu quelque part qu’il est plus facile de traverser un deuil qu’une séparation. Cela peut paraître surprenant. Mais dans une séparation, il y a toujours un « et si » et un « mais ». Alors qu’un décès est définitif. Et qu’en général, ce n’est la faute de personne. Tandis qu’une séparation est comme un abcès plein de pus, qui ne guérirait jamais... » Comment se consoler ? Un week-end sur deux, Esther va se promener, près de chez elle il y a un banc près d’un chêne aussi magnifique que vieux, en bordure d’un lac. Un jour, une femme y est déjà assise- comme si elle attendait Esther. Elle se prénomme Ruth, elle est âgée et déborde d’optimisme sur la vie. A Esther, elle va raconter sa jeunesse- l’histoire est belle, entre les deux femmes naît une délicate amitié… Pourtant, l’histoire paraît trop belle à Esther, elle s’interroge, va tenter de percer les secrets que garde Ruth et va se retrouver jusque sur les bords du lac de Côme. Esther percera-t-elle le mystère, découvrira-t-elle le(s) secret(s) de Ruth ? Avec « Et le chêne est toujours là », Sofia Lunberg signe un beau roman sur la solitude tout en tendresse.

Et le chêne est toujours là
Auteure : Sofia Lunberg
Editions : Calmann-Lévy
402 pages
Prix : 20,90 €

 

noirGILLY MACMILLAN : Pour tout te dire

Il y a le jugement définitif du « New York Times » : « Un des meilleurs suspenses de l’année ». Et aussi celui du « Herald » : « Un thriller incroyable ». Voilà qui en impose… et que confirme la lecture de « Pour tout te dire », le nouvel et sixième roman (en VF) de Gilly Macmillan, romancière qui vit à Bristol (Angleterre) avec sa famille et qu’on avait remarquée avec « Ne pars pas sans moi » (2016),  « Les Meilleurs Amis du monde » (2018) ou encore « La Nanny » (2020). L’éditeur français nous met en curiosité quand il nous glisse : « Pour tout te dire… tout le monde », et nous emmène dans le sillage de Lucy Harper, une jeune romancière de polars cumulant les succès et dont le mari, Dan, lui aussi écrivain en panne de publication, gère la carrière et ses finances. Elle est en passe de boucler un roman, nouveau tome d’une série qui l’a faite riche et célèbre. Problème : au moment de mettre la touche finale à son livre, contre l’avis de l’éditeur, de son agent et de nombre de ses fans, la romancière envisage de changer d’héroïne… C’est à la même époque qu’elle va devoir affronter un drame : son mari qui « regardait de très près » une voisine a disparu après une dispute, il est retrouvé mort… Confidence de Lucy : « J’avais émergé de mon bureau pour découvrir non pas un paysage modifié, mais plutôt une vaste toile qu'on avait tissée autour de moi. J'étais aujourd'hui perdue au milieu, désorientée, dépassée, piégée ». Et l’on apprend qu’une autre disparition a marqué Lucy Harper lorsqu’elle était enfant- elle avait 9 ans, elle a emmené pour une escapade nocturne son petit frère Teddy qui a disparu… La disparition de Dan fait ressurgir le cauchemar de celle de Teddy. Lucy est-elle victime ? meurtrière ? paranoïaque ? Un roman empli de folie et de schizophrénie…

Pour tout te dire
Auteure : Gilly Macmillan
Editions : Les Escales
372 pages
Prix : 21,50 €

 

simonetDOMINIQUE SIMONNET : Le monde en général et nous en particulier

Tout commence par la fin. Un enterrement, c’est l’automne 1986. « Quelqu’un apporta l’urne. Ne pas se laisser aller. Rester digne. Ce matin, à l’église puis au crématorium (…) il avait supporté ces rituels stupides, (…). Il regarda s’envoler les flammèches qui, quelques heures auparavant, étaient encore un corps, une personne, une pensée... » Ouverture pour « Le monde en général et nous en particulier », le roman immense (près de 700 pages) de Dominique Simonnet. Un roman en cinq saisons et un épilogue, une saga vertigineuse qui court du dimanche du Pâques 1967 à l’automne 1986. Quasi vingt ans, une vie… Le roman d’une génération. Tout file, tout défile. Ils sont quatre : Bart en région lilloise (avec Patrick, Jean-Louis et Edouard, ils apprécient la même musique et rêvent de révolution), Patricia la Londonienne qui sauve les mouettes victimes d’une marée noire en Cornouailles, Simon à Jérusalem qui va rejoindre un kibboutz et Julia à San Francisco où elle se retrouve dans une manifestation pacifiste. Quatre qui vont vivre au rythme des battements du cœur du monde. Au fil des pages, résonnent des slogans qui ont fait vibrer, rêver tant et tant, tels « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ». Dans « Le monde en général et nous en particulier », roman d’une époque, roman de l’époque où nous étions « jeunes et larges d’épaules », dessinés par la belle écriture de Dominique Simonnet, défilent Martin Luther King, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner, Gisèle Halimi ou encore Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. C’était le temps où surgissaient le féminisme, l’écologie, le temps où la musique des Stones, du Pink Floyd, du Tangerine Dream, de Kraftwerk ou encore des New York Dolls ponctuait aussi le rythme du « monde en général et nous en particulier »…


Auteur : Dominique Simonnet
Editions : Plon
676 pages
Prix : 22 €

chamoiseauPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : la fierté créole et les chemins de l’écriture avec Patrick Chamoiseau, la tout aussi étrange qu’émouvante expérience d’un psychanalyste spécialise du deuil avec Philippe Grimbert, et enfin, un recueil d’une novella et sept récits en canoë avec Maylis de Kerangal. Bonne lecture !


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