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L’Âge d’or de la peinture à Naples : dans le sillage de Caravage jusqu'au baroque

  • Écrit par Catherine Verne
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NaplesPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ L'exposition du Musée Fabre intitulée "L’Âge d’or de la peinture à Naples, de Ribera à Giordano" a été déclarée "d'intérêt national" par le Ministère de la culture et de la communication.  Outre sa caractéristique de présenter pour la première fois "la mort de Saint-Joseph" par Cavallino, récente acquisition du musée, elle souligne élégamment la richesse des influences qui vivifient la peinture napolitaine dans le sillage du Caravage pour la conduire au baroque.
On commence la visite par une vue de Naples digne des "vedute" les plus abouties. La ville déployée dans toute son étendue apparaissant telle que l'aurait photographiée un drone égaré au XVIIè siècle, on reste admiratif du travail de l'artiste qui aura, d'après plans couchés sur papier, érigé cette représentation en relief de l'architecture napolitaine, hérissée de batisses et dont les cimes se tutoient par delà les rues étroites. En face de ce panoramique, on trouve à terre, immergé dans une de ces rues denses, Spadaro: il peint ses compatriotes dans leur agitation foisonnante au quotidien, prenant sur le vif des postures citadines pittoresques, dans un tumulte odorant et bigarré qui aurait séduit le flammand et contemporain Brueghel. C'est que l'essor de la ville portuaire la hisse alors au même rang que Londres. Mais ce n'est pas pour son développement économique ou démographique que Naples nous intéresse ici, c'est pour l'influence picturale  considérable qu'y laissera en  s'y réfugiant, Caravage, le peintre bagarreur exilé de Rome. La construction typique en clair-obscur de son "Jean-Baptiste" à la moue mélancolique -autobiographique?- témoigne de cet esthétisme tranchant radicalement avec la tradition maniériste en vigueur alors. Une pâte qu'on retrouve plus loin chez le portraitiste Stanzione, ou chez un Battistello, prêtant à son Christ les détails d'une anatomie émue et très humaine de sorte que le spectateur s'y identifie plus volontiers qu'aux modèles exsangues et dépouillés de la récente Réforme.
A ce stade de la visite, il faut faire une pause devant la "Piéta" de Ribera, acmé de son naturalisme, pour admirer avec quelle maîtrise le peintre retranscrit l'émotion la plus expressive sur les visages et dans les attitudes, jusqu'à la beauté douloureuse du baiser que Marie-Madeleine dépose sur les pieds du Christ. Incontournable Ribera, très à l'honneur dans cette exposition, dont on appréciera de pouvoir contempler plusieurs toiles, dont "le pied-bot" et "la Sainte Marie Egyptienne". A saluer à ce propos, le choix d'accrocher les oeuvres présentant des compositions de facture très distinctes par un même artiste pour en favoriser le dialogue esthétique, certaines appartenant à la collection du musée Fabre, d'autres venant de Naples pour l'occasion, mais aussi de Madrid et San Francisco.
Après nous avoir proposé une introduction à la géographie de la ville, puis ce focus sur la façon dont le caravagisme emporte la peinture napolitaine du maniérisme au réalisme, l'exposition nous sensibilise à l'histoire du peuple avec des tableaux illustrant les graves événements qui sous-tendent l'esthétisme pictural de l'époque comme les émeutes soulevées par le pêcheur Masaniello, la peste dont Spadero dépeint la tragique violence, ou "l'éruption du Vésuve en 1631" de Scipione Compagno. Elle se termine sur l'orientation baroque des peintres napolitains. Mentionnons à ce titre les natures mortes de Paolo Porpora, parmi lesquelles deux petites toiles dignes d'un cabinet de curiosités ; l'on aura ainsi achevé notre voyage parmi les influences qui colorent la peinture napolitaine du XVIIè siècle, influences décidément cosmopolites puisqu'un oeil attentif ne manquera pas de remarquer en fin de parcours, sous une facture vénitienne, la référence - par le très baroque Luca Giordano - au Français Rubens dans le traitement de la chair de sa Perséphone.


Musée Fabre, 39 boulevard Bonne-Nouvelle, Montpellier.

Du 20 juin au 11 octobre 2015.

Ôde à la nature, à la différence et la fraternité : Benjamin Lacombe, auteur au grand coeur, nous présente ses créations éditoriales 2020, bientôt dans vos mains!

  • Écrit par Julie Cadilhac
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Benjamin Lacombe au naturel Par Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ C’était en avril, l’humeur alanguie par le confinement et l’envie vitupérante de grands espaces, que s’est tenu notre entretien téléphonique avec Benjamin Lacombe. Pour un auteur comme lui, travailleur sempiternel toujours occupé à pléthore de projets éditoriaux ambitieux, cet enfermement forcé fut moins douloureux que pour ses lecteurs car les projets étaient là et l’isolement que nécessite la création s’avèrait habituelle. Mais, justement, durant toutes ces semaines d'hibernation forcée, Benjamin s'est attelé à poster très régulièrement des posts sur les réseaux sociaux pour garder le contact avec tous ceux qui aiment son travail, leur a même proposé de l’aider à choisir les personnages d’un challenge mondial instauré par les dessinateurs, le SixFansArt. Et ce fut un bonheur - assurément - d’entendre sa voix enjouée et ses rires en cascades ce jour-là alors qu’il confiait ses anecdotes de fabrication et communiquait son enthousiasme, encore et toujours, pour chacune de ses créations.

En 2020, l'artiste a choisi de mettre la nature au coeur de son travail : dans Bambi où il s'est attaché à faire du monde végétal un personnage vibrant à part entière, qui nous rappelle son indicible et merveilleux mystère, son époustouflante beauté...mais également dans le second tome des Histoires de fantômes du Japon tant l'on sait quelles fonctions mystiques la société nippone confère aux jardins, aux rivières, aux pierres... Une nature exaltée aussi au travers du règne animal, de manière allégorique dans Bambi, mythologique dans les Histoires du Japon ou encore humoristique avec Charlock.

Quoi de plus d'actualité, au coeur d'une pandémie mondiale dont la crise écologique est partie prenante, de remettre la nature à l'honneur et de nous rappeler notre animalité et notre nécessité de renouer avec nos racines profondes? 

2020 permet également à l'auteur d'évoquer d'autres thèmes pour lesquels il milite  depuis longtemps : la richesse de la différence et l'indispensable tolérance.  Avec L’étonnante famille Appenzell, co-créé avec son compagnon de plume de très longue date, Sébastien Pérez, il met en scène une tribu de "monstres" à l'humanité indéniable. Bambi, vous le découvrirez plus loin dans l'interview, est quant à lui un émouvant cri contre l'antisémitisme et la discrimination en général. 

Laissons la parole à Benjamin Lacombe...dont il n'est plus un secret que nous sommes fans nous aussi!

L’histoire doit toujours justifier les moyens qu’on met en oeuvre pour la raconter.

Esprits et créatures du Japon

esprits et créatures du JaponLe second tome des Histoires de fantômes du Japon est prévu pour la fin de l’année. En quoi va-t-il se démarquer du premier volume?
Ce seront des textes de Lafcadio Hearn, issus de la mythologie et du folklore japonais, comme dans le premier tome mais c’est la thématique qui change : le premier volume s’intéressait aux revenants, aux fantômes. Le terme japonais «yōkai», utilisé pour désigner les fantômes, inclut énormément de choses : il désigne les revenants mais aussi des esprits ou des forces qui peuvent prendre possession d’un corps, d’un animal.

Dans le second volume qui va s’appeler "Esprits et créatures du Japon", il y aura toujours des yōkai et des esprits mais ils seront beaucoup plus liés à des animaux ou à la nature, et donc au rapport très singulier qu’entretient la culture japonaise avec l’environnement naturel. Dans la littérature japonaise, la nature est à la fois glorifiée et observée, décrite en détails. Cet hymne à la nature est omniprésent au Japon, même dans les grandes villes, où résident systématiquement des zones très préservées, très calmes, avec de la verdure. C’est une connexion indispensable et en même temps, la nature est source d’inquiétude et d’incompréhension et s’adjoignent ainsi à ce sentiment prégnant plein de yōkais qui, entre guillemets, sont des éléments d’explication. C’est pareil pour les animaux : s’ils fascinent et attirent, en même temps, ils génèrent de l’appréhension. Dans certains contes se présentent des figures animalières qui, en fusionnant avec les esprits des yōkais, se métamorphosent en êtres qui charment les humains, et s’en moquent. Il y a cette idée très intéressante dans ces récits japonais - que l’on trouvait déjà dans le premier volume - que chaque élément qui compose notre monde doit être traité avec respect parce qu’on ne sait justement jamais si ça n’a pas un lien avec un yōkai ou un esprit…Tout cela appartient à une même chaîne et vous le ressentirez très fortement à la lecture de cet opus.

Comment es-tu tombé dans cette mythologie nippone, au départ?
Je fais partie d’une génération, les années 80, qui est née avec la culture japonaise, l’apparition des premiers mangas ( avec Dragon Ball…) et des premiers dessins animés qu’on pouvait voir dans le club Dorothée…et, à l’intérieur de ces médias, je découvrais les yōkai qui étaient très intrigants graphiquement - ces petits êtres par exemple qu’on voyait dans les arbres de Princesse Mononoké, les Kodama, ou encore les petits êtres noirs qu’on apercevait dans Totoro etc…et j’ai voulu mieux les connaître et j’ai donc fait des recherches…et assez rapidement je suis tombé sur Lafcadio Hearn qui est vraiment LA REFERENCE ULTIME sur ces questions-là: il a consacré, je crois, 25 ouvrages sur le sujet et il a eu un destin complètement dingue. Je suis donc tombé amoureux de cet auteur tout à la fois pour son écriture et son parcours de vie. Il naît dans les Îles grecques, grandit en Irlande, part travailler aux Etats-Unis puis arrive au Japon et épouse une fille de samouraï qui lui raconte des contes de son pays. Il devient auteur. En plus, du fait qu’il était à moitié aveugle, il avait une façon différente de voir les choses, réellement, parce qu’il avait l’art d’écouter les gens et c’est sans doute pour ça qu’il est devenu un excellent conteur. C’est comme ça qu’a débuté ce projet que j’ai mûri pendant vraiment longtemps. Quant à l'esthétique nippone, elle est en majorité responsable de la fascination que j’ai pour cette culture : les estampes, le travail sur la composition sont des choses que j’adore et je ne me force jamais à y revenir…d’ailleurs ça fait plusieurs fois que je fais des incursions dans cette culture dans mes livres!

Si tu devais ne citer qu’une de ces histoires, laquelle évoquerais-tu?
Il y a une nouvelle sur des êtres-renards, mi-hommes mi-renards, qui peuvent se transformer et jouent en permanence. Ils sont dans une espèce de séduction et se révèlent annonciateurs d’évènements futurs. Une fois que les yōkai se sont exprimés, tout va dépendre de la façon dont on va réagir... Il existe aussi une petite nouvelle très courte sur des êtres mi-hommes mi-crapauds, avec une crâne comme un oeuf, à moitié chauve, qui apparaissent dans les marais et qui peuvent être des personnages négatifs mais, si on s’adresse à eux avec déférence, peuvent se comporter de manière très sympathique et aider à éviter des pièges ; ce sont des personnages très ambivalents, qui peuvent passer d’une ligne à l’autre et s’avèrent ainsi fascinants.

Coté technique et graphique, quelles surprises nous réserve ce tome-là?
Le livre aura le même format que le premier et pour la couverture, on retrouvera la composition avec la toile et les dorures du premier volume. La chromie, par contre, va totalement changer. Le premier volume parlait des fantômes qui apparaissent beaucoup dans des lieux de passage et dans des moments qui se situent entre la fin de journée et la nuit, au crépuscule; j’avais donc utilisé des couleurs de passage, le bleu et le violet. Et là, vu que l’on est centré sur la nature et les animaux, les couleurs vont complètement changer ( ça tirera sur le vert, l’ocre, le marron, l’orange…).

Du côté de la fabrication, j’avais fait des calques dans le premier et pour celui-ci je vais travailler sur des rabats pour créer la sensation de choses qui apparaissent furtivement, imaginer des effets de paravents…Dans ce livre, tout sera beaucoup plus organique et je vais donc composer toute une série d’images où j’utilise de la gouache, de l’huile, de l’encre mais aussi des pastels, des fusains pour imiter ces matières proches de l’arbre et des éléments naturels.

L’étonnante famille Appenzell

appenzel

appenzelQuel a été le point de départ de ce projet? Qui a écrit le texte?
C’est un livre qu’on a conçu avec Sébastien Pérez - auteur avec lequel j’ai maintenant un certain nombre d’ouvrages en commun. Ce qui est formidable avec Sébastien, c’est qu’on peut imaginer des constructions narratives et des typologies de livres très complexes parce qu’on peut se permettre des jeux de ping-pong ensemble : on avait créé « Généalogie d’une sorcière » qui était un livre dans un livre avec deux types de narration tout à fait différentes ; « L’herbier des fées » , une narration très fragmentaire avec plein d’éléments épars et où il fallait presque que le lecteur reconstruise son histoire et fasse son enquête.

Dans ce travail, on arrive avec un nouveau concept qui, me semble-t-il, n’a jamais été fait. C’est un objet qui rappelle en tous points un album de famille avec une couverture en cuir, des fers, des endossages. Mes dessins représentent les images collectées par cette famille dont de nombreux vieux daguerréotypes, ces photographies au charme suranné auxquelles je trouve une force nostalgique incroyable…et ça parle d'une famille de monstres!

Tout le livre interroge le lecteur sur ce que c’est que d’être un monstre. Est-ce qu’il ne peut pas y avoir une certaine beauté dans la différence, dans la singularité?

monstresD'une famille de monstres?
Attention...ce sont des monstres du point de vue de leur apparence physique mais - et c’est tout l’enjeu du livre - qui ne le sont pas dans leurs comportements ! Ce sont simplement des freaks, ces gens avec des particularités physiques que d’autres vont définir comme des monstres alors que, justement, tout le livre interroge le lecteur sur ce que c’est que d’être un monstre. Est-ce qu’il ne peut pas y avoir une certaine beauté dans la différence, dans la singularité? Qu’est-ce qui fait d’un être un monstre?
C’est un livre très amusant aussi, dans l’esprit de la Famille Addams, parce que c’est une famille dont les membres aiment bien insister dessus et jouer avec leur singularité.
Le lecteur découvre, page après page, cette vie de famille depuis la malédiction originelle de deux êtres maudits : ils ont perpétré - en effet!- un amour sacrilège : l’un des deux membres amoureux avait en effet un aspect monstrueux! Rendez-vous compte du scandale! Ils se marient tout de même! Et l’on suit la vie de cette famille : on en voit certains naitre, d’autres mourir et l’on observe tous les aspects de leurs histoires personnelles, tout ça par le truchement de ces bribes de moments de famille (parfois tendres, parfois drôles…).

Pourriez-vous du coup envisager un second tome? Une suite?
Je ne vais pas spoiler la fin mais elle est assez définitive ! ( rires) Bien sûr que ce serait possible d’avoir une suite mais ça n’est du tout pour l’instant une envie.

 

appenzel

C’est un gros travail d’un point de vue graphique on imagine…

Raconter l’histoire d’une famille, c’est une chose, surtout sur plusieurs générations, ça demande pas mal de documentation etc…mais raconter l’histoire d’une famille qui n’a pas existé, cela demande de faire un arbre généalogique extrêmement pointilleux, concevoir une frise temporelle très précise parce qu’à chaque fois que le lecteur découvre une « photo », il faut que tous les âges des personnages, les costumes, les lieux où ils sont censés être à ce moment-là soient raccords…

Prendre des photos d’une famille et les retrouver ensuite, tout est chronologiquement logique mais arriver à faire en sorte que cette logique implacable de la réalité existe pour cette famille fictive, cela a demandé un travail colossal et une immense rigueur parce qu’il y a des tas de personnages ( qui ont vécu des choses qui les ont fait évoluer).

Et là, de surcroît, Sébastien Pérez n’a pas écrit une narration standard : ce sont des fragments de vie qui sont amenés par des images, par des sous-textes.

Raconter l’histoire d’une famille, c’est une chose, surtout sur plusieurs générations, ça demande pas mal de documentation etc…mais raconter l’histoire d’une famille qui n’a pas existé, cela demande de faire un arbre généalogique extrêmement précis, concevoir une frise temporelle très précise parce qu’à chaque fois que le lecteur découvre une « photo », il faut que tous les âges des personnages, les costumes, les lieux où ils sont censés être à ce moment-là soient raccords…

appenzel

 

Bambi

Bambi

 

BambiLe 18 novembre 2020, va paraître aux Editions Albin Michel ton adaptation de Bambi…Pourquoi as-tu choisi ce texte?
On vit à une époque chamboulée, singulière et qui pèse avec beaucoup d’inquiétude….et peut-être encore plus maintenant avec le Coronavirus, ça rabat énormément de cartes et ça amène davantage la peur qui appelle aussi les mauvais instincts, la crainte de l’autre, le racisme…En Chine, on a pu voir par exemple des restaurants qui affichaient dernièrement « Interdit aux chiens et aux noirs » parce qu’on avait dépisté quelques cas de gens d’origine africaine testés positifs au virus. On en arrive actuellement aussi à entendre que les juifs seraient responsables de sa circulation ou ne favoriseraient pas l’accès aux traitements parce qu’ils voudraient faire du profit avec ça…Ce sont des choses terrifiantes qui reviennent. De la peur de l’autre nait la xénophobie et Bambi…c’est un livre qui parle de ça justement!

Felix Salten, son auteur, était un juif autrichien, l'un des meilleurs amis de Stefan Zweig. Il avait une écriture très belle et délicate. Dans les années 20, il a commencé à vivre la montée de l’antisémitisme, le premier pogrom et la peur a commencé à le prendre car il était juif et intellectuel. En 1923, il écrit Bambi en faisant une allégorie de l’histoire des juifs d’Europe. Comment? En prenant le parti que le personnage principal de l’histoire, ce chevreuil, est le seul être de la forêt qui n’a pas de terrier…comme les juifs qui n’avaient pas de terre à eux pour se réfugier. Il va écrire ce livre de manière introspective et subjective - c’est à dire qu’on y vit les sentiments et l’éveil de ce chevreuil et l'on ressent aussi ce que c’est que d’être apatride, ostracisé et la proie de tous et de toutes, d’avoir la peur au ventre à chaque instant car si le moindre mouvement peut être l’expression du vent ou d’une belle surprise, ce peut être aussi annonciateur d'un danger.

Felix Salten, son auteur, c’était un juif autrichien, un des meilleurs amis de Stefan Zweig. Il avait une écriture très belle et délicate. Dans les années 20, il a commencé à vivre la montée de l’antisémitisme, le premier pogrom et la peur qui a commencé à le prendre car il était juif et intellectuel. En 1923, il écrit Bambi en faisant une allégorie de l’histoire des juifs d’Europe. Comment? En prenant le parti que ce personnage principal de l’histoire, ce chevreuil, est le seul être de la forêt qui n’a pas de terrier…et qui, comme les juifs, n’avaient pas de terre, à lui, pour se protéger.

BambiC’est extrêmement bien écrit et on le perçoit d’une manière très forte quand on lit ce livre…et en même temps ce récit est d’une immense pureté, empreint d’ouverture et de tendresse, comme on a pu le voir dans l’adaptation de Disney avec cet éveil à la nature et à la beauté. L’idée de reconnexion à la nature, de surcroît, est quelque chose qui interrogera beaucoup le lecteur contemporain puisque l’on vit un siècle avec une déconnexion de la nature et des autres vivants préoccupante. 

Être à la place d’un animal, ressentir ce que c’est que d’être chassé, c’est une expérience de lecture à la fois forte et singulière.

Ce livre est né de cette analyse de lecture mais aussi d’une expérience personnelle vécue dans une classe. Je vais en effet souvent dans des établissements scolaires pour présenter mon travail et l’année dernière, j’ai reçu pour la première fois de ma vie de la part d’un élève un dessin antisémite, qu’il avait ramené de la maison et qui était porté par ses parents : ça m’a fait un choc et m’a déstabilisé. Un des livres que j’étais venu présenter se nommait « L’ombre du golem », c’était un livre dans lequel il y avait des juifs…et ça,apparemment, c’était déjà trop pour ces parents-là, qui avaient besoin de manifester leur haine. Cette utilisation d’un enfant pour délivrer un message dans une école m’a interrogé sur cet enfant et son environnement ; j’ai réalisé la nécessité impérieuse que l’école lui apporte d’autres grilles de lecture sur le monde…et j’ai été choqué aussi par la réaction de l’enseignant et du salon qui m’avait invité. Absolument tout le monde a essayé de mettre la poussière sous le tapis. J’ai demandé un suivi de cette histoire parce qu’il n’est pas possible qu’un enfant soit instrumentalisé comme ça et laissé dans un environnement aussi toxique pour qu’il puisse délivrer un message de cet ordre-là dans l’enceinte de l’école de la République et je voyais bien que personne ne voulait s’emparer du problème. On me demandait simplement que je fasse mes dédicaces et pas de vagues. Et ça n’a pas bougé jusqu’à ce que j’utilise les réseaux sociaux ; là, tout à coup, les choses ont bougé, l’enfant a été entendu, les parents aussi et l’on a pu crever cet abcès un peu. Je me suis rendu compte que lorsqu’on est confronté à ce type de choses, finalement les gens préfèrent regarder ailleurs et ne pas s’interroger.

beeSi nous sommes une génération qui a connu des gens qui étaient rescapés des camps de concentration nazis, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il y a de plus en plus une parole négationniste et donc il est important de produire des livres qui permettent aux enfants et aux adultes de réaliser ce que c’est que d’être victime de racisme. L’idée n’est pas de faire du prosélytisme ni un livre moralisateur! Je remarque seulement à quel point il y a un déshumanisation…c’est à dire que l’autre, le migrant, le juif…n’est pratiquement plus un être vivant, c’est une idée, un déni, une peur…et je trouve qu’il n’y a rien de plus fort que de créer de l'empathie au travers d’un média artistique. « Bambi » est tout dans la sensation. C’est un livre d'ailleurs qui traite aussi de la condition animale - parce que le chevreuil est évidemment traqué par des animaux - le pire de tous les animaux qu’il croise restant quand même l’homme qui le chasse et donne la mort de manière atroce.

Si nous sommes une génération qui a connu des gens qui étaient rescapés des camps de concentration nazis, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il y a de plus en plus une parole négationniste et donc il est important de produire des livres qui permettent aux enfants et aux adultes de réaliser ce que c’est que d’être victime de racisme. L’idée n’est pas de faire du prosélytisme ni un livre moralisateur! Je remarque seulement à quel point il y a un déshumanisation…c’est à dire que l’autre, le migrant, le juif…ce n’est pratiquement plus un être vivant, c’est une idée, un déni, une peur…

Bambi

 

lapinCôté graphisme et fabrication?
Graphiquement c’est aussi une révolution pour moi parce que c’est un livre dont le personnage principal c’est la nature ; la nature devient un personnage à part entière et n’est plus un simple décor. La moindre feuille, le moindre arbre nécessite donc une stylisation graphique très forte. Comme je souhaitais que ce livre soit un objet qui fasse « ressentir » les choses, au niveau de la fabrication et de la narration, j’ai utilisé des moyens que je n’avais jamais utilisés jusqu’alors…Il y a des moments de course-poursuite où 8 doubles-pages s'enchaînent d’affilée sans texte, où l'on va tourner les pages vite et être dans ce rythme-là de l’inquiétude, de quelque chose d’haletant et l'on va se raccrocher à des ombres, des lumières, des sensations. Une narration uniquement visuelle en somme. Ces pages-là seront en noir et blanc et au fusain…mais d’autres double-pages seront peintes en couleurs, extrêmement détaillées et précises, un peu quand l'on est dans un jardin et qu’on regarde en détail un arbre, par exemple; on explore les aspérités de son écorce, l’on perce toute une infinité de détails….et il y aura aussi un moment très singulier,un moment-clé où je désirais rendre quelque chose qui est très difficile à montrer dans un livre : le bruit, le mouvement, l’ombre et la lumière mouvante, comme lorsqu’on pénètre dans une forêt. Je suis revenu pour cela à une technique que j’avais développée avec le Seuil en 2007 à l’époque, celle de la technique laser, avec sa précision de dentelle. Et ce n'est pas juste pour faire joli! Je pense que chaque technique dans un livre doit être justifiée par l’histoire, surtout lorsqu’elle est très coûteuse. L’histoire doit justifier les moyens qu’on met en oeuvre pour la raconter. Quand on ouvrira cette double page, avec trois rabats de chaque côté pliés les uns sur les autres, ce sera comme si l’on entrait dans une allée de forêts avec plein de branches et pour voir l’image en dessous, qu’on apercevra d’abord par bribes, comme on peut voir à travers les arbres, on devra ouvrir toutes ces feuilles qui seront dans un papier particulier qui fera du bruit, pour imiter le branchage qui bruisse quand quelqu’un s’avance …Ces rabats ajourés, en s’ouvrant, créeront aussi des effets d’ombres qui se projetteront puisque la lumière traverse les découpes…et ensuite….il y aura une surprise que je ne dévoilerai pas! ( rires)

Graphiquement c’est aussi une révolution pour moi parce que c’est un livre dont le personnage principal c’est la nature ; la nature doit devenir un personnage et n’est plus un simple décor. La moindre feuille, le moindre arbre nécessite donc une stylisation graphique très forte.

birdsCe livre a été un véritable casse-tête éditorial, non?
Le livre, du fait des techniques délicates utilisées, est coûteux dans sa fabrication et il est toujours difficile ensuite d’arriver à trouver le juste équilibre entre le prix de revient et le prix de vente….car je veux que mes bouquins restent accessibles et qu’ils ne dépassent pas les 30€! Il faut imaginer qu’une fois dépliés, en découpes lasers, les rabats font plus d’un mètre…c’est du jamais vu! Alors oui, c’est un challenge éditorial mais j’aime les challenges! La vérité , c’est que c’est un casse-tête à chaque nouveau bouquin : j’aime  me dépasser et je suis jusqueboutiste ; j'aime choisir mon papier, les tissus etc..Pour moi tout participe au voyage que procure une lecture illustrée !

BAMBI NOTA QUE LE MONDE AVAIT CHANGÉ. Il eut du mal à s’y faire. Ils avaient tous vécu comme des privilégiés et découvraient maintenant la pauvreté. Or Bambi ne connaissait que la richesse. Il lui semblait tout naturel de vivre dans le luxe et l’opulence, de ne pas avoir à se soucier de sa nourriture, de dormir dans sa belle chambre tapissée de verdure, à l’abri des regards, et d’aller à pas comptés dans sa splendide robe fauve, luisante et moirée.

Bambi

 

 

Pour moi tout participe au voyage que procure une lecture illustrée !

Charlock

charlockEt si tu nous parlais de Charlock?
C’est l’opposé de tous ces livres très sophistiqués et travaillés, avec une fabrication très chère, que je conçois habituellement. C'est une série de petits livres à petit prix qui mettent en scène un personnage qui se nomme Charlock, un petit inspecteur à quatre pattes...qui a neuf vies. Il fait des enquêtes et vit des aventures à travers différents époques. Chaque volume sera l’occasion de traiter de thèmes importants : l’amitié, l’amour…
Les dessins sont réalisés à l’aquarelle, avec une technique beaucoup plus légère et s’adressent à un lectorat beaucoup plus jeune. Ce sont des livres tout souples qui respirent l’insouciance. Pas le même registre que mes autres bouquins. Il faut changer. Evoluer. Proposer des choses différentes. Et c'est très agréable comme expérience!
C’est marrant de construire une série…c’est une manière très différente de concevoir et de réfléchir aux choses. Les textes sont de Sébastien Pérez et c’est publié chez Flammarion Jeunesse.

Quand j’y pense, c’est une année hyper animalière (rires). Je fais parler l’animalité en moi!

Directeur de collection chez Albin Michel… 


peau d'ane J’en dirige même deux. D'abord la collection des classiques….abordée d’une façon pas du tout classique ! L’idée, c'est de concevoir des livres qui permettent de redécouvrir des textes majeurs de la littérature qui, au travers du temps, et pour des raisons commerciales, sociétales ou politiques parfois aussi, ont été dépouillés de leur substantifique moelle et de la force des thématiques qu’ils abordaient. Comme pour Bambi, qui fait partie de cette collection, et dont la dimension allégorique, chez Disney, par exemple, a été gommée.
Souvent, lorsque les contes sont publiés, ils sont édulcorés, on ôte leurs aspérités, on y applique des images un peu stéréotypés…et d’ailleurs on lit souvent la mention « d’après la version originale des frères Grimm ou de Perrault » alors que la plupart de ces contes n’ont pas été inventés par Grimm ou Perrault…Ce sont des contes anciens ; certains ont presque 600 versions différentes…d’autres ont des origines orientales, africaines ou autres…et, au moment où les frères Grimm les ont figés, cristallisés, il y avait une forte présence de la chrétienté et une volonté d’installer à travers ces contes dans la tête des enfants des schémas patriarcaux, avec une vision de la femme comme ayant comme seul but dans la vie d’être la génitrice et de gérer des tâches ménagères…et dont les qualités principales attendues, c’étaient la beauté, la tempérance et la patience… Quand tu commences à défricoter tout ça, tu réalises que souvent ce n’était pas le cas dans les versions initiales…ça s’est dévoyé à travers le temps. Et ce phénomène a continué encore après Grimm d'ailleurs!…car chez Grimm, il y a beaucoup de violence et d'éléments symboliques liées à la sexualité…et qui ont encore été effacés dans les versions que l’on trouve aujourd’hui majoritairement en librairies.

L’idée, c'est de concevoir des livres qui permettent de redécouvrir des textes majeurs de la littérature qui, au travers du temps, et pour des raisons commerciales, sociétales ou politiques parfois aussi, ont été dépouillés de leur substantifique moelle et de la force des thématiques qu’ils abordaient.

magicienJ’avais donc envie d’aller à rebours de tout ça, d’essayer de trouver la version la plus forte existante à l’écrit et je voulais aussi que les illustrateurs s’en emparent…que ce soit un peu des "livres d’artistes". Et donc, à part pour Cécile Roumiguière qui a réécrit Peau d’Âne ou Sébastien Perez avec le Magicien d’Oz, ce sont des textes anciens qui sont mis à l’honneur.

Cécile a écrit une nouvelle version de Peau d’Âne car, dans la version originale, l’écriture est vieillotte et il y a tout un prosélytisme catholique qui cherche à faire passer une morale et… c’était d’autant plus intéressant de faire réécrire ce conte par quelqu’un qui avait une affection et une connexion à ce conte. C’est en effet une histoire atypique dans laquelle on a une princesse qui refuse de se marier avec un roi, qui a le courage de dire non et de cacher sa beauté ( parce qu’elle subit un harcèlement à cause de cette même beauté) et j’avais eu l’idée de proposer pour les dessins Alexandra Maria dont l’univers est très lié au féminin, avec des choses qui présentent une intériorité très forte, cachée sous des ors …

 

poucetteA chaque nouveau projet , je vais voir les artistes et je leur demande s'il y a un conte qui a été déterminant dans leur parcours. Et Marco Mazzoni m’a dit par exemple qu’il voulait travailler sur Poucette et dès qu’il m’a dit ça, c’était une évidence pour moi parce que toutes les thématiques que l’on trouve dans son univers graphique sont déjà présentes dans ce conte ( la libération de la femme, le rapport à la nature, aux animaux…) et tout trouve une cohérence du coup. C’est un travail qu’il a travaillé très naturellement du coup, avec des couleurs primaires - le cyan, le magenta, le jaune , le noir - et si au début Poucette naît comme une page vide, au fur et à mesure, elle comprend ce qu’elle vaut et elle se définit en découvrant ce qu’elle sait qu’elle ne veut pas. Et le dessin, de même, se définit de plus en plus ; grâce à quatre/ cinq couleurs, le dessinateur crée des chefs d’oeuvre…un peu comme une esquisse qui se développe pour arriver à une oeuvre finie.

 

 

nilsEn ce moment, on travaille avec Etienne Friess sur L’Île au trésor….Lui a un rapport à la mer et ses démons et à l’aventure…Il aime les personnages qui se découvrent à eux-mêmes à travers les aventures qu’ils vivent et avec l’idée de fuir vers un ailleurs pour se trouver soi-même. Ce qui amène une technique très croquée, très enlevée, avec des aquarelles….et là il se construit et ce qui est chouette de permettre aux artistes de leur faire faire un peu leur livre rêvé quoi…Mon travail consiste d’abord donc à réunir des artistes et puis ensuite leur apporter mon savoir-faire au niveau des fabrications, des maquettes et des narrations parce qu’adapter un classique, c'est un travail d'orfèvre.

Ou alors La balade de Nils Holgersson qu’on a du adapter parce que la version originale fait 1200 pages puisqu’à l’époque elle avait été une commande à l’origine du gouvernement suédois à Serrer Lagerlef et on lui avait demandé d’écrire sur chaque département et canton du pays qui fait presque fonction de publicité touristique …évidemment, tous les cantons n’ont pas un intérêt de dingue et on a vraiment élagué et gardé le sens….on est passé de 1200 pages à 60 pages!

loups La deuxième collection? Ce sont des livres avec des fabrications un peu singulières, avec des artistes que je présente et que j’accompagne. Il y a une trilogie qui a été faite avec Justine Bras et Sebastien Perez. Fils de Dragon, Coeur de pirate et il y a un troisième qui arrive à l’automne et qui se nomme Le dernier des loups. L’idée est de partir de figures littéraires ( le pirate, le dragon, le loup) pour parler de sujets importants comme la quête d’identité, le fait de se transcender…des interrogations assez profondes qui se posent aux enfants. On essaie à chaque histoire de s'imposer des partis pris graphiques et de fabrication singuliers. Ce sont des coups de coeur, des livres objets avec des fabrications singulières et la fabrication est quelque chose qui m’intéresse et qui, du fait de mon expérience, me permet de conseiller les artistes dans leur projet.

 

Histoires de fantômes du Japon - Tome 2
Texte : Lafcadio Hearn
Illustration : Benjamin Lacombe
Editions : Soleil
Collection : Métamorphoses
Parution : novembre 2020
Prix :

Bambi
Editions : Albin Michel Jeunesse
Auteur : Felix SALTEN
Illustration : Benjamin LACOMBE
Technique découpes : Nicolas WAQUET
Editions : ALBIN MICHEL
Parution : 11/2020
Prix : 29,90€

Charlock - Tome 1, Charlock et la disparition des sourisecureuil
Charlock - Tome 2 : Charlock. Le trafic de croquettes
Editions : Fllamarion Jeunesse
Auteurs : Benjamin Lacombe (Dessin) Sébastien Pérez (Texte)
Parution : 30 septembre 2020
Prix : 8,50€

L'étonnante Famille Appenzell
Editions : Soleil
Auteurs : Sébastien Pérez (Auteur) Benjamin Lacombe (Dessin)
Parution : 14 octobre 2020
Prix : 19,90€

Le Dernier des loups
Editions : Albin Michel
Auteurs : Sébastien Pérez (Texte) Justine Brax (Illustration)
Parution : 2 septembre 2020
Prix : 19€

Du même auteur : 

Histoires de fantômes du Japon : la démonologie nippone sublimée par le trait et les couleurs ensorcelantes de Benjamin Lacombe

Contes silencieux : un pop-up spectaculaire de Benjamin Lacombe et José Pons

Benjamin Lacombe au pays des merveilles  

 Bambi

Vertiges : un artbook aux cimes de l'art de Jean-Marc Rochette

  • Écrit par Julie Cadilhac
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vertigesPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Premier artbook consacré à Jean-Marc Rochette, Vertiges est un ouvrage séduisant. Il reprend - et non pas dans l’ordre chronologique d’ailleurs! - le travail du dessinateur depuis 1984, année de parution du Transperceneige, sur un scénario de Jacques Lob. Prépublié dans la revue (À suivre) à partir de 1982, ce récit a marqué de nombreux lecteurs et s’est avec le temps imposé comme une référence de la bande dessinée d’anticipation. Ancien guide de montagne, Jean-Marc Rochette a choisi de devenir dessinateur de bande dessinée après un accident d’alpinisme qui a failli lui coûter la vie et qu’il a raconté, en 2018, dans Ailefroide, récit autobiographique de ses années d’alpinisme et album graphique qui a rencontré un grand succès critique et commercial . Son dernier livre, intitulé Le Loup ( 2019), n’a pas quitté la haute montagne et narre la confrontation agressive mais respectueuse entre un homme abîmé par le destin qui s’est réfugié dans les montagnes et un jeune loup dont le premier a tué la mère.

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Adolie Day : ..."une envie de poésie, de fraîcheur!"

  • Écrit par Julie Cadilhac
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AdoliePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Adolie Day est née et a grandi à Nantes. Après un bac L Arts Plastiques et une année de fac en histoire de l'art, elle a suivi des cours de graphisme publicitaire pendant quatre ans à l'Ecole Pivaut. Au sortir de cette formation, elle a commencé comme graphiste textile chez Alphabet, puis Sucre d'Orge, la marque Kenzo ou encore Catimini. Amaterra l’a embauchée pour la collection "Lilichou", puis les éditions du Toucan lui ont proposé d’illustrer "Le chasseur de papillons". Adolie a décidé alors de devenir illustratrice en freelance. En 2010, aux Editions du Toucan, elle a illustré une Belle au Bois Dormant ; aux Editions Courtes et Longues Durées, avec Hélène Romano, elle est l’auteure de « L’arbre et l’ombre de la lune , « Après l’orage » et « Ma drôle de chambre »; aux Editions Métamorphoses, elle a accompagné de ses fantaisies picturales les recettes de Vincent Guerlais dans « Gourmandises ».

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Sunra : le graffeur montpelliérain au(x) grand(s) coeur(s)

  • Écrit par Julie Cadilhac
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sunraPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ D'origine tunisienne, l'artiste d'art urbain Sunra est venu poser ses valises dans la capitale languedocienne... Les badauds peuvent découvrir au gré de leurs flâneries montpelliéraines ( rue des chasseurs, rue Estelle, rue Chaptal, rue de la méditerranée, rue Roucher, rue du 56ème Régiment d'Artillerie, rue Pralon, rue Lamartine...) ses créations... mais sa signature commence mainenant à se promener ailleurs aussi et l'on croise un Cupidon moderne ou encore une boîte aux lettres regorgeant de messages d'amour à Toulouse ( rue Gramat), un immense saxophoniste à Junas ou encore un homme juché sur son âne et un pêcheur ayant tous deux le même leurre vermillon à Djerba...

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Afarin Sajedi : des portraits de femmes,"fortes et déterminées, survivant malgré tout ce qu’elles ont vu de leurs «yeux»"

  • Écrit par Julie Cadilhac
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AfarinPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Afarin Sajedi est une artiste iranienne de 40 ans née à Shiraz et ayant étudié à la faculté d’Arts et d’Architecture de l’université d’Azar à Téhéran où elle réside encore aujourd'hui. Elle est diplômée en Art et Design Graphique. Depuis le début du XXIème siècle, elle a exposé de nombreuses fois à Téhéran. Sa première exposition personnelle européenne, à Rome, s’est déroulée au Palazzo Valentini pour l'exposition «Inside Her Eyes» en 2013.

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Effluvium : un artbook somptueux, pour (re)découvrir tout le talent de Didier Graffet !

  • Écrit par Sylvie Gagnère
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EffluviumPar Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Les amateurs de SFFF connaissent en général le nom de Didier Graffet, ou du moins ses réalisations, puisqu’il illustre nombre de couvertures de romans (de Catherine Dufour à Bernard Werber, en passant par Pierre Pevel, Joe Abercrombie ou Laurent Genefort) et a été distingué à plusieurs reprises, de Visions du futur au Grand Prix de l’Imaginaire. Lire la suite...

Gibrat, L'hiver en été : une récréation délicieuse en mots et en dessins des éditions Daniel Maghen

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gibratPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Né en 1954 à Paris, Jean-Pierre Gibrat publie ses premières bandes dessinées à la fin des années 70. Fin 1982, il dessine avec Berroyer La Parisienne. Dans les années 1990, avec Guy Vidal et puis Dominique Leguillier, il allie l’art à l’engagement humanitaire en participant à la création de livres pour Médecins sans frontières. En 1995, avec Pinocchia (textes de Francis Leroi) il s’essaie au genre érotique.

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Olga Esther : les princesses rebelles d'une peintre féministe espagnole d'immense talent

  • Écrit par Julie Cadilhac
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olga estherPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ 2 janvier 1975…naît Olga Esther sur le berceau de laquelle une fée espiègle se penche et promet un talent incontestable pour la peinture.
Après une enfance à la campagne où elle a pu observer à loisir la beauté de la nature et s’imprégner de l’état d’esprit activiste et engagé de ses parents, Olga part étudier les beaux-arts à l'Université polytechnique de Valence mais cet art conceptuel et l'abstraction dominante qu’on y enseigne ne la séduisent pas. A cette époque, par contre, elle découvre le travail de l'anthropologue féministe Marcela Lagarde en assistant à plusieurs de ses ateliers. Une révélation à titre tout autant personnel qu’intellectuel et créatif. Deux bourses l'amènent ensuite en République tchèque et au Mexique. À Prague, le mouvement antimondialisation, au Mexique, la caravane autochtone zapatiste, lui laisseront un souvenir marquant.

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Léonard de Vinci : trois livres indispensables

  • Écrit par Serge Bressan
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IsaacsonPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / En cette année 2019, il ne va y en avoir que pour lui ! Léonard de Vinci, ici et partout… Né Leonardo di ser Piero da Vinci le 15 avril 1452 à Vinci (Toscane), il est mort le 2 mai 1519 à Amboise, en Touraine française. Sur le CV du maître, on pourrait lire : peintre, artiste, organisateur de spectacle set de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, architecte, urbaniste, musicien, poète, philosophe, écrivain… Oui, on ne le dira jamais assez, Vinci n’est pas seulement le peintre de la Joconde et de La Cène ! Pour le 500ème anniversaire de sa mort, il n’est pas seulement le sujet de nombreuses commémorations tant en France (dont, à Paris, une grande exposition au Musée du Louvre du 24 octobre 2019 au 24 février 2020) qu’en Italie. Il est également installé en majesté en librairies- c’est une véritable avalanche éditoriale. Voici trois livres indispensables. Lire la suite...

Blutch, un autre paysage : une monographie passionnante, mots inspirés et illustrations aux registres aussi variés que superbes!

  • Écrit par Julie Cadilhac
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BlutchPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Blutch ( dont le pseudonyme est hérité du caporal Blutch des Tuniques Bleues), et civilement nommé Christian Hinker, est diplômé des arts décoratifs de Strasbourg. Dès 1988, ses bandes-dessinées sont publiées dans Fluide Glacial (Waldo’s bar, Mademoiselle Sunnymoon, Bloch…) Puis il est édité dans les revues Lapin et (A suivre) ou encore chez la maison d’éditions Cornélius. En 2002, il intègre la collection "Aire Libre" chez Dupuis avec "Vitesse moderne" mais devient également l’auteur de nombreux ouvrages chez Futuropolis et chez Dargaud. Blutch est aussi illustrateur de livres pour enfants, réalise des affiches de cinéma (dont les affiches des trois derniers films d’Alain Resnais) et de festivals de musique. En 2009, il s’est vu décerner le prestigieux Grand Prix de la ville d’Angoulême.

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L’univers dessiné de Luc Peltriaux(1946-2017) : une œuvre étonnante, une maîtrise parfaite, une émotion sensuelle…

  • Écrit par Félix Brun
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lunelPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/  En passant dans les vielles rues de Lunel, la curiosité, le hasard, l’instinct peut-être, nous avons poussé la porte de cet ancien lieu du culte protestant, et là …nous avons fait une rencontre étonnante avec un artiste exceptionnel, au talent d’une rare pureté, des œuvres variées qui vous giflent d’émotion, de sensualité, de beauté, de singularité. Jusqu’au 7 novembre 2018, le Temple des Arts de Lunel accueille cette exceptionnelle exposition d’un artiste hors du commun. Lire la suite...

Emmanuel Fornage : l'art de découper avec ses petits ciseaux une histoire...

  • Écrit par Claude Clément
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ActivitePar Claude Clément- Lagrandeparade.fr/ Né en 1963 à Troyes, en Champagne, Emmanuel Fornage est un illustrateur pas tout à fait comme les autres. En effet, là où d’autres utilisent crayons, pinceaux, peinture, encres, pastels ou logiciels, lui ne se sert que d’une simple paire de ciseaux, de façon artisanale, comme dans les traditions ancestrales suisse, japonaise ou chinoise.  Lire la suite...

Raul Guerra : "J'ai toujours été fasciné par les papillons."

  • Écrit par Julie Cadilhac
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Raul GuerraPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Né à Ronda, dans la province de Malaga, en Andalousie, Raul Guerra est un artiste espagnol talentueux dont nous avons découvert le travail sur Instagram.

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