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Montpellier : De quoi Dernier Cri est-il le nom ?

  • Écrit par Bruno Paternot

Dernier CriPar Bruno Paternot - Lagrandeparade.fr/ Le Festival électro Dernier Cri, qui s’est déroulé dans tout le centre ville de Montpellier du 10 au 15 Novembre 2015, est à peine terminé que l’équipe organisatrice démarre déjà la prochaine édition. Il faut espérer qu’elle puisse avoir lieu et que la Ville-Métropole de Montpellier soutiendra cette expérience individuelle pour en faire un rendez-vous des musiques actuelles, à la fois collectif et incontournable. Vendredi 13, quand Paris pleuvait sous le fer, le feu, l’acier, le sang, le Zoo et le PZ étaient pulsés au son de Mr Pink, DJ Marseillais plein de saveurs. Les jeunes étudiants comme les vieux briscards des 90’s se sont laissés enrobés par ses mixs sans excès et bien foutus. Le réveil au sortir des boites de sons n’en fut que plus brutal. Jacqueline Caux était venue présenter deux courts métrages, un sur la techno à Detroit et l’autre sur l’œuvre de Jeff Mills. En quelques phrases, la salle tomba sous le charme de cette petite dame si dynamique et cohérente. Intarissable et pointue, son discours en tant que femme dans cet univers d’homme à apporté un angle pertinent et novateur. Comme souvent, les ainées precurseuses sont aussi les plus jeunes et les plus modernes !

Le festival a rassemblé plus de 2 000 spectateurs et affiche un taux de remplissage de 95% avec six manifestations complètes sur les sept proposées. Au delà de la réussite des soirées, ce sont bien les rencontres qui ont surpris tout le monde. Le Cinéma Diagonal a refusé du monde et le débat organisé à la Panacée aurait pu durer toute la nuit. Cela montre bien qu’en dehors du festif, en dehors du commercial et de la consommation, le monde des musiques actuelles a un vrai besoin de débat et de rencontre afin de se créer sa propre Histoire. Montpellier est une ville historique de l’électro mais depuis quelques années, elle a perdu son statut de locomotive pour n’être qu’une suiveuse. La surdouée largue sa jeunesse qui, plurielle et assoiffée, se retrouve en déshérence. Les puissances publiques se doivent d’orchestrer, comme a su le faire un George Frêche en son temps, la part artistique et culturelle des musiques électroniques. Car faire vivre un festival, c’est aussi développer à l’année des expériences, des écoles (aussi bien pédagogiques qu’esthétiques), des réseaux et des métiers. Il s’agit aussi de mettre à la même table tous les acteurs des nuits montpelliéraines et les pousser à agir ensemble, sans trop de mercantilisme destructeur. Cette initiative ne peut venir que de l’intérieur, des DJ eux-mêmes et doit être suivie par la puissance publique. Depuis près de dix ans, il se passe des choses à Montpellier et sur les plages en matière de musiques électroniques, mais rien de bien novateur ou original. Plus que son statut d’hyperactive, c’est bien son rôle de vigie et d’innovante que Montpellier à perdu. Il est temps de refaire de Montpellier un carrefour des expériences : la Tribue des Pingouins et les apéro-technos de Radio France sont des idées anciennes maintenant. A quand l’innovation façon french tech dans les musiques actuelles ?     

Si ce festival a le mérite d’exister, il a le devoir de perdurer et de se développer, afin de faire de Montpellier la nouvelle capitale de la culture et du savoir des musiques électros. Cela tombe bien, tous les partis et candidats politiques aux prochaines élections revendiquent que dans le match Toulouse / Montpellier, ce soit la cité dau clapas qui garde la culture et la recherche dans son giron. Fonçons !


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