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Moi, Dian Fossey : Gorilles, nos frères

  • Écrit par Christian Kazandjian

fosseyPar Christian Kazandjian - Lagrandeparade.com/ A travers la vie de celle qui la dédia aux grands singes, Moi, Dian Fossey, offre une un conte tout entier consacré à la vie et l’amour.

Vous n’avez pas les moyens d’aller au Rwanda, au Parc national des volcans, voir les gorilles (eux, se passent volontiers des touristes) ? Vous pouvez toujours aller à Saint-Martin la Plaine dans la Loire, les observer : c’est moins loin, moins onéreux et moins intrusif, d’accord. Mais le plus simple, le plus émouvant, sans doute, est d’aller au spectacle écrit par Pierre Tré-Hardy, mis en scène par Gérard Vantagiolli et joué par Stéphanie Lanier : Moi, Dian Fossey. Tout commence avec l’assassinat de la célèbre primatologue en décembre 1985. C’est donc, l’esprit de cette amoureuse de l’Afrique, des grands singes, « nos ancêtres et nos frères », qui narre une folle aventure de treize années dans les montagnes du Rwanda. « Je me souviens » dit-elle, déroulant ce qui apparaît dès lors comme un conte. C’est ce qu’a vécu Dian Fossey, partie à l’aventure, avec pour viatique son expérience avec les enfants autistes, expérience fort utile pour s’adresser aux enfants et aux animaux, seuls êtres, d’après elle, sachant aimer et être aimés, sans même connaître un mot tant galvaudé.

L’esprit de la nature

Dian Fossey raconte les premiers contacts avec les gorilles, l’approche, pleine d’humilité et de tact. Son esprit, qui s’adresse aux vivants de son temps et aux générations futures, car « en Afrique tout est esprit : humains, animaux, nature », survole les forêts au secours des bêtes, arme ses gens pour traquer les braconniers qui massacrent les gorilles pour vendre, en manière de trophées, aux touristes, têtes et mains de ses grands et paisible primates. Si l’on ne sait rien de qui lui porta le coup de machette fatale à la tête, on peut supposer que l’assassin ou ses commanditaires voulurent lui faire payer la destruction de près de 3 000 pièges et les condamnations pour braconnage. Son opiniâtreté à faire connaître la cause des gorilles n’aura pas été vaine : son action est à l’origine des lois reconnaissant les animaux comme « êtres vivants doués de sensibilité ».

L’amour dans tous ses états

Le conte, car ça est un et d’une brûlante actualité, est une alternance de fureur, de colère contenue, de douleur et d’immense tendresse : l’amour dans tous ses états : amour de la terre -ici l’Afrique torturée, spoliée- des humains, malgré les saloperies perpétrées par certains, la nature dans toutes ses dimensions –animale, végétale. Moi, Dian Fossey pourrait n’être qu’une parabole écologique teintée d’onirisme, poétique ; la pièce est un vibrant plaidoyer pour le respect de l’autre, pour l’amour, pour la vie : pour l’amour de la vie, de toutes les vies en définitive. Pour cela il fallait toute la force évocatrice de Stéphanie Lanier en Dian Fossey, se dévoilant dans ses certitudes, sa détermination, son courage, sa fragilité aussi. La comédienne, -souplesse dans le geste et la voix-, nous transporte dans l’univers d’un conte philosophique, drôle et cruel. Sur les grands panneaux blancs du décor, l’ombre de branches d’arbre dont certaines à peine esquissées, traduise l’effacement progressif et létal de la végétation, comme une alerte. Un spectacle bien utile en ces temps de guerres, de saccages de la nature, de la vie animale et végétale, une course à l’abîme dont les pandémies à répétition sont le lourd présage.

Moi, Dian Fossey
Texte : Pierre Tré-Hardy
Mise en scène : Gérard Vantaggioli
Interprétation : Stéphanie Lanier

Dates et lieux de représentations:
- Jusqu'au 26 août 2022 à l'Artistic Théâtre, Paris 11e (01.43.56.38.32.) www.artistictheatre.com


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