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Skylight : une jolie mise en abîme de nos quêtes existentielles et de la conception de la vie

  • Écrit par Xavier Paquet

skylightPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ Par une froide nuit londonienne, Kyra et Tom se retrouvent. Ils ont été amants, complices, ils se sont aimés puis séparés et perdus de vue lorsqu’Alice, la femme de Tom et amie de Kyra, a découvert leur liaison.

Depuis, Alice est décédée et Tom refait surface dans la vie de Kyra. Tout les oppose. Lui, restaurateur prisé qui a fait fortune en revendant sa société ; elle professeure dans un quartier défavorisé. L’un a réussi, l’autre s’épanouit. Entre les deux, une bataille sur le l’idéalisme, l’engagement, la réussite. Avec au milieu, le fils de Tom qui se cherche une place auprès de son père. Entre amour et défiance, ils se regardent, s’épient, se testent, se provoquent et se questionnent sur leur avenir. Personnel et en commun. Entre regrets sur le passé, culpabilité et vibrations passionnées et passionnelles.

Même si le théâtre anglais des années 90 arborait une dimension sociale, l’écriture de David Hare ne rentre pas dans le misérabilisme. La colère ici est feutrée, intérieure, contenue, même si elle explose à certains moments sans jamais tomber dans le pathos.

Dans l’écriture de David Hare se manifeste la relation profonde, tendue, qui unit l’intime et le politique : lorsque le politique se reflète dans l’intime et lorsque l’intime façonne le politique.

Claudia Stavisky, metteur en scène

Pour rentrer davantage dans l’intimité de ce duo et de leur histoire, une seule unité de temps et de lieu. L’action se déroule sur une seule nuit dans l’appartement de Kyra, un ancien atelier baigné de baies vitrées où s’égrène la langueur monotone de la froideur londonienne. L’espace n’a rien de cosy : un matelas au sol, une gazinière et un espace cuisine, une baignoire et un bureau désuet, maigrement chauffé par un radiateur d’appoint. Pourtant, l’ambiance reprend des codes cinématographiques dans la disposition des éléments, les changements de lumière et les effets tamisés, la neige tombant en arrière-plan. Cette belle scénographie et ces jeux de lumière soignés nous immergent complètement dans ce quotidien et donnent profondeur et tension à l’écriture directe et ciselée de David Hare. L’ensemble est porté par deux comédiens pleins de justesse et de sensibilité dans l’interprétation des déséquilibres intérieurs de leurs personnages : lui faussement assuré, cynique mais sincèrement bouleversé, elle pleine de convictions, sensible et profondément humaine.
Ce huit-clos nous plonge dans une intimité, la fragilité des êtres en les rendant attachants et ordinaires : leurs actions très quotidiennes créent une grande proximité avec le public, comme s’ils n’étaient qu’un reflet en miroir de nos existences et de nos questionnements.

Skylight est une belle pièce qui éveille les consciences sur un thème universel : l’amour est-il plus fort que tout ? Au delà de nos idéaux, de nos certitudes et convictions, qu’est-ce qui nous unit et nous sépare de l’autre si ce n’est nos blessures réciproques?

Une jolie mise en abîme de nos quêtes existentielles et de la conception de la vie. L'histoire d'un duo, d'un duel, d'une dualité.

Skylight
Mise en scène : Claudia Stavisky
Avec : Patrick Catalifo, Sacha Ribeiro, Marie Vialle
Création son : Jean-Louis Imbert
Scénographie : Barbara Kraft
Assistant(e) à la mise en scène : Alexandre Paradis
Création lumières : Franck Thévenon
Costumes : Barbara Kraft
Construction décor : Artom Atelier

Dates et lieux des représentations: 

- Du mar. 28/09/21 au dim. 03/10/21 aux Célestins, Théâtre de Lyon - Tel. +33 (0)4 72 77 40 00

skylight

 


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