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Tenet : le 11ème film de Christopher Nolan à l’entropie perturbante

  • Écrit par Julie Cadilhac

TenetPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Entropie : « Niveau de désorganisation, ou d'imprédictibilité du contenu en information d'un système. »

Ce qui est arrivé est arrivé.

 

Un seul mot, mystérieux, – Tenet – pour sauver le monde. Décidé à se battre, notre "protagoniste" sillonne l'univers clair-obscur de l'espionnage international à la recherche d’un trafiquant d’armes, Sator, qui semble détenir l’avenir du monde entre ses mains. Cette mission le projette très vite dans une dimension qui dépasse le temps. Ici pourtant, il ne s'agit pas de voyage dans le temps mais de fenêtres possibles de renversement temporel…Retenez votre souffle, l’étau temporel se resserre…

L’ignorance est notre seule protection.

Vous n’avez pas compris le pitch? On vous rassure…le visionnage du film ne vous éclairera pas beaucoup plus. Si l’on souhaite profiter de cette fiction, il faut lâcher prise et accepter d’être plongé.e dans un univers à la logique propre où les concepts métaphysiques se superposent en feux d’artifice qui dépassent votre entendement.

De nombreuses scènes sont épatantes, notamment l’ouverture inaugurale à l’Opéra de Kiev, le crash d’un 747 (réalisée quasiment sans trucage) ou encore le « test » du protagoniste sur les lignes de chemin de fer. Les plans généraux en Inde, en Italie, au Vietnam ou encore au Danemark, sur une mer constellée d’éoliennes, sont époustouflants et la surenchère d’effets spéciaux serait fort divertissante si elle n’était pas souvent redondante avec la bande-sonore entêtante et obsédante de Ludwig Göransson, compositeur suédois ( oscarisé pour Black Panther). De nombreuses répliques sont savoureuses mais souvent le rythme effréné, imposé à cette course contre la montre, empêchent d’y goûter autant qu’on le voudrait. La distribution est remarquable : John David Washington campe un agent d’espionnage à l'élégance et la répartie digne d’un James Bond, Robert Pattinson séduit dans son rôle d’adjuvant sympathique, Kenneth Branagh convainc autant qu'il surprend en malfrat illuminé, Elizabeth Debicki s’impose avec talent en épouse vengeresse…

Nous sommes attaqués par le futur.

Dans la lignée d’Inception, Tenet offre une virée ébouriffante dans un univers fantastique où mondes parallèles, espace-temps entremêlés, thriller et espionnage s’embrassent et s’entrechoquent.
Budget du film? 205 millions de dollars. Le plus élevé de tous les films de Christopher Nolan…pour un résultat globalement décevant : le propos s’égare dans l’action et le désir prégnant d’enchaîner les rebondissements et le spectaculaire. On y perd en route cette thématique passionnante d’une génération future qui souhaiterait supprimer ses ancêtres pour éviter la dégradation d’un monde dont ils se sont rendus responsables. Ce monde condamné qui voudrait en découdre avec le passé et se verrait ainsi confronté au fameux « paradoxe du grand-père » - à savoir que si l’on tue l’aïeul, l’avenir ne peut plus exister - aurait gagné à se matérialiser davantage sur l’écran.
Maître dans les montages où les algorithmes sont malmenés à souhait, Christopher Nolan ne remplit cependant pas complètement sa mission : ce monde inversé et ses débris d’une guerre proche nous laissent plus ébaubis visuellement que conceptuellement satisfaits.

Nous sommes ceux qui épargnent au monde le désastre.

Tenet
Date de sortie en France : 26 août 2020
Durée : 2h 30min
Réalisateur : Christopher Nolan
Avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh, Martin Donovan, Aaron Taylor-Johnson, Himesh Patel, Michael Caine, Dimple Kapadia, Clémence Poesy….

Tenet


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