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Antoinette dans les Cévennes : une comédie pédestre au bilan carbone revigorant!

  • Écrit par Julie Cadilhac

Antoinette dans les cévennesPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Antoinette Lapouge est institutrice dans la région parisienne. Elle est follement amoureuse de Vladimir, le père d’Alice, une élève de sa classe. Le hic, c’est qu’il est encore marié avec la mère...Elle apprend d'ailleurs, le jour de la kermesse de fin d’année, que la semaine de vacances qu’ils avaient prévu ensemble est annulée car l’épouse officielle a changé ses plans et leur a réservé une semaine de randonnée sur les sentiers de Stevenson! Furieuse, Antoinette, sur un coup de tête, décide de les suivre et réserve un trek en solitaire avec un âne. Un voyage qui lui réserve, comme on l’imagine, bien des surprises et des rencontres surprenantes et/ou heureuses, avec pour panorama les paysages superbes des Cévennes en été.

 Caroline Vignal, réalisatrice d’origine biterroise, signe ici une comédie délicieuse où les situations comiques, les répliques tordantes, les caractères désopilants ne manquent pas! Dès l’ouverture, on plonge - grâce à la fabuleuse Laure Calamy, pétillante et naturelle à souhait ! - dans une atmosphère bon enfant stimulante. Le scénario déroule avec une fluidité et une légèreté remarquables tous les topoi de la randonnée pédestre : de l’âne récalcitrant au dresseur bourru, des trekkeurs curieux et bavards au soupirant dérangé qui vous poursuit de manière inquiétante, des heures de découragement aux minutes de grâce ou de convivialité qui rebooste, des récits écoutés à la veillée aux contraintes des dortoirs! 

Le casting, à l’image du film, est empreint de sincérité et d’authenticité et l’on vit une parenthèse en Lozère fort agréable en compagnie d’une galerie de personnages convaincants. Laure Calamy incarne à la perfection cette jeune trentenaire, looseuse sentimentale à répétitions, qui va découvrir les bienfaits de la marche et se rappeler l’adage bien connu : l’important d'un voyage, ce n’est pas le but mais ce que l'on apprend de soi sur le chemin. Une mention spéciale pour l’âne irlandais Patrick qui offre tout à la fois de nombreux éclats de rire et une présence pelucheuse de nounours thérapeutique aux yeux bienveillants. Benjamin Lavernhe et Olivia Côte jouent avec justesse ce couple déstabilisé par la tornade émotionnelle que provoque Antoinette. Et l'on croise, aux côtés de la jeune femme, des accents chantants ou étrangers charmants, des sourires séduisants et des présences ragaillardissantes.

La photographie est belle : le film donne à voir de superbes paysages en contre-plongée, d'autres encore noyés d'herbes sauvages et de vent ébourrifant et la caméra rend Laure Calamy lumineuse en conquistador du GR70...L’image sait aussi être joueuse - les scènes entre le couple adultère ou encore avec le motard à la bonhommie bienvenue savent attraper les regards empreints de désir et restituer l'étourdissant ballet des émotions traversées- tandis que le montage use de nombreux effets réussis qui trompent à plaisir notre imagination...auxquels s’ajoute la bande-sonore de qualité de Mateï Bratescot.

Frais, espiègle, pétillant…en un mot revigorant, ce film se savoure de bout en bout!

Si Caroline Vignal a su produire une comédie fort divertissante, elle signe aussi un film pertinent sur la reconquête de soi qui devrait remporter l'adhésion de très nombreux spectateurs! Hi-han, hi-han, hi-han, Patrick, on t'aime aussi !

Antoinette dans les Cévennes
Réalisatrice : Caroline Vignal
Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Denis Mpunga
Durée : 1h35
Sortie en salles : 16 septembre 2020

Découvert en avant-première le lundi 24 août 2020 au Cinéma Diagonal en présence de Caroline Vignal et Laure Calamy ( 5 Rue de Verdun, 34000 Montpellier - Téléphone : 04 67 58 58 10) 

Antoinette dans les cévennes

 


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