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"Tous les mayas sont bons" et "Encore raté" : Westlake ou quand humour noir et polar font bon ménage

  • Écrit par Guillaume Chérel

encore ratéPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Les membres bornés de la secte des « polardeux » purs et durs pensent généralement qu'un roman policier doit être sérieux et sanguinolent. Le grand Donald Westlake, disparu il y a dix ans, a démontré le contraire durant toute sa carrière. Comme Jean-Bernard Pouy chez nous (voir ADG, pour les connaisseurs). Soit plus d'une centaine de livres dans le genre « polar humoristique », mais il a aussi sévi dans le policier « classique », le roman noir (engagé), le thriller (à suspense), le fantastique, ou même la science-fiction, à la manière de Ray Bradbury qui était de la même génération. Westlake a écrit sous divers pseudonymes, en particulier ceux de Richard Stark et Tucker Coe. Pour l'humour, certains romans de James Crumley, s'en rapprochent.

Ses deux personnages récurrents sont John Dortmunder, cambrioleur professionnel, poursuivi par la poisse, et Parker (sous le pseudonyme de Richard Stark), jumeau sérieux de Dortmunder, autre spécialiste des casses, froid, cynique et efficace. "Encore raté", qui donne le titre à trois aventures rocambolesques de son anti-héros publié chez Rivages / Noir, racontent le premier casse de Dortmunder. Pierre qui roule, qui fait suite, avec Personne n'est parfait et Dégâts des eaux, a été adapté en 1972 par Peter Yates sous le titre Les quatre malfrats, avec Robert Redford dans le rôle de Dortmunder, un poissard, donc, aigri, voire désabusé. On aurait plutôt vu Edward Bunker (Aucune bête aussi féroce, La Bête contre les murs...) dans le rôle du braqueur.

Les éditions Rivages/Noir en profitent pour rééditer "Tous les mayas sont bons", en grand format, au titre à la San Antonio, ou façon Poulpe (la série de polar de gare créée par J.B Pouy, cité plus haut). Il s'agit d'un roman oublié, publié en 1985, dans la veine du Couperet et des Aztèques dansants, dans lesquels le voyageur Westlake (décédé au Mexique) montre son intérêt pour les civilisations précolombiennes. Ici, il s'agit d'un périple à Bélize, petit territoire d'Amérique centrale, où un américain nommé Kirby Galway a édifié un faux temple maya, avec la complicité des villageois locaux qui fabriquent de fausses antiquités pour les vendre aux naïfs touristes. Jusqu'à ce qu'un archéologue découvre le pot aux roses. Et les épines qui vont avec... Westlake a dédié ce « joyeux tintamarre » à sa femme, qui a survécu à l'épopée. Le genre de cadeau à faire à quelqu'un qui a besoin de rire. Ça ne manque pas en ce moment. Dans la même collection, en moins drôle, un autre maître du genre, James Lee Burke, Rivages/Noir propose "Les fantômes de la Louisiane" (trois enquêtes de Dave Robicheaux), traduit par Freddy Michalski.

Encore raté - Trois aventures de John Dortmunder
Editions : Rivages/ Noir
De Donald Westlake
Traduit de l'anglais (USA) par Alexis G. Nolent, Henri Collard et Jean Esch
1260 pages 
Prix : 24,90€

Tous les mayas sont bons
Editions : Rivages/Noir
De Donald Westlake
Traduit par Nicolas Bondil, respectivement 
410 pages 
Prix : 22, 50 €


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