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Les chimères de Vénus – tome 3 : la fin d’une aventure originale, envoûtante, intelligente et remarquablement illustrée

  • Écrit par : Sylvie Gagnère

venusPar Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ 1874, planète Vénus. Hélène Martin a réussi l’impossible : atteindre l’île magnétique et rejoindre son fiancé, Aurélien d’Hormont, qui avait disparu dans les méandres de cette terre étrange. Pourtant, ce n’est pas la fin de l’histoire : l’île est imprégnée d’une énergie mystérieuse, susceptible de bouleverser les lois du temps et les perceptions.

Aurélien semble happé par cette force invisible, incapable de s’en détacher, au désespoir d’Hélène. Pendant ce temps, Britanniques et Français, qui sont parvenus à accoster, comptent bien en découdre pour s’assurer la possession de ce formidable gisement d’éthérite, au risque de briser la fragile stabilité de la planète et de tout détruire. La cupidité humaine, l’obéissance aveugle à un patriotisme borné, le désir de bénéficier d’un avantage stratégique considérable, capable de faire basculer l’équilibre des puissances terrestres, risquent bien de prendre le pas sur l’intelligence et la science.

Le scénario d’Alain Ayroles est excellent : entre dialogues ciselés et rythme maîtrisé, il imbrique avec brio la romance, la politique, une critique féroce du colonialisme et de l’impérialisme, ainsi que du sexisme qui règne tant dans les milieux artistiques que scientifiques, une réflexion solide sur le progrès et le prix à payer pour s’approprier l’inconnu. Chaque personnage est aux prises avec ses désirs intimes et des enjeux collectifs importants, ce qui leur donne une épaisseur remarquée. Alain Ayroles parvient de cette façon à mêler le personnel et le spectaculaire, en laissant affleurer une émotion brute qui nous saisit. L’une de ses grandes forces réside dans sa capacité à approfondir également les protagonistes secondaires, qui ont tous droit à un vrai développement, à une réelle complexité, à une place qui fait avancer le récit.

Comme un scénariste à lui seul ne fait pas une bonne BD, il convient de saluer le travail d’Étienne Jung, qui sublime cette aventure. Ses dessins, aux traits précis, nous embarquent dans un univers qui tient du Jules Verne, du Steampunk, et même parfois du Lovecraft. Les décors de Vénus sont de magnifiques écrins organiques, tandis que l’île magnétique semble douée de conscience. Le style est semi-réaliste, mais fait également la part belle à l’étrangeté de la planète et des êtres qui la peuplent. La mise en couleurs apporte une dimension grandiose à ces décors, ainsi qu’aux personnages.

Une superbe conclusion, qui place Les chimères de Vénus parmi les séries à ne pas manquer et la hisse au niveau du Château des Étoiles

Les chimères de Vénus – tome 3
Éditions : Rue de Sèvres

Collection : Renard Doré
Scénariste : Alain Ayroles
Illustrateur : Etienne Jung
Coloriste : Thierry Le prévost

Parution : 28 janvier 2026

Prix : 15 € 

A propos des deux autres tomes:

Les chimères de Vénus, tome 1 : un spin-off du Château des Étoiles, original et très réussi !

Les chimères de Vénus, tome 2 : la suite très réussie du spin-off du Château des Étoiles, toujours aussi fascinante !


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