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«Nouvelle Babel » : Michel Bussi en téléportation…

  • Écrit par Serge Bressan

bussiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.com / Il dit et écrit : « Je ne suis pas fan de l'autobiographie. Je comprends bien que c'est ce que les gens ont envie de lire, mais ce n'est pas ce que j'ai envie d'écrire ». Hier géographe (spécialité géographie électorale), Michel Bussi a publié son premier roman, « Code Lupin », en 2006. Aujourd’hui à 56 ans, il figure parmi les cinq plus gros vendeurs de livres en France, en compagnie de Guillaume Musso, Marc Lévy et autres Amélie Nothomb- ainsi, il a bouclé l’année 2021 à la 4ème place du classement avec 721 000 exemplaires vendus. Avec « Nouvelle Babel », son tout récent roman dédicacé « à la Terre entière », on le retrouve, lui qui a été surnomme le maître de « l’art du twist », cet art du retournement de situation. Et il tente une incursion dans un nouveau genre littéraire : « J’avais très envie d’écrire un roman de science-fiction », confie-t-il, lui le romancier se présentant comme « le produit de toute une culture populaire en mouvement des années 1970 et 1980, bien plus que de l’enseignement académique »..

L’éditeur de Michel Bussi promet, avec ce « Nouvelle Babel », « un monde où les distances et les frontières ont été abolies ». Et lecteurs et lectrices sont emmenés à Tetamanu, archipel des Tuamotu en Polynésie… On lit : « Comme chaque matin, Rupert Welt contemplait la longue plage blanche de Tetamanu. Si la téléportation n’avait pas été inventée, ça n’aurait rien changé, il aurait pu vivre le reste de sa vie ici, dans cet atoll des Tuamotu ensoleillé toute l’année, loin de toute terre habitée. Il fit quelques pas dans le sable et rappela son chien… » Aux chapitres suivants, on se retrouve au port de Hong Kong, dans la forêt de Troodos à Chypre, au musée de la Locomotive à Amsterdam avant de revenir à Tetamatu… Là, un demande : « Combien de victimes, Artem ? », l’autre lui répond : « Dix. Cinq couples. Tous retraités. Ils avaient acheté ensemble ce bout d’atoll pour y vieillir en paix. La plupart tués dans leur lit, pendant leur sommeil ». Le premier se mord la lèvre, regarde la plage : « Merde… Je… Je crois que je n’ai jamais vu autant de morts ».
On est en 2097, l’espagnol est la langue de toute l’humanité et le monde n’est plus qu’un seul Etat sans frontières dont le gouvernement va fêter le centenaire de la téléportation quantique. A nouveau, on lit : « La méthode, calme et systématique, du tueur terrifia les trois enquêteurs. Qui était cet assassin progressant à visage découvert ? Déjà, leurs tabletas se connectaient aux bases de données planétaires de reconnaissance faciale. Plus personne ne pouvait rester anonyme dans le monde actuel. Dans quelques secondes, ils connaîtraient l’identité de ce monstre. La suite du film fut plus sidérante encore... » L’affaire, sous la plume de Michel Bussi, va être rondement menée : trois policiers, un journaliste ambitieux et une institutrice nostalgique s’engagent dans une folle course contre la montre. Dans ce monde de fin du 21ème siècle, dans ce monde où les guerres ont été éradiquées et dont la devise est « un seul peuple, une seule Terre », la technologie permet à quiconque d’être, simultanément, ici et ailleurs… Explication de l’auteur : « Je voulais faire un roman policier qui s’inscrit dans la logique des précédents, il y a un crime avec des enquêteurs qui vont essayer d'attraper ce tueur. Mais pour ne pas toujours écrire le même roman, il y a cette particularité quand même assez forte : cette enquête policière se déroule en 2097, dans un monde où on a inventé la téléportation humaine, c'est-à-dire qu'on peut se déplacer à la vitesse de la pensée. On n'a pas seulement un téléphone avec lequel on peut appeler ou éventuellement télétravailler en Zoom ou autre, on peut vraiment se déplacer… »
Une fois encore, Michel Bussi pratique le suspense de façon jubilatoire- pour le bonheur de ses lecteurs et lectrices. Evoquant l’art et la manière, il glisse : « Dans ces récits d'anticipation, un peu futuristes, au-delà d'amuser le lecteur et de le faire voyager, il y a quand même cette envie de le faire réfléchir ». Et dans un autre livre à paraître, « La fabrique du suspense » (Le Robert / Les Presses de la Cité), il glisse quelques ingrédients de cet « art du twist », de cette technique de l'intrigue à rebondissements, cet art qui s’est imposé à lui lorsqu’à 11 ans, il a lu « Mort sur le Nil » d’Agatha Christie : « J’ai cherché méthodiquement à comprendre la mécanique des romans d’Agatha Christie, son art de brouiller les pistes, son machiavélisme à désigner un coupable inattendu. Je les ai décortiqués, j’en ai détricoté la construction. J’ai ouvert le capot pour examiner en détail la conception du moteur… » Et comme ça, l’air de rien, « Nouvelle Babel » pose la question : ce monde sans frontières où l’on se déplace sans contraintes, est-ce l’idéal humain ? Question de géographe…

Nouvelle Babel
Auteur : Michel Bussi
Editions : Les Presses de la Cité
Parution : 3 février 2022
Prix : 21,90 €

[bt_quote style="box" width="0"]Le réveil du commandant Artem Akinis, une sonnerie remplacée par un violent riff de Led Zeppelin, se déclencha à 17 heures pile. Le soleil se levait à peine ! Désormais, pour que chacun puisse se déplacer en permanence d’un bout à l’autre du monde sans être confronté à d’insolubles calculs de fuseaux horaires, chaque horloge, montre ou pendule sur la Terre était réglée sur le Temps Universel. Il était donc 17 heures dans la forêt du Troodos, au beau milieu de l’île de Chypre, comme partout ailleurs dans le monde, qu’il y fasse jour ou nuit… [/bt_quote]

 

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