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Quand ils sont venus : un album choc, puissant, courageux et indispensable, pour ne jamais oublier que nous sommes tous responsables

  • Écrit par : Sylvie Gagnère

Quand ils sont venusPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Beaucoup d’entre nous connaissent le célèbre poème du pasteur Martin Niemöller, survivant des camps de concentration nazi, qui, en quelques vers, décrivait comment l’indifférence et l’inaction permettaient à la terreur de s’installer. Pour s’adresser aux jeunes lecteurs, Andrée Poulin a transposé l’histoire dans un petit village paisible, où habitent des animaux anthropomorphes. Chacun est heureux, vit sa vie sans se préoccuper des différences religieuses, physiques, sociales. Mais voilà que les Sans Entrailles décident de faire la loi. Ils s’en prennent aux renards, parce qu’ils sont roux. Aux loups, qui possèdent de belles terres. Aux coyotes qui vénèrent leur propre Dieu.

À chaque fois qu’ils s’attaquent à une nouvelle communauté, Grand Chien dit « Ce ne sont pas mes affaires », et il se détourne en fermant les yeux. Mais un jour...

Cet album choc montre que la passivité et la lâcheté font le lit du racisme, de l’homophobie, des ségrégations, des persécutions. La construction en répétition permet d’ancrer le lecteur dans le récit, de lui faire ressentir, quasi physiquement, la force de la spirale infernale qui s’enclenche quand un groupe décide d’opprimer les autres. La puissance des émotions qui se dégagent de ce récit est remarquable, et terriblement d’actualité. Andrée Poulin nous offre ici une histoire en apparence très simple, mais qui aborde avec subtilité des sujets essentiels et des enjeux cruciaux pour l’avenir. Le texte est accessible pour les jeunes ados, facile à comprendre, sans être enfantin.

Les illustrations de Sophie Casson, à la fois expressives et un peu naïves, apportent un vrai plus, en donnant vie à ces personnages.

On pourrait penser avoir là un album très sombre, mais ce n’est pas le cas. Andrée Poulin termine sur l’espoir, celui que représente une chaîne de mains, celui de la citation de Desmond Tutu : « Rester neutre face à l’injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur ». Elle incite à ne pas fermer les yeux, pour ne pas être complices.

Une section documentaire clôt le livre : outre le poème de Martin Niemöller, elle donne les définitions des notions abordées dans l’histoire, le racisme, la colonisation...

Quand ils sont venus
Autrice : Andrée Poulin
Illustratrice : Sophie Casson
Éditions : de l’Isatis
Collection : Griff
Parution : 21 mars 2025
Prix : 17 €
À partir de 12 ans

 


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