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Le goût de la framboise : une pièce originale, bouleversante et intelligente, à voir d’urgence !

  • Écrit par : Sylvie Gagnère

Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ De nos jours, un talk-show qui fait un carton d’audience. Un présentateur reçoit une scientifique, lui coupe la parole, fait du mansplaining et pose la question : « comment vous, qui venez d’un milieu.... avez-vous pu en arriver là ? »

Été 1998, Stella, 19 ans, est écrouée en centre de détention. La violence de l’univers carcéral s’impose à elle. Privée d’avenir, elle doit partager sa cellule avec « la folle », une vieille femme étrange. Une rencontre qui va bouleverser sa vie.

Automne 1975, Marcelle est une jeune chercheuse en astrophysique, qui tente de se faire une place dans un monde masculin, où tout est fait pour qu’elle échoue. Elle est pourtant brillante, et sur le point de réaliser une découverte majeure.

Le goût de la framboise est un thriller scientifique sur les violences subies par les femmes, violences physiques, violences intellectuelles, sociales. La pièce joue sur les va-et-vient entre les époques, les lieux, les intrigues, jusqu’à ce que, petit à petit, les liens se révèlent, jusqu’à un final bouleversant. Nous apprenons peu à peu la vérité sur l’histoire de Marcelle, dans un jeu de piste haletant. 

Le texte est très fort, les dialogues percutants et émouvants. Raphaële Volkoff montre, permet de ressentir, sans jamais tomber dans la démonstration. Les sujets abordés sont multiples, l’emprise et la domination, la violence carcérale, les violences faites aux femmes, la place des femmes en particulier dans les sciences, mais aussi l’amitié, la sororité, le respect, la solidarité entre générations. Elle nous donne à voir, à comprendre, ces femmes « empêchées », ces femmes condamnées, ces femmes enfermées, mais ces femmes qui résistent, qui partagent et transmettent.

La mise en scène de Martin Darondeau virevolte sans cesse, nous entraînant de la fac à la prison, des années 70 aux années 90, avec un simple portique roulant, qui ouvre et ferme les portes. L’accompagnement musical est particulièrement bien choisi, qui soutient une dramaturgie qui va crescendo.

Les acteurices, qui interprètent chacun·e plusieurs rôles, passent de l’un à l’autre avec fluidité, composant des individualités pleines de nuances, incarnant chacun de leurs personnages avec finesse, énergie et intelligence. L’émotion est au rendez-vous tout au long de la pièce et culmine dans un final remarquable. 

À Avignon, Le goût de la framboise a reçu un accueil enthousiaste, à Paris, les spectateurs applaudissent debout. Et c’est mérité pour cette pièce bluffante et bouleversante.

Le goût de la framboise  
Autrice : Raphaëlle Volkoff
Metteur en scène : Martin Darondeau
Scénographie : Capucine Grou-Radenez
Lumières : Jean-François Domingues
Musiques : Simon Meuret
Costumes : Chloé de Nombel
Production : Théâtre des Béliers Parisiens
Avec : Laura Authier, Benoit Blanc, Machita Daly, Octavie Durand, Nanou Garcia, Raphaële Volkoff

Durée : 1 h 20

Dates et lieux des représentations : 
- A partir du 29 août 2026 et jusqu'au 31 octobre 2026 , du mercredi au samedi à 21h, les dimanches à 15h au Théâtre des Béliers Parisiens – 75018 Paris 


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