Menu

Mon royaume pour un poney : un divertissement aux allures de farce inachevée

  • Écrit par : Xavier Paquet

faux britishPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ Quand une partie de l’équipe qui avait brillamment mis en musique « les Faux british » remet le couvert, on piaffe d’impatience. On attend autant de loufoquerie, d’inventivité dans le comique permanent et d’humour tant léché que cocasse.

Avec ce titre, qui détourne le fameux « mon royaume pour un cheval » de Richard III, Shakespeare avait du souci à se faire et en basant l’histoire sur le dramaturge anglais, on espérait autant de finesse et de burlesque que sur les « Faux british ». Hélas, triplement hélas, il n’en est rien. La pièce s’avère être une parodie qui essaye de tirer des ficelles toujours plus grosses : l’ingéniosité n’est plus au rendez-vous, le souffle est devenu asthmatique.

Philippe, metteur en scène, décide de monter Richard III avec une quarantaine de comédiens, et Luchini en figure de proue, il compte réaliser le rêve d’une vie et l’achèvement d’une carrière. Mais quand la star se désiste, que les caisses sont vides et qu’aucun producteur ne veut financer le projet, il ne lui reste plus que quatre comédiens fidèles pour jouer les 40 personnages du drame shakespearien. Alors il se tourne vers un ami, Jean-Yves Minois, marchand de meubles, qui accepte de produire mais à la condition d’avoir le rôle-titre et de s’immiscer dans les décisions. C’est là que le drame commence.

De situations rocambolesques en rebondissements cocasses, ce projet va prendre mille tournures pour s’achever en une immense farce où ginguette, cornet de frites, peluches et poney vont remplacer le classicisme anglais. Le tout financé par la publicité pour les meubles Minois. Et entre un vieux syndicaliste, une actrice plus drama que dramatique, un comédien naïf qui ne rêve que de chanter, et un minois aux idées plus grandiloquentes les unes que les autres, le metteur en scène subit en plus les affres de Dame Simone, la tenancière du théâtre, plus vraiment au goût du jour.

Il y a de l’humour, on sourit, on se surprend à rire de comiques de situations même si les facilités et les clichés sont présents. C’est sans doute ce qui nous a le plus déçus : ne pas retrouver la folie douce de cette troupe dont la générosité et le talent ne sont pas à démontrer mais qui se heurtent à un texte poussif et caricatural. L’auteur aura voulu faire une parodie et se jouer des codes, et on le comprend, mais on a eu l’impression qu’il avait plusieurs fils dans son histoire et qu’il n’en a pas choisi un comme fil conducteur.

En dépit de cela, « Mon royaume pour un poney » reste un divertissement grand public où la magie du décor anime l’humour déjanté et l’univers absurde du théâtre contemporain.

Mon royaume pour un poney
Une comédie de Philippe Vieux
Mise en scène : Gwen Aduh
Avec Andy Cocq, Christophe Fluder, Jean-Marie Lecoq ou Philippe Vieux, Miren Pradier, Matthieu Rozé ou Henri Costa, Denis d’Arcangelo ou Jeanne Ferron

Dates et lieux des représentations : 
- Jusqu'au 20 juin 2026 au  Théâtre de la Rive gauche ( 6 rue de la Gaîté, 75014 Paris ) 01 43 22 22 19

Gwen Aduh : Faux british mais vrai coup de cœur !


À propos

Les Categories

Les bonus de Monsieur Loyal