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El Clandestino : la beauté poétique des effeuilleuses à l’ancienne

  • Écrit par Guillaume Chérel

clandestinoPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Glamour, humour, plumes et paillettes ! Ne vous méprenez pas, messieurs. Rassurez-vous, mesdames, El Clandestino est un vrai bon spectacle d’effeuilleuses, comme dans le « temps’longtemps » (comme on dit à la Réunion). C’est à la fois beau à voir, puisque poétique, gracieux, esthétique et drôle, mais aussi surprenant qu’émoustillant, si on découvre cet « art » (à ce niveau, c’en est un). Ce n’est pas du tout grivois, encore moins vulgaire. Bref, de l’érotisme mis en scène par une femme (Valentina del Pearls) c’est classe. Voilà un vrai spectacle de cabaret burlesque, rétro, drôle et beau, qui met en scène de jolies femmes, jouant de leurs formes, avec glamour et second degré, dans une profusion de franges, de plumes et de paillettes. Ce sont d’ailleurs des femmes qui, dans le public, jouent le jeu et participent le plus, par des encouragements solidaires, et non tendancieux, ni salaces.

Ce n’est pas du strip-tease peep-show, de bas étage. Encore moins les Folies-Bergères et le Moulin Rouge. C’est autre chose… Déjà, le nom des artistes (car c’est un art, à ce niveau) : Channelle de Mai, Louise de Ville, Romane Chandelier, Sucre d’Orge… avec la participation des sœurs Papilles. C’est quand même plus fun qu’au Crasy-horse ! El Clandestino, cabaret burlesque, a repris toutes les bonnes recettes des années folles. Dès que vous aurez poussé les portes de cet univers ultra-féminin, attendez-vous à y rencontrer ses drôles de pensionnaires, toutes aussi belles et talentueuses les unes que les autres. Il y a deux chanteuses, un « Drag King » (Louis(e) de Ville), une contorsionniste exceptionnelle, des danseuses de charleston, et bien sûr les effeuilleuses burlesques. Le tout présenté par une madame loyale pas commode, qui vous houspille si vous n’encouragez pas avec assez d’enthousiasmes toutes ces dames courtement vêtues.
Il y a du fessier charnu, mais aussi des plumes et des numéros qui rappellent les années Charleston et Joséphine Baker (on pense aussi à l’Arnaque, avec Robert Redford et Paul Newman, voire à Gatsby le magnifique). Il est minuit passé, laissez-vous aller… Plus d’un siècle en arrière, face à de jolis popotins frémissants. Rien de sexiste dans ce spectacle, vraiment : toutes les artistes sont consentantes et partantes, évidemment, pour jouer avec les codes de la prétendue féminité. Et si quelqu’un est moqué, c’est bien l’homme caché sous sa moustache, avec ses poses supposées viriles. Cette joyeuse troupe, menée par une tenancière limite acariâtre, répétons-le (et pour cause, on lui a dérobé ses bijoux) peuple un bouge autant suspect qu’engageant. Les numéros se succèdent comme lors d’une partie de Cluedo géante, jusqu’à la découverte du pot aux roses. El Clandestino propose un voyage fantaisiste. Ou l’art de suggérer plutôt que tout montrer. Une idée funny sexy pour fêter, avec légèreté, cette fin d’année pesante.

El Clandestino, cabaret burlesque
Durée :1h20
Mise en scène : Valentina Del Pearles
Avec Chanelle de Mai, Louise de Ville, Romane Chandelier, Sucre d’Orge et Valentina Del Pearles
Avec la participation des sœurs Papilles
Production : Le burlesque Klub / Georgette’s Prod

Dates et lieux des représentations : 
- Les 27 et 28 décembre 2019 et les 3 et 4 janvier 2020, à 23 h au Lucernaire (théâtre rouge - 53, rue Notre-Dame-des-Champs – 75006 PARIS ) . Réservation : 01 45 44 57 34 / www.lucernaire.fr


www.guillaume-cherel.fr


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