« Danton » : de l’adulation à la controverse, de la popularité à la guillotine !
- Écrit par : Félix Brun
Par Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Georges Jacques Danton est né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, baptisé le même jour. Ce trublion champenois va s’illustrer en sa qualité d’avocat et homme politique avec son physique plutôt singulier.
"Je fus frappé de sa haute stature, de ses formes athlétiques, de l’irrégularité de ses traits labourés de petite vérole, de sa parole âpre, brusque, retentissante, de son geste dramatique, de la mobilité de sa physionomie, de son regard assuré et pénétrant, de l’énergie et de l’audace dans son attitude et tous ses mouvements étaient empreints." Ce portrait de Danton du fils du député Thibaudeau est d’une précision et d’une acuité particulière. Danton au cours de ses débats et de ses échanges verbaux a la répartie immédiate, « la réplique trop vive, trop prompte, le mot, l’ellipse, qui fusent, sans qu’il ait toujours pris le temps de vérifier le bien-fondé de son argument ». Ce travers, cette précipitation verbale va devenir une de ses forces par une éloquence directe, puissante, lancée d’une voix retentissante, doté d’une improvisation inégalable. Paris se précipite pour écouter cet orateur hors pair, ce juriste à l’excellente réputation, dont l’élocution et l’éloquence peuvent utiliser en fonction des sujets et des affaires, un langage léché ou un argot populaire. Danton est le principal animateur et artisan du Club des Cordeliers (rive gauche), « Les Amis des droits de l’homme », par opposition au club des Jacobins (rive droite), « La société des Amis de la Constitution » dont la figure de proue est Robespierre. Pour expliquer le jeu politique de Georges Danton, Garat qui fut ministre de l’intérieur (1793) et de la justice (1792/1793) déclare : « Il se montrait barbare pour garder toute sa popularité, et il voulait garder toute sa popularité pour ramener avec adresse la peuple au respect du sang et des lois. » Mais Danton et quelques figures des Cordeliers sont accusés et jugés en deux jours seulement, les 3 et 4 avril 1794 ; un procès bâclé et volontairement expéditif au cours duquel Georges Danton s’insurge et exige que Robespierre et St Just se présentent au tribunal : « Vils imposteurs, paraissez, et je vais vous arracher le masque qui vous dérobe à la vindicte publique »….ainsi ses effetes de manche et ses diatribes restent sans effet ; à son bourreau qui va le décapiter le 5 avril 1794 il demande : » N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine. »
Jean-Paul Desprat signe une remarquable biographie, un travail d’archive et de recherche sans égal. Un excellent moment de lecture riche de citations et d’anecdotes, loin des clichés sur cet immense acteur de la Révolution Française, quelque peu controversé, dont le dicton préféré était : « Heureux celui qui n’a jamais calomnié la vie ».
Danton. Bonhomme ou démon.
Auteur : Jean-Paul Desprat
Editions : Editions du Rocher
Date de parution : 21/01/2026
Prix : 24€






