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L’énigme de la chambre 622 : Joël Dicker, retour en Suisse…

  • Écrit par Serge Bressan

DickersPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / D’emblée, on est prévenu. « Mon inspiration, c’est le feuilleton populaire, le rocambolesque », confie Joël Dicker, évoquant son nouvel et cinquième roman, « L’Enigme de la chambre 622 »- l’un des best-sellers annoncés de ce printemps- été 2020 avec un premier tirage de 400 000 exemplaires. A 34 ans, le romancier est tenu pour le nouveau prodige des lettres francophones, surtout depuis qu’il a cartonné avec « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », adapté pour la télé en série par le réalisateur Jean-Jacques Annaud avec, dans le rôle principal, l’acteur américain Patrick Dempsey. Jusqu’alors, Dicker proposait à ses lecteurs l’Amérique pour décor. Là, pour ce cinquième roman, il revient en Europe- « je crois qu'il était temps pour moi de parler de la Suisse, pays où je suis né, dans lequel je vis, qui est mon identité, mais qui est peut-être passé au second plan cette année », confiait-il récemment. Et d’ajouter : « C'est très personnel dans la façon dont je raconte cette Suisse. C'est la description de ce que je ressens. Je voulais emmener les lecteurs dans ce pays ».

Donc, avec « L’énigme de la chambre 622 », on se pose en bord du lac Léman à Genève et dans les Alpes dans la station de ski de Verbier. En près de 600 pages, on va fréquenter un palace en montagne et les milieux feutrés d’une banque familiale privée en bord de lac, et on va se lancer dans un Cluedo tout aussi magistral que géant. Avec un meurtre, une nuit de décembre dans le Palace de Verbier. La police ne résoudra jamais l’énigme. Quelques années plus tard à l’été 2018, un jeune écrivain prénommé Joël (tiens, tiens, coïncidence ?...), en pleine crise conjugale et auteur de best-sellers vendus dans le monde entier, vient séjourner dans ce palace après la mort de son éditeur… pour des vacances (prétexte…). On lui a réservé la chambre 621 bis, entre la 621 et la 623- la 622 n’existe plus depuis le meurtre. Vite, sans qu’il ne s’y attende, Joël est plongé dans l’affaire… Oui, il y a énigme… Il reprend l’enquête, avec une jeune femme prénommée Scarlett. Découvre que, en fond de décor du meurtre, il y avait une guerre de succession pour la direction générale d’une grande banque privée et jusqu’alors familiale. Le boss prépare sa succession- pour le job, choisir entre Macaire Ebezner, le fils biologique mais bien piètre banquier en affaires et inculte, et Lev Levovicth, le fils spirituel qui s’est fait tout seul et à qui tout réussit. Les deux étaient présents le soir du meurtre au Palace à Verbier, tout comme Sinior Tarnogol, un nabab diabolique ou encore Olga von Lacht, une Cruella sortie d’un conte de fées- des personnes que Joël Dicker prend plaisir, avec une jubilation non feinte, à dessiner, à peindre dans le moindre détail… A ce « joli » monde, on y ajoute la police genevoise, la brigade financière et les services secrets suisses, ce qui donne une intrigue emplie de rebondissements, c’est étourdissant de travestissements et de rivalité amoureuse… C’est d’autant plus étourdissant que le romancier suisse a dit et répété qu’il avance dans ses romans sans le moindre plan. Qu’il se laisse mener par l’histoire, l’intrigue, les personnages- ce qui explique que dans « L’énigme de la chambre 622 », il lui a fallu près de 300 pages avant de mettre un nom sur la victime du meurtre…
Avec ce nouvel et cinquième roman, Joël Dicker rend également un double hommage. Emouvant à l’éditeur Bernard de Fallois parti à jamais le 2 janvier 2018 et qui l’a découvert. Sentimental à sa ville natale de Genève- confidence du romancier : « Je voulais me demander quel était mon sentiment autour de cette ville »…

L’énigme de la chambre 622
Auteur : Joël Dicker
Editions : De Fallois
Parution : 26 mai 2020
Prix : 23 €

Les gens considèrent souvent que l’écriture d’un roman commence par une idée alors qu’un roman commence avant tout par une envie : celle d’écrire. Une envie qui vous prend et que rien ne peut empêcher, une envie qui vous détourne de tout. Ce désir perpétuel d’écrire, j’appelle ça la maladie des écrivains. Vous pouvez avoir la meilleure des intrigues de roman, si vous n’avez pas envie de l’écrire, vous n’en ferez rien.


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