Festival - Quand je pense à Fernande : Benjamin Biolay à la sétoise
- Écrit par : Romain Rougé
Par Romain rougé - Lagrandeparade.com/ Le Théâtre de la Mer est ouvert ! En tête de pont des festivals de l’été, « Quand je pense à Fernande » dédié à la chanson française. Ce soir-là, Benjamin Biolay s’impose comme chanteur méditerranéen, écumant des titres entre joie et vague à l’âme qui sied parfaitement à l’ambiance si particulière des cités baignées par la Grande Bleue.
Dans ce Théâtre de la Mer, Benjamin Biolay est dans son élément. Après tout, il est désormais Sétois. Lunettes noires et t-shirt « Les Dents de la mer », il se pointe un poing levé. À cet instant, les projecteurs se bleuissent pour se mettre au diapason de cette Méditerranée qui se projette en arrière-plan ou simplement rappeler le « Disque bleu », 11e album de l’artiste.
Amoureux de Sète, le chanteur extrait sans surprise beaucoup de titres de l’album « Saint-Clair » (« Numéros magiques », « Les Joues roses », Saint-Clair ») pour clamer son attachement à la ville, ancrer sa présence et revendiquer l’atmosphère « singulière » sétoise… Sublimés par les musiciens et sonorités éclectiques, les morceaux évoquent la Méditerranée, l'Italie, l'Espagne, la lumière de Sète et sa bouillonnante culture, qui aurait même des effluves de « Los Angeles » nous rappelle en filigrane le chanteur dès le deuxième morceau.
C’est le moment où « ami sétois » survient pour partager une chanson de « son cousin qui fumait la pipe ». Bruno Granier et Benjamin Biolay invoquent « Je suis un voyou » et cette fois, le concert brasse le sentiment amoureux (qu’il soit contrarié, regretté ou réminiscent) … L’enchaînement avec « Comment est ta peine ? » ou « Négatif » se fait naturellement pour évoquer les pertes et les deuils impossibles : « Je rêve d'un printemps Définitif Car mon âme n'est que tourments D'une épitaphe Gravée pour longtemps ». Puis vient « Soleil profond », ode aux contestataires en quête de liberté : « Soulever la table et tout casser Brûler la flamme sans s'y brûler Couper les câbles et puis laisser Le vent des sables tout embraser » …
Au fond, ce sont nos émotions exacerbées qui naviguent dans ce live, celles qui nous traversent par vague pour finalement s’écraser contre notre âme. Un concert qui lève le voile sur l’amour de soi, l’amour d’un lieu, l’amour de l’autre, sur le lien à autrui, clairement. C’est ce qu’il fallait pour chanter à Sète et peut-être même, pour chanter Sète.
FESTIVAL QUAND JE PENSE A FERNANDE
@DR ( photo 1) & Romain Rougé ( Photo 2)







