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Yaran : musique afghane et culture méditerranéenne pour panser les plaies de l’absence

  • Écrit par : Romain Rougé

YaranPar Romain Rougé - Lagrandeparade.com/ Porté par Esmatullah Alizadah (artiste réfugié afghan à la composition, au chant, au dambura et à l’harmonium), Nicolas Beck (à la direction artistique), Chloé Loneiriant (flûte bansuri), Bastian Pfefferli (zarb, percussions digitales) et Benjamin Lévy (musique électronique), le projet Yaran nait d’une rencontre, celle entre la musique afghane, l’occident et la Méditerranée. Créé au Théâtre Molière de Sète, Yaran ouvre la porte de l’intégration des réfugiés par la culture. Mais pas que…

Textes qui évoquent l’exil et l’absence, chansons d’amour, poèmes afghans chantés sur les notes échappées d’instruments énigmatiques, traditionnels ou populaires, lesquels s’épousent, s’entrelacent, fusionnent… Sur l’autel du brassage culturel émerge Yaran qui vient sonder notre for intérieur pour y puiser empathie envers les peuples qui souffrent ou émotions faisant écho à notre propre vécu. Ce soir-là au Théâtre Molière de Sète, le temps est suspendu, propice à la méditation et à l’introspection. Il faut dire que le projet lui-même s’est construit sur le temps long…

Avant le début du concert, Sandrine Mini (directrice du TMS) revient sur sa genèse : en octobre 2022, Esmatullah Alizadah a bénéficié du dispositif « Passeport talent Â» délivré par le ministère des Affaires étrangères avant d’être accueilli en résidence de création en février 2025, qui conduira à la collaboration avec Nicolas Beck. Yaran, c’est « la musique comme langage commun pour raconter des histoires et célébrer la beauté de la rencontre Â».

Retour sur le plateau. L’artiste Deyana Rafat, spécialiste de la peinture Tazhib, signe une Å“uvre graphique envoûtante qui sied parfaitement aux identités multiples du concert et auréole de surcroit la voix suave d’Esmatullah Alizadah. Le « latin lover d’Afghanistan Â» (comme le surnommera affectueusement Sandrine Mini), déploie avec élégance chants mélancoliques et textes profonds (que le Théâtre Molière a eu la bonne idée de traduire sur la feuille de salle) pour transformer les douleurs secrètes, les traumatismes dormants, les silences, en résilience nécessaire : se faisant, il nous emporte, nous éveille, nous touche…

Au firmament des mélopées, des identités gravitent autour d’amitiés qui se scellent. Car Yaran signifie bien « amitié Â» et nous renvoie à ce lien fort, qu’il soit indéfectible ou brisé. Nous prenons alors conscience qu’au fond, les sentiments n’ont pas de frontières : la peine d’une séparation (d’un pays, d’un ami, d’un amour) est universelle.

De ton absence, mon cher, j’ai toujours les yeux en larmes.
Ni lettre ne vient de toi, ni nouvelles de ton âme.
Si l’on me demande : « Pourquoi ton teint est fané comme l’automne ? Â»
Je répondrai simplement : « Un être cher est loin, en voyage. Â»
Ô messager, emporte cette lettre à mon indifférent,
Toi qui ne viens plus, guéris-moi, car j’ai une blessure au cœur.
Personne ne comprend que ce sourire sur mes lèvres est un masque,
Car dans mon cœur, je porte la brûlure d’une séparation.

Dates et lieux des représentations: 

- Le 6 février 2026 au Théâtre Molière de Sète - Le lien du Théâtre ICI 


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