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« Islands » : d'île en île, un voyage universel...

  • Écrit par : Sylvie Lefrere

Par Sylvie Lefrère - Lagrandeparade.com/ Carolyn Carlson revient à ses premiers amours au festival d' Avignon, ville où elle a été révélée au public en France en 1972.

Aujourd'hui, elle nous présente la chorégraphie d'«Islands ». trois danseuses et trois danseurs qui nous font découvrir successivement la lecture de leurs univers et nous offrent une vision globale du monde actuel.
L'introduction s'ouvre sur la nuit de Chinatsu Kosakatani. Elle est aérienne au milieu des étoiles, nage fluide dans les eaux tourbillonnantes, solaire qui nous éclaire dans son flux.
Son signe final de salut amical nous invite à l'empathie.
Yutaka Nakata surgit et appelle à la danse ancestrale instinctive. Ses muscles épousent jusqu'à la fusion les plis de sa jupe. Il semble implorer les dieux et agir habité par une force guerrière. Riccardo Meneghini prend le relai dans une puissante démonstration. Dans le rôle du septième homme, il questionne le sentiment de culpabilité. Il porte la solitude de la mort de son vivant. Une musique lancinante accompagne ses tourments obsédants.
Sara Orselli et Juha Marsalo sont les acteurs de la rage. Ils présentent avec énergie un duo aux accents révolutionnaires. Des chants dissonants de groupes d'hommes rythment leurs pas. Sont-ils soldats ou militants?
Le rouge du sol, couleur de sang nous rapproche des révolutions passées, des manifestations réprimées. Les deux danseurs semblent contraints dans leurs expressions orales et gestuelles, en citoyens oppressés. Trouveront-ils un refuge ?
Céline Maufroid suivra dans un souffle. Au premier coup d'oeil, on croit reconnaître la silhouette de Carolyn Carlson. Ses cheveux couleur de blés dorés sont pris par les vents.
On entend la respiration d'une marcheuse, d'une joggeuse. Le souffle progressivement s'amenuise, s'essouffle, se fatigue jusqu'à l'épuisement. Etait- ce une fuite pour échapper à la tempête ?
Sara Orselli revient en solo. Elle exprime un mandala. Derviche tourneuse au crin libéré, elle évolue dans sa méditation. Elle semble prisonnière d'un monde qui tourne à la folie. Elle s'applique à rester dans le cercle blanc dessiné au sol. Elle agit comme une marionnette qui se débat. Courageuse, elle tente de s'élever de ce carcan enfermant.
Le travail ciselé, esthétique, sobre et élégant de Carolyn Carlson nous a fait traverser les tourments du monde en voyageant d'île en île: La recherche de la complexité humaine au milieu des différents espaces entre terre et mer, le pouvoir et la guerre, le sentiment de culpabilité et d'impuissance, le besoin de chercher une issue.
Les gestes dansés sont des moyens de nous éclairer au delà des mots. Ils nous invitent à rester dans le mouvement.

Islands

De Carolyn Carlson
Chorégraphie : Carolyn Carlson 
Musique : Aleksi Aubry-Carlson, Ezio Bosso, Nicolas de Zorzi, Michael Gordon, Mieskuoro Huutajat
Création lumière : Guillaume Bonneau  
Régie : Jank Dage 
Performance : Chinatsu Kosakatani , Juha Marsalo, Céline Maufroid, Yutaka Nakata, Sara Orselli 
Création son : Paki Zennaro 

Dates et lieux des représentations : 
- du 4 au 15 juillet 2026 - Théâtre du Chêne noir- Festival Off d'Avignon 
- Du 1er au 10 décembre 2026 - La Scala- Paris


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