« L’exode du Louvre : 1939. La folle échappée des chef-d‘œuvres du Musée » : Quand la Joconde s’est fait la malle !
- Écrit par : Guillaume Chérel
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Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ On connaissait le film « Monument men », avec George Clooney, Matt Damon et notre Jean Dujardin national, sur la sauvegarde des œuvres d’art volées par les nazis à des familles juives. Mais qui savait qu’en 1939, un certain Jacques Jaujard - qui dirigeait le Musée de Louvre -, a organisé le plus grand déménagement, en zone libre, de plus de 4 000 ans d’histoire de l’art ?
Ce sont de jeunes artistes en goguette, aux Deux-Magots (Picasso, Cocteau et Dali) qui l’ont alerté, lors d’une discussion avinée en terrasse. La menace gronde. La France risque d'entrer en guerre prochainement contre l`Allemagne. Il faudrait protéger les œuvres. Mais comment faire ? Les cacher ! Le déclic lui est venu la nuit du 14 juillet. Lors d’un cauchemar, il voit les avions allemands jeter leurs bombes sur « son » musée. Au réveil, il ne voit qu’une solution : vider les murs de son contenu prestigieux.
C’est cette folle histoire que le Serbe Gradimir Smudja (72 ans) a décidé de raconter en dessin, le tout savamment dialogué. Avec la complicité des employés du musée, Jaujard commence clandestinement l'évacuation, en quelques mois, de la Joconde, du Radeau de la Méduse, et de la Victoire de Samothrace, parmi des milliers d’autres œuvres moins célèbres, vers le château de Chambord (dans un premier temps).
Il était temps de raconter cet épisode méconnu et de rendre hommage à cet homme simple qui s’est mué en chef d'orchestre de ce sauvetage incroyable. Un héros méconnu, comme tant d’autres, soutenu par des dizaines d’autres anonymes. Ou les prémisses de la résistance.
Connu pour sa biographie dessiné du grand sprinter afro-américain Jesse Owens (Futuropolis, 2024), Gradimir Smudja s`est attaqué à une véritable épopée historique, non sans humour. Ses dialogues sont souvent drôles malgré la gravité du sujet. Il a su reproduite la gouaille des parigots de l’époque, aux accent d’Arletty : « Atmosphère, atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? »
Ce premier volume, d`une série en deux parties, est d’une grande qualité graphique. Et pour cause : il fallait bien reproduire les fameux chef-d’œuvres des grands maîtres ! Smudja s’en tire bien, notamment en reproduisant le dessin enfantin de la Mona Lisa, plus vraie que nature. Il fallait oser. L’album raconte avec précision les moments de grande tension, ainsi que l'engagement des équipes du Louvre qui ont effectué ce sauvetage, quasiment dans l’improvisation. Et sans dégâts. On y croise les danseuses de l’Opéra Garnier, et la discrète Rose Valland, autre héroïne de l’ombre, déterminée à remplir sa mission jusqu’au bout. Cette incroyable aventure collective est évidemment basée sur des faits réels. Ou comment des résistants non-violents ont œuvré à la protection d'un patrimoine inestimable. On connait la suite (rapport au casse du siècle). Ah ! si Jaujard voyait ça…
L’exode du Louvre : 1939. La folle échappée des chef-d‘œuvres du Musée (première partie)
Editions : Futuropolis
Auteur : Gradimir Smudja
80 pages couleur
Prix : 19€
Parution : 3 juin 2026






