Solarpunk – Vers des futurs radieux : lire pour que demain soit plus beau qu’aujourd’hui !
- Écrit par : Sylvie Gagnère
Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Pour échapper aux histoires dystopiques (qui frisent souvent le réalisme, hélas !), il est bon d’élargir notre horizon, avec cette anthologie de solarpunk, où la solidarité dessine d’autres avenirs, où la technologie s’allie avec la nature, où l’humanité choisit de réparer plutôt que de détruire, de coopérer plutôt que dominer.
Ces utopies sont tout sauf naïves, elles explorent des futurs où les énergies renouvelables, la low-tech et l’entraide tracent le chemin vers un monde apaisé, où le maître mot n’est pas survivre mais s’épanouir. Le solarpunk (ou hopepunk) propose des récits utopistes, écologiques, féministes, qui présentent des pistes de réflexion pour un futur plein d’espérance.Â
Les éditions Mnémos rééditent une anthologie emblématique de ce mouvement littéraire, initialement parue chez les défunts Moutons Électriques.Â
Toutes ces nouvelles ont un point commun : ce n’est pas la destruction et le conflit qui constituent le nœud de la narration, c’est la coopération, la solidarité, la reconstruction, l’art. Même si, bien entendu, les conflits ne sont pas absents, il existe toutefois, toujours, une lueur d’espoir...
Pour vous donner envie de vous y plonger, voici quelques exemples des textes présents.
Une île (et quart) sous la lune rouge de Thomas Geha est un récit complexe, qui mélange plusieurs trames narratives, séparées dans le temps (mais reliées par un lieu). On y rencontre deux scientifiques qui étudient les mousses endémiques de l’île et une légende liée à des disparitions. Fantastique et science-fiction font bon ménage dans cette nouvelle à l’écriture soignée et à la construction très maîtrisée.Â
Dans Nulle part en Crimée, Olav Koulikov nous raconte l’histoire d’un journaliste un peu minable qui veut à tout prix couvrir la mystérieuse guerre de Crimée. Ce qu’il va découvrir est bien plus étrange que tout ce qu’il avait imaginé. Un récit très plaisant, qui accroche un sourire sur les lèvres du lecteur à la fin.Â
Quelques pas en arrière entre Styx et Achéron de Jacques Boireau démontre avec habileté et finesse ce que l’urbanisme dit de la société, et comment il peut changer les mentalités et les comportements. Intelligent et poétique.Â
Un point au large de Mélanie Fievet est un texte court, mais impressionnant d’émotion. L’autrice réussit magistralement à faire ressortir les sentiments, avec une forme épistolaire parfaitement maîtrisée. Un récit de rage, de colère, et d’espoir, qui résonne fort dans ces temps où les migrants ne sont plus vus comme des humains, nos frères... Remarquable !
Bastide de Laurent Queyssi, raconte une histoire de rédemption, et de musique punk. Teinté d’humour grinçant, il s’ouvre vers un avenir que l’on souhaite meilleur.Â
Avec Le premier mai, Silène Edgar joue d’un renversement de situation jouissif : les pauvres, savamment écartés des postes à responsabilité, vont s’y retrouver quand le sujet du concours est falsifié – pour une fois, il porte sur un thème qu’ils connaissent, et qu’ignorent superbement les nantis !Â
Ne passez pas à côté de Ce qui n’est pas nommé, de Roland Wagner ! Une réflexion profonde, intelligente, sensible sur la puissance des mots, leur impact sur le monde, leur nécessité et leurs dangers. Magistral !
Xavier Dollo nous fait croire en notre bonne étoile, avec Voyageuse, un récit tendre et plein d’espoir – et un chat !
Quand on aura fini, elle sera magnifique de Basile Cendre nous offre un futur où l’on peut réparer les planètes bousillées, et où la rédemption est possible, y compris lorsqu’on a été de ceux qui ont participé à la destruction.Â
Des genres différents, des styles divers, mais une même espérance : que demain soit plus beau qu’aujourd’hui !
Solarpunk – Vers des futurs radieuxÂ
Sous la direction de : André-François Ruaud
Éditions : Mnémos
Parution : 10 juin 2026
Prix : 24 €Â






