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L’Epaule de Dieu : une aussi longue attente...

Écrit par Christian Kazandjian Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 14 janvier 2020 07:16 Affichages : 218

Epaule de DieuPar Christian Kazandjian - Lagrandeparade.com/ L’Epaule de Dieu renoue avec le théâtre de l’absurde, de celui qui alimente le rire et la réflexion. Au bord d’une route, dans une forme de salon, ou plutôt de salle d’attente (avec fontaine d’eau et pile de revues), deux hommes : l’Un, l’Autre. L’un (mais peut-être est-ce l’Autre ?), est assis dans un fauteuil de velours rouge, de temps en temps il sirote un whisky.

L’Autre (l’Un ?) s’agite, trépigne, s’écroule sur son siège en simili. On les devine d’origine sociale différente : un bourgeois à cravate au verbe châtié et un ouvrier à souliers râpés et au parler populo. Que font-ils là ? Qu’attendent-ils ? Que sont-ils l’un pour l’autre ? L’agité ne sait pas. L’autre semble connaître une partie de l’énigme. Ils se balancent en gueule des questions, s’affrontent et se rapprochent peu à peu. Le trou dans lequel ils sont coincés les y oblige. Cette partie de ping-pong verbal balance entre agressivité et bons mots, comme en une vaine tentative de comprendre une situation que le hasard leur a imposée. Alors que les paysages autour d’eux, s’estompent puis disparaissent. Ils sont déjà morts sans doute et tout leur dialogue n’est que l’écheveau de souvenirs, de ceux qui défilent, dit-on, avant le grand saut dans le néant : épisodes de la vie familiale, petits tracas du quotidien, amours. Le tout en vrac.

Apprendre à en rire

On doit le texte à François Marchasson, qui tient également le rôle de celui né dans les beaux quartiers. Les échanges vifs, où se mêlent trivialités et réflexions qu’on dira philosophiques pour aller vite, ont pris la trace de Beckett et Ionesco ; et certains éléments de décor ne font pas mystère des influences : un rhinocéros, un fauteuil royal pourpre. L’absurde trame les situations et les dialogues sous-tendant l’interrogation auquel tout être humain est confronté : qu’est-ce que la mort ? Car, en ce bas monde, on ne fait que passer : « passer à la caisse », « passer à la casserole », enfin, « passer l’arme à gauche ». Une réflexion sur des questions qui taraudent, peut-elle sortir de propos triviaux et salaces ? L’Epaule de Dieu en démontre la possibilité. On rit beaucoup, jusqu’à ce que le rire se brise dans l’épouvantable fracas d’un crash d’automobiles. Les deux clowns célestes retrouvent alors leur condition d’homme. Humains avant tout. Mortels. Les deux comédiens (Marchasson donc et Patrick Paroux) se livrent à un duel verbal, façon tir à la mitraillette, de haute tenue, avec précision. Le décor ajoute au malaise que suscite du lieu : une portion d’autoroute qui s’enfonce dans les cintres (pour se perdre dans la voie lactée ?). La ligne jaune pointillée permet de traverser, de se rapprocher ; elle se fait continue ensuite, empêchant tout demi-tour, tout retour à la vie. L’Epaule de Dieu renoue avec le théâtre de l’absurde, de celui qui pose, entre raison et dérision, de façon grave la place des êtres sur la terre.

L’Epaule de Dieu 
Texte : François Marchasson
Mise en scène : Hervé Van der Meulen
Avec François Marchasson : l’un / Patrick Paroux : l’autre
A partir de 16 ans

Dates et lieux des représentations: 
- Jusqu'au 27 janvier 2020 au Théâtre de l’Atalante, paris 18e (01.46. 06.11.90.)
- Du 23 au 26 avril 2020 au Studio-Théâtre d’Asnières