Gagnez 3 x 2 places au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse avec La Grande Parade !

Tentez votre chance avant le 23 novembre en envoyant vos nom, prénom et adresse postale à :

lagrandeparade@lagrandeparade.fr

- See more at: http://lagrandeparade.fr/index.php/le-manege-des-momes/coups-de-coeur/319-fabian-negrin-jouons-avec-les-mots-au-caprice-du-vent#sthash.o4JUph3T.dpuf

Le rouge éternel des coquelicots : deux femmes émouvantes pour un monologue d’une très belle authenticité

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 16 juillet 2019 09:50 Affichages : 251

catherinePar Julie Cadilhac- Lagrandeparade.com/ On pourrait commencer avec cette phrase de Christian Bobin : « Partons de ce bleu si vous le voulez bien… »

Sur scène, au départ, c’est Catherine Germain, la comédienne, au sourire bienveillant et fragile et à la longue chevelure blond vénitienne qui perce dans la pénombre du plateau. Elle nous raconte comment elle en est arrivée à jouer le rôle de Latifa Tir, une vraie femme qui tenait un snack dans les quartiers nord de Marseille. Que c’est la première fois qu’elle incarne quelqu’un qui existe réellement. Que le snack de Latifa allait être détruit bientôt et que cette dernière avait décidé de ne pas regarder l’effondrement des murs et préférait finalement se réfugier dans l’alcôve d’une salle de théâtre…

Latifa Tir, elle habite son snack comme elle habite son corps.

Et puis, progressivement, derrière les yeux bleu clair de Catherine, s'incarne Latifa elle-même. Elle est un peu critique sur des détails de mise en scène et sur les prononciations de mots arabes erronées mais dans l’ensemble, si elle est désarçonnée de se retrouver personnage, ça lui plaît… 

C’est agréable de vous parler…

Commence alors le récit d’une généalogie où il est question d’une figure paternelle, emblématique du quartier d’alors, de ses grands yeux bleus de Berbère et de toutes les étapes d’accession à un bien pour cette famille partie de rien. S’ensuit la narration de la lutte courageuse et déterminée de sa fille qui a repris l’entreprise et a décidé de ne pas ployer face à la machine administrative et policière pour faire valoir ses droits et le respect que l’on doit à son histoire familiale…
Inspiré de conversations avec Latifa Tir, François Cervantès a su restituer, par le biais d’une écriture au phrasé d’une poésie authentique et simple, le parler populaire et sincère d’une femme attachante et pertinente. Derrière les mots, naît tout un quartier, toute une histoire de ces « tours censées être provisoires » où règnent des caïds qui ne reculent jamais et vivent en éclats des familles en pièces détachées. Se dessine le paysage, devenu peu à peu urbain, de ces "Indiens de la colline" à la diversité aussi rieuse que complexe …mais « quand le soir vient, on sent qu’on est dans la même lumière. » Ce « hall de gare » où l’on a été forcé de vivre, en attendant, et où l’on se serre les coudes face à l’adversité et à l’injustice.

Le rouge éternel des coquelicots? Un monologue empreint de sensibilité, porté par une comédienne qui conte de manière émouvante, avec un jeu pudique et retenu, l’histoire de Latifa…dont est sûr de se souvenir… "comme on est sûr du goût du miel."

Le rouge éternel des coquelicots
Metteur en scène : François CERVANTES
Interprète(s) : Catherine GERMAIN
Son : Xavier BROUSSE
Lumière : Dominique BORRINI

Dates et lieux des représentations:
- DU 5 AU 26 JUILLET - RELÂCHES : 10, 17, 24 JUILLET à 22h15 au Théatre 11 ( 11, bd Raspail
84000 - Avignon) - Festival Avignon Off 2019