Gagnez 3 x 2 places au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse avec La Grande Parade !

Tentez votre chance avant le 23 novembre en envoyant vos nom, prénom et adresse postale à :

lagrandeparade@lagrandeparade.fr

- See more at: http://lagrandeparade.fr/index.php/le-manege-des-momes/coups-de-coeur/319-fabian-negrin-jouons-avec-les-mots-au-caprice-du-vent#sthash.o4JUph3T.dpuf

Britannicus : une version jouée par un seul comédien qui ne convainc pas

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 17 juin 2019 21:21 Affichages : 386

britannicus Par Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ Philippe Lebas, à l’origine de ce projet, avait l’envie de jouer seul ce monument pour montrer la complexité des personnages. Le comédien voulait que son interprétation soit un kaléidoscope qui traduise ce que Racine a voulu retranscrire dans son œuvre : un peu de lui et de sa personnalité dans chacun des personnages. L’autonomie de l’acteur devant refléter les oppositions intérieures et les tensions des protagonistes.

L’histoire revisite l’Histoire et le règne de l’empereur Néron. Celui-ci, fils d’Agrippine, gouverne l’Empire avec sagesse jusqu’à se passionner pour Junie, la fiancée de son frère Britannicus, lui-même écarté du pouvoir par sa mère. Agrippine sollicite une entrevue à Néron qui la refuse par l’intermédiaire de son gouverneur Burrhus. Inquiète de perdre le pouvoir sur son fils, Agrippine informe Britannicus du dessein de son frère et l’assure de son soutien, sous l’aval de son gouverneur Narcisse, traitre à la solde de Néron. La tragédie entre frères ennemis commence là.

La mise en scène est simple : de grands drapés blancs matérialisent l’espace et les (rares) projections de lumières font varier la temporalité. Christine Joly, la metteuse en scène, est présente sur le plateau assise sur une chaise pour, conduite en main, souffler le texte. Et cette présence dérange : pourquoi ne pas la masquer par les drapés blancs présents ?
Habillé en noir, l’acteur a pris le parti d’une réplique de la pièce « derrière le voile… » comme apparat : un voilage rouge avec lequel il joue pour changer de personnages. L’absence de décors (un lit romain et des projections vidéo) renforce encore plus la solitude de l’acteur sur l’immensité de la scène.

On ne peut rien reprocher au jeu de l’acteur tant il se déploie pour garder énergie, intensité et diction impeccable sur un texte aussi compliqué par ses vers. Même s’il infléchit la tonalité de sa voix pour changer de personnages, jouer seul une pièce complexe et riche dans son phrasé rend inaccessible la compréhension de la pièce à quiconque ne connaît pas l’intrigue ou la pièce au préalable. Et c’est regrettable car le texte de Racine est profond sur le changement de comportement avec le pouvoir, sur la manière de se défaire d’une emprise maternelle ou de tromper pour s’émanciper.
Le jeu de miroirs entre les deux frères apporte la tragédie avec, à chaque parole, une ambiguïté et une incertitude sur leur (im)puissance dans ce conflit psychologique. Dommage que la naissance du monstre Néron se fasse ici dans un douloureux accouchement.

Britannicus
Auteur : Jean Racine
Avec Philippe Lebas, Christine Joly
Mise en scène : Christine Joly

Dates et lieux des représentations:
- Jusqu’au 31 juillet 2019 à l’Artistic Théâtre ( 45 bis, rue Richard Lenoir, 75011 Paris )