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FASHION FREAK SHOW : les folies de Gaultier ou la revue de mode LGBT

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : mercredi 30 janvier 2019 12:54 Affichages : 335

gaulthierPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ La salle des mythiques Folies Bergères est le lieu idéal pour passer en revue quarante ans de fantasmes de Jean-Paul Gaultier. Durant plus de deux heures de show (avec entracte), en une vingtaine de tableaux, notre petit génie de la mode déboulonne les codes des défilés et invite le spectateur à s'immiscer sous les jupes (pour hommes) de la haute couture toujours en avance sur son temps. Dire que tout a commencé en appuyant sur le bouton on de sa télé en noir et blanc, à l'époque de Dim Dam Dom (pour les plus jeunes : Émission de télévision française destinée au public féminin, diffusée entre 1965 et 1970 sur la deuxième chaîne de l'O.R.T.F). Très tôt, celui qui allait devenir « l'homme à la marinière » a compris que le troisième sexe (transgenre / queer) serait non seulement in mais hipe.  

 

Fashion Freak Show, c'est le genre de spectacle qui donne la pêche, parce qu'il est hors genre, transgenre et open bar... Pour public averti, voir inverti. L'idée est d'imaginer être dans la tête de Jean-Paul Gaultier. Et il s'en est passé des choses dans la caboche de ce blondinet délicat qui, dans les années 70, n'aimait pas jouer au foot et préférait dessiner des robes pour son nounours au décolleté pigeonnant : « Lorsque j'avais neuf ans, ma maîtresse d'école m'avait puni pour avoir fait un dessin pendant le cours. Elle m'a scotché le dessin au dos et fait faire le tour des classes. À ce moment-là, je suis devenu le garçon le plus populaire de l'école et j'ai eu envie de continuer à dessiner », raconte-t-il.
Jamais il n'aurait pu imaginer qu'en inventant les seins coniques, portés par Madonna quinze ans plus tard, il annonçait en quelque sorte l'hyper féminité « agressive » du post féminisme des années 2000, voire même le mouvement LGBT. Si si... Il y a de ça, quand on y songe. Les  corsets et jupes pour homme, dont on se moquait à l'époque, sont devenus des gimmicks qui sont entrés dans le dress-code, même imaginaire, des plus réfractaires. On ne le porte pas mais on sait que ça existe, on finit par l'accepter. Son credo c'est le transgressif non « genré », décidement. Plusieurs danseurs sont androgynes, ou travestis par les costumes, comme le sosie de Conchita Wurst (gagnant de l'Eurovision), ou Nana, son ours devenu Bear (les gays poilus). Il y a même Joséphine Baker, en homme et femme et Catherine et Liliane (de Canal +)...
« Le freak c'est chic », dit la chanson. Avec Gaultier, le monstre est devenu chic oui, sans choquer, car son credo est de montrer que la beauté est partout à condition de la voir et de la mettre en valeur. Quarante ans de culture pop-rock passent sous nos yeux ébahis, grâce à la quinzaine de danseurs et danseuses sexy-virevoltantes, mais aussi au moyen de la vidéo savamment intégrée au spectacle. Car c'en est un ! A tel point qu'on ne sait plus où donner des yeux. La réalisatrice Tonie Marshal et la chorégraphe Marion Motin ont su capter l'essence du travail de l'homme à la marinière, entre ludisme et perfection, érotisme et rigueur artistique. Un couturier qui ne se prend pas au sérieux mais qui travaille sérieusement. D'ailleurs il a beau sourire, le gentil Gaultier, on le sent toujours insatisfait (cf. le documentaire sur le off diffusé sur Canal +). Et pourtant, quel feu d'artifice !
Le Fashion Freak Show embrase et illumine la scène parisienne, portée par la belle énergie d'une troupe de danseurs et danseuses ultrasexys, répétons-le, rejoint pendant une huitaine de jour, fin janvier, par la nouvelle icône des pin-up, Dita Von Teese, venue s'effeuiller avec style et grâce. Si J-P Gaultier a toujours biaisé les codes de la mode, en inventant un style identifiable entre tous, ce n'est pas par esprit de contradiction puérile, c'est parce qu'il était en avance sur son temps. Entouré de ses fidèles amis et soutiens : Line Renaud, Antoine de Caunes, Micheline Presle (mère de Tony Marshalà, Rossy de Palma, Pierre & Gilles, Catherine Ringer, sur des images de Mondino, tout l'univers de Jean-Paul Gaultier est mis en valeur par les chansons de la chanteuse Demi-Mondaine (ex-The Voice), qui sait jouer la crooneuse de charme.
Voilà un show coloré et festif, servi par une bande-son des années 1980, supervisée par Nile Rodgers (fondateur du groupe Chic), qui peut être par moments émouvant, notamment lorsqu'il aborde la mort de son amoureux, tué par le sida et les années Act-Up. Les plus de cinquante ans verront passer leur jeunesse... ça peut rendre nostalgique, même si on n'a pas passé ses nuits au Palace : la bande sonore et le look des années 80-90 sont là. Il est question que la revue du Fashion Freak Show passe par Londres, au Japon et à Las Vegas, d'où la narration en franglais sous-titrée. Logique : il s'agit non seulement d'un spectacle asexué, ou plutôt hypersexué mais sans frontières morales.   

JEAN PAUL GAULTIER FASHION FREAK SHOW
- Jusqu'au 21/04/2019. Théâtre des Folies Bergère : 32, rue Richer 
75009 – PARIS.
Réservation en ligne  : 24h / 24 et 7 jours / 7
Réservation et informations par téléphone
Du lundi au vendredi de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00 (hors jours fériés) : 0892 68 16 50*
Réservation au guichet de la salle : 
Du lundi au vendredi de 14h00 à 18h00 : 32 rue Richer - 75009 Paris
La réservation est possible le samedi, le dimanche et les jours fériés, s'il y a représentation, 1h avant la représentation
Il est prudent de vérifier leur ouverture avant de se déplacer en téléphonant au 0892 68 16 50.