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Lettre d’une inconnue : quand un roman de Stefan Zweig prend vie

Écrit par Victor Waque Catégorie : Théâtre Mis à jour : vendredi 14 décembre 2018 10:50 Affichages : 185

lettresPar Victor Waqué - Lagrandeparade.com/ Chaque nouveau spectacle ressemble pour le spectateur à un jeu bien connu de l’enfance. La joyeuse tête blonde (ici le spectateur assis dans son strapontin) cueille une marguerite, puis arrache chaque pétale blanc de son sépale. Il s’exclame successivement, à la fois curieux et anxieux : « je l’aime, un peu, à la folie, passionnément, pas du tout ». Il y a des spectacles où les dés sont tronqués. Ou plutôt les pétales. Le spectacle « Lettre d’une inconnue » est de ceux là. Tiré du roman de l’incroyable Stefan Zweig, spectacle nominé à trois reprises aux « P’tits Molières », joué dans la salle de spectacle providentiellement nommée « A la folie théâtre », lorsque les derniers mouvements de ce monologue se terminent, que l’obscurité envahit la salle et que les premiers applaudissements éclosent, ne demeure qu’un seul pétale pour qualifier la pièce. On aime à la folie.

 

Tiré du roman éponyme de Stefan Zweig, « Lettre d’une inconnue » est un chef d’œuvre d’écriture. S’appuyant sur un vocabulaire succulent, l’histoire nous plonge dans la vie d’une femme qui tombe follement amoureuse. Toute sa vie durant elle subira cet amour à sens unique.
L’homme est volage. Inconséquent. La jeune femme séduisante n’est qu’une conquête parmi d’autres. Il ne réalise pas l’amour passionné qu’elle lui porte. Un amour magnifique, passionnel. Un amour terrible, coercitif, asphyxiant, malsain. Couchée sur papier par la malheureuse, les mots transmettent avec une précision méticuleuse ses sentiments, en même temps que l’ampleur de son obsession. Pour qu’il sache. Enfin.

L’exploit de cette pièce de théâtre est de maintenir l’intensité d’un roman de haut vol dans le domaine du théâtre. Des mots du roman naît la comédienne. De la comédienne sourdent les mots. A travers une utilisation variée de la scène, le témoignage de cette femme éplorée avance dans le temps et dans l’espace avec fluidité. Parfois s’adresse-t-elle directement aux spectateurs. Parfois entend-on ses pensées meurtries. Parfois écrit-elle depuis son secrétaire à l’aide d’une plume blanche. Parfois se trouve-t-elle dans le salon de l’homme qu’elle n’aura rencontré réellement que trois fois. L’utilisation de la lumière renforce les paroles de la comédienne, autant que la musique qui augmente la violence dramatique des propos.

Si la mise en scène est habile, une pièce de théâtre ne peut fonctionner qu’à partir d’un jeu d’acteur réussi. C’est chose faite avec Laetitia Lebacq, seule sur scène. Pendant plus d’une heure, la comédienne se plonge dans le rôle d’une femme rongée. Avec sa voix fragile aux intonations savamment orchestrées, un corps qui s’affaisse écrasée par la peine, la comédienne se donne complètement, sans discontinuer. Un engagement juste, qui nous transporte dans cette histoire d’une terrible sincérité.

Pièce nominée aux « P’tits Molières » (cérémonie qui récompense les spectacles des petites salles de moins de 150 places) pour la « meilleure comédienne », « meilleur seul en scène », « meilleur scénographie », « Lettre d’une inconnue » le mérite. Nous souhaitons le meilleur à la suite de ce spectacle, en espérant qu’il fleurisse dans les nombreuses petites salles françaises !

Lettre d'une inconnue
De Stefan Zweig
Mise en scène : Laëtitia Lebacq
Avec Laëtitia Lebacq

Dates et lieux des représentations:
- Du 15 novembre 2018 au 27 janvier 2019 à La Folie Théâtre ( 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris ) - Métro : St-Ambroise (ligne 9), Richard Lenoir (ligne 5) - Bus : arrêt Saint-Ambroise (lignes 46, 56)