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Légende d'une vie : quête de sens et d'identité en huit-clos

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : mercredi 20 juin 2018 16:56 Affichages : 358

legende d'une viePar Xavier Paquet - Lagrandeparade.fr/ Un décor simple et feutré : un bureau, une lumière tamisée et un rideau opaque qui donne sur un extérieur que l’on devine. Le décor minimaliste pose les bases du huit-clos qui va se jouer.

L’histoire de Friedrich Franck, jeune poète et fils du prodigieux Karl-Amadeus Franck, légende littéraire décédée et portée aux nues par son épouse et sa biographe Clarissa von Wengen.  Dans quelques heures, il fera la première lecture publique de sa propre œuvre poétique et l’effervescence ainsi que la tension montent.

La pièce se décline en 2 tableaux : le premier symbolise la confession des états d’âme du jeune Fiedrich à Clarissa. Ecrasé par le poids de la filiation, il doit présenter sa propre œuvre dans un milieu qui veut qu’il soit la copie conforme de son père, icône préservée par la société bourgeoise et intellectuelle de l’époque. Face aux réticences qui l’oppressent, Fiedrich s’interroge sur sa capacité à être l’égal du père, à le dépasser et se faire un prénom. Il n’a l’impression de n’être qu’une pâle copie et un modèle réduit préférant l’ombre à la lumière.

C’est là que le deuxième tableau commence et où la complexité de Clarissa apparaît : rongée par le poids des mensonges, elle dévoile petit à petit la vérité sur son père qui n’a pas toujours été le grand homme adulé de tous. Dotée d’une double vie, sa partie obscure refait surface et révèle de lourds secrets de famille.
Petit à petit, Fiedrich apprend à désacraliser la figure du père et à aimer cette version plus humaniste : il tue l’artiste et redécouvre l’homme qui se cache derrière et qu’il se surprend à aimer de nouveau.

D’une grande sobriété, la mise en scène met en avant la beauté et la puissance émotionnelle du texte et la complexité de la condition humaine. L’intégration de la vidéo, images d’époques, apporte finesse et élégance et donne du cachet à l’ensemble. En revanche, on regrette la voix de Patrick Poivre d’Arvor qui n’apporte rien : mal jouée, elle est même à contrecourant de l’interprétation sobre et passionnée des deux comédiens. On peut aussi regretter un petit manque de rythme, dû à l’adaptation du texte original : passant de 6 à 2 personnages, l’absence de nouvelles entrées rend plus faible les rebondissements.

Il n’empêche que le huit-clos en duo fonctionne parfaitement et favorise la puissance dramatique et la confidence intime. Les questionnements de la pièce restent intemporels : la recherche d’identité, nos contradictions intérieures et le regard des autres qui pèsent sur nos décisions et notre liberté. Face à la pression sociale, comment suivre sa propre trace ?
Une quête de sens fortement d’actualité pour devenir enfin soi-même !

Légende d'une vie
Auteur :Stefan Zweig

Avec  Caroline Rainette, Lennie Coindeaux

Metteur en scène : Caroline Rainette
Durée : 1h10

Dates et lieux des représentations: 

- Jusqu'au 26 août 2018 au Lucernaire ( 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris)