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Magnétique Revizor : la mise en scène de Ronan Rivière séduit

Écrit par Marie du Boucher Catégorie : Théâtre Mis à jour : samedi 10 octobre 2015 14:52 Affichages : 1683

Le RevizorPar Marie du Boucher - Lagrandeparade.fr/ Au départ, comme souvent au théâtre, il y a un quiproquo. Le Gouverneur de la province a eu ouïe de l’arrivée d’un inspecteur – le Revizor. Un jeune homme, Khelstakof, fauché mais drapé d’un beau costume est pris pour celui-ci. Dont acte. Le quiproquo va durer toute la pièce, malgré les dénégations du jouvenceau au début ; à l’arrivée du Gouverneur dans sa chambre, il craint surtout de se faire jeter en prison pour dettes, alors que celui-ci vient lui graisser la patte. Khelstakof ne tardera pas à réaliser ce qui se trame et à profiter alors de la situation.

 

Le Revizor, c’est l’histoire d’une escroquerie, puisque le damoiseau finit par voler le Gouverneur et ses conseillers, ainsi que le cœur de sa fille. On retrouve ici un thème cher à la littérature russe : celui de la jeune oie blanche séduite par le premier inconnu venu, alors qu’elle a grandi enfermée dans sa chambre à lire des histoires d’amour (comme par exemple dans La Sonate à Kreutzer de Tolstoï). On respire dans cette pièce un des topoï de la littérature russe , de Pouchkine à Dostoïevski : le plaisir du jeu. Khelstakof est un joueur en effet, de cartes d’abord, et de la vie qu’il flambe sans travailler, en se faisant passer pour un grand de Saint-Pétersbourg. Cette usurpation magnifique finit presque par marcher (il est sur le point d’épouser la fille du Gouverneur), grâce à son talent d’acteur. Ici la fiction rejoint le réel. Ronan Rivière, le metteur en scène et comédien qui incarne Khelstakof, emporte l’adhésion. Sa présence sur scène est magnétisante. Dès qu’il arrive, le spectacle prend une autre dimension. Et l'on se prend à rêver à la vie de ce jeune homme, passé par le studio d’Asnières et diplômé de l’ESSEC ! Quel parcours, et finalement quel succès ! C’était la cent-deuxième représentation de Revizor hier soir, auquel on prédit une grande longévité.

On rit beaucoup, pendant le Revizor, les situations cocasses s’enchaînent. Mais l’auteur prévient – à un moment où le public rit un peu fort – que c’est de nous dont il s’agit dans cette fable sur la vanité humaine. Chacun voit ce qu’il veut croire. Et chacun est menacé par l’irruption immanente de ce Revizor dans nos vies, qui vient traquer nos secrets, comme un amoureux trahi ou un chef inquiet. Cette manière de couper l’herbe sous le pied est donc récurrente, comme dans cette scène – la meilleure – où l'un des conseillers du Gouverneur demande à Khelstakof de mentionner son nom aux sénateurs, puis (il s’emporte), à l’Empereur ! Là, c'est la musique qui vient couper net cette envolée. Le spectacle en effet est autant une mise en musique qu’une mise en scène puisque le piano accompagne les dialogues. L’équilibre parfait a été trouvé entre les voix et l’instrument. Et la musique, là aussi, rappelle l’âme russe (certains se souviendront de cette très belle adaptation des Trois Sœurs par Valeria Bruni-Tedeschi diffusée sur Arte tv il y a peu de temps).

Comédie tragique, on peut se demander si ce n'est pas de lui-même dont Gogol parle au travers de Khelstakof, ce personnage de rond de cuir prétendant faire de la littérature. Le dramaturge a en effet fui en Allemagne en 1929 sous couvert de divers mensonges après ses échecs littéraires à Saint-Pétersbourg...

Le Revizor, une pièce qui emporte l'adhésion!

Le Révizor

Auteur : Nikolaï Gogol - Traduction : Prosper Mérimée
Mise en scène : Ronan Rivière et Aymeline Alix
Avec : Michaël Cohen (Bobtchinski), Ronan Rivière (Khlestakov), Jérôme Rodriguez (Dobtchinski), Christelle Saez (Maria), JeanBenoît Terral (le Gouverneur), Louis Thelier ou Philippe Suberbie (Osip), Olivier Mazal ou Alexandre Zekri au piano.
Musique : Léon Bailly
Scénographie : Antoine Milian
Costumes : Elsa Fabrega
Lumières : Xavier Duthu

Le Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-Champs • 75006 Paris
Réservations : 01 45 44 57 34
Site du théâtre : www.lucernaire.fr
Du 26 août au 11 octobre 2015, du mardi au samedi à 20 heures et dimanche à 17 heures
Durée : 1 h 25
26 € | 21 € | 16 € | 11 €