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Gros Câlin : une belle interprétation du premier roman de Romain Gary

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 15 janvier 2018 19:13 Affichages : 714

gros calinPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.fr/ Une chambre, blanche et impersonnelle, peu éclairée, agrémentée d’un bidet et d’un écran projetant des extraits de Charlie Chaplin. Un décor sobre à l’image de celui qui y loge : Mr Cousin, statisticien célibataire. Une vie tranquille et rangée mais une vie extrêmement solitaire et une souffrance d’avoir ce manque à combler dans une société qui ne tolère pas cette solitude.
C’est pour combler ce besoin d’aimer et d’être aimé qu’il s’entiche et s’entoure d’un python comme compagnon pour lui apporter réconfort physique et mental. Compagnon on ne peut plus encombrant pour se faire accepter en société et pour chercher l’amour. Un amour impossible !

J’ai tellement besoin d’une étreinte amicale que j’ai failli me pendre.

Dans sa quête d’affection, le personnage et son python nous entraînent dans une série d’évènements et de rencontres : prêtre, commissaire, voisin, collègue de travail. Une critique de la société matérialiste à travers ces portraits. Et une évolution de la personnalité de Mr Cousin comme le fantasme qu’il voue à sa collègue, Mme Dreyfus, et dont il interprète les paroles et gestes comme une preuve de son attachement. Ou comment l’anodin devient extraordinaire à ses yeux : « la tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres »

On retrouve toute la beauté, la finesse, et l’humour absurde de Romain Gary dans son premier livre signé de son nom d’emprunt Emile Ajar : une satire grinçante et émouvante d’une époque mettant en évidence la pauvreté des relations humaines, l’isolement affectif et la souffrance au travail.
Ce texte est superbement porté par Etienne Durot, qui, seul sur scène, colore tous les personnages qu’il interprète et accompagne le héros dans sa mue par sa justesse et son énergie. Les effets vidéos et la musique live viennent ponctuer ce tableau avec parcimonie.

La pièce met en lumière la perte d’identité et de repères face au refus, au rejet et à l’incompréhension de la société : elle questionne sur pourquoi changer de peau au fur et à mesure que Mr Cousin mue, prenant des traits animaux et bestiaux.

J’aurai voulu être quelqu’un d’autre, j’aurai voulu être moi-même.


Comme un symbole de la propre métamorphose de l’auteur devenant écrivain caché sous le pseudonyme Ajar.

Dans ce dédoublement, le personnage revendique un combat et une lutte face au conformisme, à la violence de la vie, à la solitude et au regard de l’autre.
L’animalité dans un monde civilisé. La tendresse comme aveu de faiblesse.

Gros Câlin 
D'Emile Ajar (Romain Gary) 
Avec  Etienne Durot, Yanal Zeaiter
Metteur en scène : Julie Roux

Dates et lieux des représentations : 

- Jusqu'au 28 janvier 2018 au Ciné 13 (1, avenue Junot, 75018 Paris)