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Rien, plus rien au monde : une femme au-delà de la crise de nerfs

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 13 décembre 2016 21:56 Affichages : 1958

RienPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/  Une femme plutôt jolie parle au public de manière légère au début. On rigole même de ses anecdotes. Elle raconte son quotidien dans une cité HLM. Ça tourne beaucoup autour de l’argent dont elle manque et de ses regrets. Elle boit pour oublier ses soucis et soudain le ton monte. On remarque alors que sa robe est tout même très rouge. Mais est-ce du sang sur ses jambes ? Puis, dans la conversation – si l’on peut dire - elle nous apprend incidemment qu’elle vient de tuer la « petite », comme elle dit… Sa fille, quoi, de vingt ans, qui l’agace tellement, mais sans le faire exprés évidemment. Elle n’y croit pas elle-même d’ailleurs. Mais bientôt la police est à la porte. Tout est vrai. On rit jaune parce que ce qu’elle vit et raconte est d’une tristesse infinie. C’est le récit d’une femme qui « perd » sa vie en faisant des ménages chez des bourgeoises qui savent vivre elles…. puisqu’elles consomment des produits chers donc de qualité (elle a testé). Une femme simple qui regarde trop la télé et s’enfonce dans la folie. Un texte dit avec une grande conviction par Amandine Rousseau. Un « seule en scène » à eviter en cas de dépression, ou si vous avez des problèmes d’argent, parce que ça cogne.

C’est l’adaptation théâtrale d’un court roman de 50 pages de de Massimo Carlotto, l’un des plus brillants auteur de romans noirs et l’un des écrivains italiens contemporains les plus lus de nos jours. Son travail passionne autant par son analyse sociétale que par la finesse de son humour. Ecrit à la façon d’un monologue intérieur « Rien, plus rien au monde » est un appel au secours au milieu de nulle part. Il met en scène une femme de la classe ouvrière confrontée à ses échecs ; ceux de son accession sociale, de sa solitude et de sa fille, qu’elle aurait préféré voir sur le plateau de son émission de téléréalité favorite plutôt qu’au bras d’un immigré qu’elle va jusqu’à dénoncer aux flics... Fabian Ferrari a su l’adapter en Français puiqu’il est question des communistes, de la CGT, du FN et on pense très fort à Marine Le Pen. Un personnage à ne surtout pas perdre de vue, clin d’œil à une émission de télé-réalité citée dans la pièce.
rien au mondeEn évoquant les thèmes des promotions au supermarché, de la télé-réalité, du chômage, de l’immigration, des rêves de lendemains meilleurs comme de l’exutoire de l’alcool, Massimo Carlotto parvient à décrire avec un cynisme subtil la vertigineuse solitude de l’être humain, ainsi que l’écrasant poids de notre société de consommation sur la classe ouvrière. En brossant le portrait d’une mère de famille emprisonnée dans une vie sociale et économique désespérante, il décrit, entre caricature et réalisme, un enfer confondant.
Ancienne éducatrice spécialisée, Amandine Rousseau donne une énergie particulière au personnage. A la fois pathétique et drôle, fort et faible, ou froid et sensible, son personnage embarque, malgré toute son horreur, le spectateur dans son naufrage. Simple et directe, la mise en scène de Fabian Ferrari se met au service de la narration immédiate du texte afin que le spectateur n’en perde pas une miette. Ici pas de lyrisme, pas de quatrième mur, aucune caricature mais une adresse franche, frontale et spontanée. Du théâtre réaliste, façon Ken Loach au cinéma, sans être manichéen et dans le pathos. Du spectacle vivant qui remue les tripes. Un regard lucide sur le monde oublié des exclus. Un monde qui s’élargit de plus en plus et qui nous concerne donc tous. Le genre de pièce qui donne à réfléchir sans être didactique et ennuyeux, nous insistons. En filigrane, c’est l’état social de l’Europe que nous observons. Et les élections approchent à grand pas…

Rien, plus rien au monde de Massimo CARLOTTO.
Durée du spectacle : 1 h
Avec Amandine ROUSSEAU
Mise en scène : Fabian FERRARI


- Jusqu’au 26 décembre 2016 le dimanche 15 h / le Lundi 20 h . Succès et prolongations ! : Tous les dimanches à 15h du 8 janvier au 29 janvier 2017 au théâtre de la Contrescarpe( 5, rue de Blanville – 75005 Paris )

www.theatredelacontrescarpe.fr - Tel : 01 42 01 81 88

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