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Jasser Haj-Youssef et Piers Faccini
 : une très mélodieuse confrontation entre deux sensibilités musicales

Écrit par Dominique Flacard Catégorie : Lyrique Mis à jour : mercredi 27 mars 2019 12:44 Affichages : 832

piersPar Dominique Flacard - Lagrandeparade.com/ Une rencontre entre une viole d'amour, un chanteur et deux guitares, une acoustique et une électrique pour la grande satisfaction de l'auditoire, conquis par des sonorités inattendues qui se mêlent les unes aux autres et enrobent les différentes compositions de saveurs mystérieuses.

Le répertoire est éclectique tant sur le plan historique que géographique : des pièces médiévales, Le lamento de Tristan, Lamma Bada, des chants traditionnels, Tranieri, La rosa enfloresce, des compositions actuelles signées par les deux interprètes, Jasser Hadj Youssef et Piers Faccini s'enchaînent par mutation d'éléments musicaux. Une impression de paix s'instaure au cours du concert tant les amalgames musicaux fusionnent avec souplesse.

Le chanteur, Piers Faccini, qui s'accompagne tantôt à la guitare acoustique, tantôt à l'électrique, utilise tous les registres de sa voix, que l'on découvre dans « A new morning », second morceau du concert après « Résonance » une composition de Jasser Haj-Youssef, à la viole d'amour. Des sons tenus, un peu voilés, qui deviennent le bourdon accompagnant une mélodie descendante avec des intervalles orientaux, des harmoniques auxquels répondent les graves avec des inflexions arabisantes, un passage en pizzicati au caractère improvisé, voilà les ingrédients qui animent cette première pièce, Résonance, au caractère polyphonique. Une belle maîtrise d' un instrument mélodique qui donne l'impression d'une pluralité instrumentale alors qu'il s'agit d'un solo au caractère intérieur dans lequel les motifs musicaux émergent de la résonance du son ou des sons précédents. Cette recherche sur le timbre est manifeste tout au long du concert. Il arrive, avec sa viole, un instrument à cordes, à archet, à évoquer, à imiter le ney, instrument à vent, dont la sonorité voilée avec un peu de souffle est porteuse de mystère voire de mysticisme. L'empreinte spirituelle est prégnante. Une force contenue habite les improvisations, les interventions qui complètent et enrichissent les chants interprétés par Piers Faccini avec beaucoup d'émotion. Un rythme répétitif, tenu par le chanteur, nous emmène vers son intervention a cappella du chant "A new morning"; nous reconnaissons le caractère plaintif et lancinant du Blues. Les instruments interviennent ensuite pour soutenir la voix et enrichir le discours musical qui se termine sur une improvisation arabisante du mot "money". « Wait by the water », troisième morceau pour viole et guitare nous plonge dans du temps arrêté et mystique. L'accompagnement répétitif de la guitare, qui met en valeur l'intervalle de la quinte, les mélismes, les appogiatures ascendantes puis descendantes, vibrantes, de la viole, sa sonorité proche de celle du ney, créent une ambiance prenante, quasi envoûtante qui prend peu à peu vie grâce à la mélodie qui se déploie vers l'aigu. L'intervention de la voix, dans le registre grave, accentue le caractère étrange et profond de cette composition signée des deux musiciens.
Un beau moment à l' écoute de « Lama bada » et "La rosa enfloresce", chants connus et appréciés de tous. L'enrichissement progressif des motifs joués par la viole leur insuffle une nouvelle vie, l'interprétation vocale de Lama est inattendue car très intérieure. Celle de la Rosa est juste car pudique. C'est un beau moment de poésie que nous offre Pier Faccini avec son chant « l'oiseau » qu'il introduit en s'accompagnant avec un tambour sur cadre, proche du bendir ou du bodran.

Une rencontre entre deux musiciens, inspirés, qui proviennent d'univers musicaux différents. L'un, né en 1970 à Londres, d'un père italien et d'une mère anglaise, est un digne représentant des singer-song writers et joue un folk subtil. L'autre, né en 1980 à Sousse, violoniste, compositeur, musicologue est l'unique musicien à jouer de la musique orientale et du jazz à la viole d'amour. Il serait inexact de considérer leurs prestations, leurs compositions comme des musiques métissées. Elles résultent davantage d'une confrontation entre deux sensibilités subtiles et sagaces qui donnent un éclairage et un souffle nouveaux aux compositions et aux chants interprétés.

Jasser Haj-Youssef et Piers Faccini

Concert réalisé en partenariat avec la caravane Arabesques 
Jasser Haj Youssef : viole d’amour
Piers Faccini : guitare et chant

Dates et lieux des concerts: 
- Le 22 mars 2019 à l'Opéra comédie de Montpellier - Opéra Orchestre National de Montpellier