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Bartabas : "L'univers poétique et désabusé de Tom Waits me correspond bien"

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Cirque Mis à jour : jeudi 14 avril 2016 10:09 Affichages : 5037

BartabasPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Bartabas revient sur scène avec le théâtre équestre Zingaro dans « On achève bien les anges »,  une chevauchée onirique, aussi engagée que poétique, aussi lumineuse que sombre. Où plonge-t-il le spectateur si ce n’est peut-être au sein même de la Terre, dans le cratère d’un volcan? Y paradent des anges, des clowns felliniens et…de superbes montures forcément, créatures fascinantes dont le souffle et le coup de sabot ouvrent des parenthèses de suspension, aident l’Homme à s’envoler l’espace de quelques minutes volées à la réalité bien sombre d’un monde qui s’embourbe dans une absurdité qui le dépasse.

Nous sommes très heureux - et honorés - de recevoir à La Grande Parade Clément Marty dit Barbabas, écuyer, pédagogue, metteur en scène et scénographe français, fondateur du spectacle équestre Zingaro et responsable depuis 2003 de l'Académie du spectacle équestre de Versailles.

Avant Élégies, votre précédent spectacle se nommait "Calacas" et s'inspirait de la fête des morts mexicaines....les élégies sont au sens étymologique des poèmes adaptées à l'évocation d'un mort, à l'abandon, à l'absence...L'omniprésence de ces thématiques funèbres sur ces dernières années de création s'explique-t-elle uniquement en écho avec l'actualité?
Pas particulièrement, d’ailleurs cette vision funèbre de la mort est très occidentale. La fête des morts au Mexique est très festive, la population mange, chante et danse sur les tombes pour honorer ses disparus. La mort n’est pas quelque chose de macabre pour toutes les cultures. Au delà de ça, à l’instar de certains grands poètes, il est parfois plus facile de créer dans la douleur que dans la joie.

" Élégies" a pour sous-titre: " On achève bien les anges", un clin d'œil au roman américain d'Horace McCoy " On achève bien les chevaux"...Quelles ont été vos autres sources d'inspiration pour cette création?
C’est effectivement un clin d’œil à l’œuvre de l’écrivain, même si le spectacle a peu de chose à voir avec le livre de 1935. A l’origine, le titre devait être formé d’un unique mot de 7 lettres (comme toutes les créations de Zingaro), mais en janvier 2015 alors que nous commencions les répétitions, la tuerie de Charlie Hebdo m’a fait ajouter à « Élégies » une mention plus évocatrice.

"On achève bien les anges" résonne comme un hommage à un monde qui s'éteint, évoque de façon terrible la destruction des rêves, du ciel, des illusions ...Avec vos propres mots, que vouliez-vous raconter ce spectacle?
Je ne crée jamais avec l’idée de vouloir raconter une histoire précise. Pour « on achève bien les anges » je me suis souvenu de mes débuts à Nîmes. Je passais beaucoup de temps aux abattoirs où de nombreux chevaux attendaient la mort dans un corral, c’est ce qui m’a donné l’impulsion de départ. Ensuite les tableaux s’enchainent en laissant au public la possibilité d’y voir ce qu’il veut en fonction de sa culture et de son vécu.

Vos créations sont toujours intensément poétiques...Comment naissent les divers tableaux de vos histoires? De vos cauchemars? Sur des carnets de croquis? Lors de vos balades en selle? Pourriez-vous nous dire un mot des chevaux et des artistes-cavaliers qui interpréteront "Elégies"?
A zingaro, on vit avec les gens et les chevaux. Ce sont d’eux que naissent les idées qui permettent de construire le spectacle. Chacun apporte ses aptitudes particulières, qu’il soit homme ou cheval. Pour « On achève bien les anges », c’est aussi les textes de Tom waits et sa voix rocailleuse, que j’écoute depuis plus de trente ans, qui ont amené les personnages.

BartabasDiriez-vous que cette poésie intrinsèque est indissociable de votre essence de cavalier ? Que la poésie nait peut-être au cœur des heures patientes durant lesquelles vous travaillez avec les chevaux? De votre contact permanent avec leur énergie animale et "primitive"?
Elle est en tous cas indissociable de la perception que j’ai des cavaliers et des chevaux ainsi que des compétences présentes en chacun. Alors bien sûr, des heures de travail et d’observations peuvent naître certains tableaux de la pièce.

Le cheval a toujours eu une place particulière dans l'imaginaire : licornes, Pégase ailé, Sleipnir aux huit jambes, centaures...Vous qui les côtoyez sans cesse, sauriez-vous formuler avec vos mots pourquoi ils fascinent tant les hommes et ont suscité ces inventions chimériques?
Ces mythes qui appartiennent à l’imaginaire collectif sont pour la plupart connus en occident depuis l’antiquité grecque et sont en partie issus du chamanisme oriental. La place du cheval, indispensable à l’homme dans ces civilisations anciennes, a peut être aidée l’imagination humaine à aboutir à des animaux encore plus fantastiques qu’ils ne le sont déjà.. Imaginez ce que je pourrais faire en spectacle avec un cheval ailé…

Vous êtes présent sur la piste, dans "Élégies", en ange aux ailes cassées...parce que vous souhaitiez manifester de manière ostentatoire votre désespoir face à l'absurdité de cette année 2015 qui vient de s'achever?
J’ai pris le temps ces dernières années de me recentrer sur des projets plus personnel comme dans « Golgota » où j’apparais au coté du danseur de flamenco Andrès Marin. Mais cette absence au sein des spectacles zingaro a semble t-il généré une sorte de nostalgie, j’ai senti que c’etait le moment de revenir. J’ai toujours dit que je ne manquais pas à Zingaro, mais peut être que je manquais un peu aux gens. Et puis, accompagné des chanson de Tom Waits, je ne reviens pas tout seul. Son univers poétique et désabusé me correspond bien.

Comment est née l'image de ces clowns blancs aux allures de boucher qui défilent en fanfare...?
Il y a quelques années, Cabu m’avait croqué en direct lors d’une émission télé. On me voyait sortir en courant d’une boucherie chevaline avec un cheval sur le dos. J’ai grandi avec cet humour qui est aussi celui de Charlie et ces clowns bouchers sont peut être mon hommage à Cabu.

Enfin, quel est le rôle des chevaux dans cette histoire de l'humanité décadente? Celui de victime, de témoin impuissant, d'albatros aux ailes de géant qui ne peuvent survivre sur cette terre fangeuse?
Je les vois plutôt comme des êtres puissants et fiables sur lesquels notre humanité décadente peut justement s’appuyer et tirer sa force dans les moments difficiles. Toujours présents et toujours fidèles dans leurs relations, sans bassesse et faux semblants.

On achève bien les angesON ACHÈVE BIEN LES ANGES - (élégies)
Une création du Théâtre équestre Zingaro

Conception, mise en scène, scénographie : Bartabas


Musique (liste non exhaustive) : Tom Waits, Olivier Messiaen, Sergueï Prokofiev, Johann Sebastian Bach, Jean-Louis Florentz, Thierry Escaich, …


Tout public - A partir de 7 ans

Crédit-photo : Hugo Marty

Dates des représentations:

- A partir d'octobre 2015. Création au Théâtre Zingaro - Aubervilliers - 4 mois de représentation
- Du 26 mars au 24 avril 2016 - Le QUARTZ - Scène Nationale de Brest au Parc de Penfeld
- Du 03 au 22 mai 2016 - La Coursive - Scène Nationale de La Rochelle au Parc des Expositions
- Du 11 juin au 10 juillet 2016 - Sortie Ouest - Béziers  - sortieOuest - domaine de Bayssan le Haut, route de vendres - 34500 Béziers dans le cadre du Printemps des Comédiens

 

13 avril 2016
13 avril 2016