Scary Stories : les effroyables créatures d’ André Øvredal

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Cinéma Mis à jour : mercredi 21 août 2019 11:28 Affichages : 335

scary storiesPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Réalisateur, scénariste et producteur, Guillermo Del Toro ne cesse de le dire et de le répéter : il est fan absolu des histoires du journaliste et écrivain américain Alvin Schwartz (1927- 1992). Ainsi, le cinéaste a récupéré un projet qui traînait chez CBS depuis 2014. Mieux : il s’en est emparé en 2016, en se chargeant de la production et en écrivant le scénario avec Dan et Kevin Hageman. Résultat sur les écrans : « Scary Stories » (en VO : « Scary Stories to Tell in the Dark »). Des histoires effrayantes à raconter dans le noir…

Del Toro suffisamment occupé, la réalisation de ce long-métrage avait été offerte à John August (scénariste de « Big Fish »- 2004, et « Charlie et la chocolaterie »- 2005, deux films de Tim Burton). Finalement, l’affaire a été confiée au Norvégien André Øvredal, auteur jusqu’alors de quatre films dont « The Troll Hunter » (2010) et « The Jane Doe Identity » (2016). L’enjeu, imposé au cinéaste scandinave : transposer sur grand écran la série de livres en trois tomes de Schwartz, toute emplie d’histoires qui rappellent l'oralité des légendes de feu de camp et se prêtent parfaitement à l’étude des mythes horrifiques, et insuffler un air frais sur le genre du film d’horreur. A sa sortie récente outre-Atlantique, le film a immédiatement occupé le Top 3 du box-office. Y aurait-il donc déjà, en Amérique du nord, un phénomène « Scary Stories », une série de livres, rappelons-le, qui dans les années 1990 avait été grandement déconseillée dans les écoles en Grande-Bretagne au prétexte que sa lecture terrorisait les enfants ?...
Bon serviteur du cinéma, André Øvredal n’a pas cherché à impressionner le spectateur. Conseillé par Guillermo Del Toro, il a joué l’honnêteté et la fidélité à l’œuvre de Schwartz dans laquelle s’incarnent de sombres légendes urbaines et des contes folkloriques que se racontent les gens le soir pour s’amuser à se faire peur. Ainsi, on se retrouve dans un manoir abandonné. Il y a un groupe de jeunes, ils tombent sur un livre qui a appartenu à une jeune fille morte depuis longtemps et qui raconte des histoires terrifiantes, effrayantes. Mieux (ou pis ?!) : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… Conséquence : voisine du manoir, la petite ville va alors devoir affronter une vague de morts particulièrement atroces. Et chaque personne devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage. Ainsi, avec « Scary Stories », André Øvredal se pose, même si jusqu’alors il était réputé bon artisan du 7ème Art, comme un réalisateur sur lequel il faudra compter, dorénavant, pour les films d’horreur, genre sur lequel il fait souffler un air nouveau. Le site ecranlarge.com a posé la question : comment faire naître la peur ?, cherchant des réponses dans le film réalisé par le Norvégien : « Si Øvredal ne déteste pas faire bondir son spectateur, les techniques dont il use pour bâtir le suspense précédant l’horreur s’avèrent plus complexes, citant notamment Fincher et Hitchcock pour leur sens du cadre et leur soin méticuleux de la composition des images, plus que le mouvement de la caméra. Rejetant la caméra à l’épaule, pour lui préférer des plans souvent fixes, très stables, lui donnant le plein contrôle sur l’intérieur de l’image, Øvredal pense d’abord en technicien maître de ses effets ».
Autre point du décodage : « Chez André Øvredal, l’horreur ne provient pas du hors champ, mais au contraire du cœur du plan, et du fait qu’il semble bien impossible de s’en évader, la source de la terreur étant toujours visible, impavide, quelque soit l’angle choisit ». Mieux encore : en plaçant le récit et le film en 1968 durant la guerre du Vietnam, Øvredal ne manque pas de glisser quelques touches à caractère politique. Ainsi, sous le prétexte du film d’horreur, il peut glisser qu’à cette époque-là, tout comme les personnages de « Scary Stories », l’Amérique a perdu de son innocence…

Scary Stories
21 août 2019
Durée : 1 h 51 min
Réalisateur : André Øvredal
Scénario : Dan Hageman, Kevin Hageman, Guiillermo Del Toro.
Avec Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush,…