La machine de Léandre – suivi de La chasseuse de livres : une nouvelle plongée dans l’univers original d’Alex Evans, au coeur d’une enquête mouvementée

Écrit par Sylvie Gagnère Catégorie : Science Fiction & Fantasy Mis à jour : dimanche 22 septembre 2019 20:01 Affichages : 151

leandrePar Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Un court roman, suivi d’une longue nouvelle, voici le menu du dernier opus d’Alex Evans. On replonge dans son univers, un monde où la magie, après avoir disparu pendant plusieurs dizaines d’années, fait sa réapparition. Mais les hommes ont oublié l’essentiel de leur savoir, et la manipuler, l’utiliser, s’en protéger est un vrai casse-tête, entre industriels véreux qui souhaitent la confisquer à leur profit, scientifiques acharnés à retrouver les connaissances perdues, fanatiques qui l’ont déclarée hérétique…

 

Dans La machine de Léandre, Constance Agdal, notre héroïne, est une excentrique professeure de sciences magiques, qui n'aspire qu'à une chose : se consacrer à ses recherches et laisser derrière elle son passé. Elle a dû batailler ferme pour gagner sa place, et rien n’est facile pour une jeune femme pauvre, dans un milieu scientifique peu enclin à considérer la gent féminine. Mais lorsqu’un démon apparaît dans un grand magasin, semant la panique, et que son collègue disparaît alors qu'il travaillait sur une machine légendaire, sa vie devient très compliquée ! Constance fait la connaissance de Philidor Magnus, un inventeur aussi charmant qu'énigmatique. Elle rencontre également un séduisant (et envahissant !) incube, se retrouve poursuivie par un industriel sans scrupules et aux prises avec une chasseuse redoutable…

Le rythme enlevé, les rebondissements en pagaille, la plume alerte, les touches de poésie des poèmes magiques et l’humour d’Alex Evans sont autant d’atouts qui rendent la lecture très divertissante. L’originalité de cet univers tient à cette magie qui apparaît et disparaît, obligeant les hommes (et l’autrice !) à s’adapter. Elle taille aussi des personnages féminins de caractère, attachants, fiers, volontaires et pleins de ressources. Ce court roman l’est un peu trop, court, et l’on reste un peu sur sa faim, malgré une fin drôle et bien trouvée.

La chasseuse de livres raconte l’histoire de Cassandra, une jeune étudiante qui rédige sa thèse, enfermée dans un bureau-placard du laboratoire de paléographie thaumaturgique. Même univers, où la magie fait sa réapparition après une extinction de près de quatre siècles. Les objets magiques sont convoités par de nombreuses personnes, plus ou moins bien intentionnées, et se monnayent une fortune, rendant leur quête souvent fort dangereuse. Sans compter que certains artefacts recèlent une puissance incommensurable, qui peut s’avérer très périlleuse. La jeune femme se lance à la recherche d’un livre occulte légendaire, qui compilerait les sorts, rituels et enchantements des chamanes d’avant la disparition du Pouvoir. Mais son cousin éloigné, Quintus, et le chasseur Dia Marra semblent eux aussi bien décidés à se procurer l’ouvrage, à n’importe quel prix. La nouvelle s’insère dans cet univers si particulier d’Alex Evans, et permet d’en comprendre un peu mieux les rouages. La lecture est plaisante, et si le triangle quasi amoureux n’apporte pas grand-chose à l’histoire, le rythme est enlevé et la chute savoureuse !

La machine de Léandre – suivi de La chasseuse de livres
Autrice : Alex Evans
Éditions : Actusf
Collection : Bad Wolf
Parution : 6 septembre 2019
Prix : 18 €