Pauline

« Le joueur et son ombre » de Brice Matthieussent : gloire et déchéance…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans français Mis à jour : mardi 20 août 2019 07:36 Affichages : 364

mathieuPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Bienvenue sur le court ! Là où peuvent s’écrire les destins magnifiques… et aussi les plongeons dans les bas-fonds. Là où se racontent des histoires de gloire et de déchéance… Voilà donc « Le joueur et son ombre », le nouveau roman de Brice Matthieussent- l’un des traducteurs les plus réputés de France avec plus de 200 traductions (anglais et américain) à son CV. Bien sûr, et on ne peut ni dire ni écrire le contraire, le thème développé par Matthieussent n’est pas nouveau tant en sport qu’en littérature. Mieux (ou pis ?), les exemples sont nombreux. Alors, on lit : « J’ai été joueur de tennis professionnel. Presque dix ans. Je détiens le record du match le plus court de toute l’histoire de ce sport : vingt-sept minutes et dix-huit secondes, perdu 6-0, 6-1 au tournoi d’Indian Wells, en Californie, contre un joueur médiocre mais imperturbable… » Des mots de Chris Piriac- à 20 ans, il a été le meilleur joueur de sa génération. Un génie, assurait le monde du tennis- un génie formé, modelé à la dure par un père exubérant et bling-bling. Aucun doute, Piriac serait la prochaine superstar du monde du tennis. Alors, on l’a fêté partout où il passait- il s’est laissé prendre par le mirage, par le cocktail alcool- drogues- sexe… Vite, il va craquer, les mauvais résultats vont s’enchaîner- et là, tel un héros dostoïevskien, il cultivera l’art de la défaite. Pour mieux revenir au sommet ? Peut-être, mais surtout saura-t-il se défaire de l’emprise de Tonio, cet adversaire qu’un jour il a frappé ?

Le joueur et son ombre
Auteur : Brice Matthieussent
Editions : Phébus
Parution : 15 août 2019
Prix : 18 €

Extrait:

« La menace de mon père soulignait surtout son incapacité à concevoir une alternative à la violence- la sienne ou la mienne- en dehors du recours à une discipline de fer destinée à anéantir toute velléité de rébellion, à mater la bête immonde ».

« J'ai repris conscience entre deux eaux. Immobile, en apesanteur, j'ai ouvert les yeux dans le liquide vert turquoise où, bras et jambes écartés, je coulais lentement. Au lieu de m'inquiéter, cette sensation m'a procuré un délicieux soulagement, une quiétude inespérée, que j'ai désiré goûter le plus longtemps possible ».