Pauline

K.O. : un premier roman célinien d’Hector Mathis

Écrit par Félix Brun Catégorie : Romans français Mis à jour : mercredi 10 octobre 2018 23:00 Affichages : 123

KOPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/  Les grandes villes européennes et Paris en particulier, sont la proie des attentats. Les policiers et les militaires occupent les espaces publics, un véritable état de siège. DE quel terrorisme s’agit-il ? Quel idéal, quelle religion arment le bras de cette folie meurtrière ? Sitam fuit, rencontre Capu et tombe amoureux…leur errance va les mener vers un ami d’enfance de Sitam , Benji qui lui trouve un boulot de serveur dans le bar-restaurant d’une matrone au doux prénom d’Agnès, mais « cougard » et alcoolique de surcroit… ! Benji tente de faire main basse sur le magot d’Agnès…une fusillade s’ensuit…Sitam et Capu reprennent leur odyssée à travers l’Europe pour atteindre Amsterdam où Sitam devient ouvrier dans une imprimerie. Il est passionné de jazz et de littérature, et rêve de publier son premier roman, qu’il ne parvient pas à terminer… Et puis surgissent des problèmes de santé, il rompt toute liaison, s’enfuit avec pour seul bagage son manuscrit pour rejoindre son pays natal, la zone grise. Il tombe gravement malade et son étrange voisine l’aide à refaire surface : »Il y a des gens comme ça, qui se mettent au service de la moindre ambition, ça leur donne le sentiment de participer à quelque chose de moins médiocre que leur anéantissement différé. » Il reprend son périple vers la zone grise et retrouve Archibald…

C’est le roman singulier d’un être qui monologue sur une société emportée par le chaos, le désordre d’une guerre innommée, dans un cauchemar permanent agité de poésie, de musique, de littérature, de maladie, de mort, d’amitié… un voyage au bout de nulle part ! Un style célinien, cynique, agressif, gémissant." Le dernier génocide sera littéraire. Celui du style et des mots. Les lettres disparaitront. Elle arrive la grande mascarade. La littérature et la télévision convergent. Les romans sont des téléfilms. Il faudrait finir par l’épitaphe !" Une dystopie étonnante qui ressemble à une autobiographie de Sitam (Mathis en verlan) ? Un premier livre surprenant et prometteur qui s’achève sur une curieuse affirmation : "La vie ce n’est qu’une foutue partition pour détraqués." 

K.O
EditionS : Buchet.Chastel
Auteur : Hector Mathis
Prix : 15€
Date de parution : 16 août 2018