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« Ordinary People » de Diana Evans : histoires de couples…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans étrangers Mis à jour : lundi 7 octobre 2019 19:14 Affichages : 459

ordinary people Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Une presse anglo-saxonne dithyrambique… Du « New Yorker » qui évoque Dickens et Tolstoï à « The Observer » qui met en avant « une merveilleuse description du mariage », tous ces journaux mettent en avant Diana Evans, 41 ans, journaliste puis auteure britannico-nigériane qui a publié son premier roman, « 26A » en 2005 récompensé par le prestigieux Prix Orange, et qu’on retrouve en cet automne naissant avec son troisième roman, « Ordinary People ». Un roman influencé, assure-t-elle, par « Un bonheur parfait » de James Salter, « Couples » de John Updike et « Les Noces rebelles » de Richard Yates. Elle dit aussi : « J’aime quand l’écriture est musicale et mouvante, qu’elle chante à sa manière ».

Avec « Ordinary People », Diana Evans rappelle qu’elle est bien la romancière de la vie qui va. Cette vie de couple chez les gens ordinaires. Ainsi, elle emmène ses lecteurs à Londres et sa proche banlieue. Deux couples, quatre personnages principaux. Melissa et Michael, Stephanie et Damian. Les deux premiers tournent autour de la quarantaine, quinze années de vie commune. Récemment, ils ont emménagé dans une maison dans un quartier métissé du grand sud de Londres, peu avant Melissa a eu son deuxième enfant et quitté son job, responsable de la rubrique Mode dans un hebdo, pour travailler (mieux, assure-t-elle) en indépendant… Retour d’une fête en l’honneur de l’élection de Barack Obama, Michael envisage de se glisser tout contre son épouse qui, elle, enfile la longue chemise de nuit en coton offerte par sa mère.
Leurs amis, Damian et Stephanie, se sont installés avec leurs enfants dans une belle maison à trente kilomètres de Londres. Un samedi matin, Damian qui a arrêté de fumer trouve une cigarette au fond d’un tiroir. La prend, va fumer dans le jardin alors que, du haut de l’escalier, en survêtement et T-shirt, Stephanie l’appelle. Elle lui demande d’apporter les draps ; lui qui finira par écrire un livre sur Michael Jackson, il a envie de crier que cette vie, il n’en veut plus mais, pour le moment, seul fumer la cigarette l’intéresse… Au fil des pages, on est au plus près des personnages, de la vie quotidienne- par la magie des descriptions aussi précises que minutieuses de l’auteure : si aucun personnage n’est présenté par sa couleur de peau, on n’ignore rien de la couleur et/ou de la forme des objets, des vêtements, de la décoration intérieure. « J’essaie de me réapproprier le vocabulaire de la couleur sans sa dimension politique », confie Diana Evans.
Des couples dans la banalité du quotidien. Dans l’ordinaire de la vie qui va. Face à l’usure du temps. Diana Evans aimerait être qualifiée un jour « comme une âme douce qui a apporté de la poésie, du rire, du réconfort et du pouvoir, emballés dans des romans ». En attendant, avec pour héros des gens ordinaires dans une histoire allant de l’élection de Barack Obama à la mort de Michael Jackson de novembre 2008 à juin 2009, elle plonge dans l’univers intimement familier. C’est comique, c’est tragique. C’est, comme la vie qui va, toujours authentique.

Ordinary People
Auteur : Diana Evans
Traduit par Karine Guerre
Editions : Globe
Parution : 11 septembre 2019
Prix : 22 €

>Extrait

Qu'est-ce qu'une fête réussie, sinon une occasion de faire l'amour aux petites heures du jour ? De s'offrir une étreinte longtemps attendue. Des baisers, des caresses constamment remis à plus tard pour bercer un bébé qui ne fait pas ses nuits et répondre aux requêtes déraisonnables d'une fillette qui réclame son bol de céréales à l'aube. Y a-t-il une obligation plus urgente à satisfaire quand votre maison est enfin vide jusqu'au lendemain, par la grâce des grands-parents bienveillants venus chercher vos enfants depuis l'autre rive du fleuve, que celle de s'accoupler avec fougue, avec fièvre, pour se rappeler que vous n'êtes pas seulement des partenaires dans le sens fastidieux du terme, mais bien des amants, des amoureux même, encore, peut-être ?