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« Grand National » de Roland Buti : le mystère du palace…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans étrangers Mis à jour : lundi 26 août 2019 20:41 Affichages : 528

butiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Une mère prénommée Pia qui disparaît de la retraite, un fils qui est sans nouvelles depuis quelques jours et qui la retrouve dans un grand hôtel de luxe où elle s’est réfugiée et qu’elle refuse de quitter… C’est « Grand National », le nouveau roman de l’écrivain suisse Roland Buti, remarqué précédemment pour « Un Nuage sur l’œil » (2004) et « Le Milieu de l’horizon » (2013).

Le narrateur, Carlo Weiss, vient d’être largué par sa femme Ana ; il est jardinier et bosse avec Agon, un colosse kosovar aussi agile que sentimental qui, un matin, sera tabassé par des inconnus. Quand Carlo rend visite à Agon à l’hôpital, il a été devancé par Madame Jaquet qui partage la chambre de Pia à la maison de retraite- elle a donné à Agon des friandises et aussi, et surtout une photo de Pia, alors âgée de 15 ans, peut-être 16 ans… Dans le fond de la photo, un décor. C’est celui du Grand National où s’est réfugiée la mère de Carlo. Pourquoi Pia est-elle allée au Grand National, palace d’un autre temps ? Y aurait-il, en creux, une jeunesse romanesque ? Mystère pour un secret de jeunesse pour Pia- tout comme Agon le Kosovar trimballe, au plus profond de lui, un secret, lui aussi... Une fois encore, maître dans l’art du ressenti, Roland Buti amène le lecteur au plus près de ses personnages, on ne voit pas seulement Pia, Carlo Weiss ou encore Agon, on ressent leur présence physique. « Grand National », un texte tout en émotions et douceur, tout en violence et ode à la nature…

Grand National
Auteur : Roland Buti
Editions : Zoé
Parution : 22 aout 2019
Prix : 16 €

Extrait:

« Je longeais un couloir lisse et brillant sous les néons quand j’ai aperçu une infirmière qui venait dans ma direction. Elle n’était encore qu’une silhouette, mais j’ai tout de suite su que c’était elle.
Sa démarche est une empreinte indélébile dans ma mémoire. Quand je pense à elle, je la revois le buste un peu voûté qui avance en fléchissant légèrement l’épaule chaque fois que le poids de son corps passe d’un pied à l’autre. Ses genoux semblent contenir des ressorts qui produisent une infime vibration de ses hanches..
J’ai ralenti le pas. Au même moment, elle a ralenti le sien soudain hésitante comme si se souvenant avoir oublié quelque chose, elle devait rebrousser chemin… »