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La Vérité : Professeur Folamour a (enfin) coupé le cordon...ou Tout ce que vous voulez savoir sur le pourquoi vous foirez toujours vos histoires d'amour...

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Essais, société et bien-être Mis à jour : dimanche 3 mars 2019 20:28 Affichages : 494

La véritéPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Celles et ceux qui ont lu "The game" se souviennent d'un Neil Strauss, journaliste et critique rock au New York Times et à Rolling Stone, comme d'un pro de la drague. Le succès fut tel qu'il créa, en mars 2007, la Stylelife Academy, première école de développement personnel du « pro » de la séduction. Ou comment « pécho », quasiment à coup sûr... Mais ça ne donnait aucune recette pour que l'amour naisse de ces parties de jambes en l'air. Cette fois, tel un reporter gonzo, à la Hunter Thompson, dans "La Vérité" (qui suit "Les règles du jeu"), il mouille la chemise (et le reste...) pour se poser les grandes questions que l'on se pose tous (enfin, surtout les hommes d'une certaine génération) : est-il faisable d'être fidèle à la même personne toute sa vie ? Peut-on empêcher la passion de s'user avec le temps ? Est-il possible d'être polygame sans faire souffrir autrui de la jalousie ?

D'orgies (partouzes) sous Viagra, en cliniques pour dépendants sexuels (sex-addicts), Neil Strauss va chercher des réponses... Finalement c'est quasiment sa psychothérapie, en direct-live, qu'il nous livre. Et c'est passionnant car très intime. Il dit tout (de sa famille, surtout de sa mère et du père absent), dans les moindres détails. Et si certains passages sont hilarants (notamment les séances de libertinages ou de thérapies de groupes, ou tout le monde finit à poil), d'autres sont troublants parce qu'on s'y retrouve tous plus ou moins. Ce qu'il croyait savoir sur l'amour, le sexe et lui-même en sera changé à jamais. Au point de... mais ne « spoilons » pas.

Les éditions Au diable vauvert, qui avaient déjà eu l'heureuse idée de publier "The Game", la « bible du séducteur », donc et "Les règles du Jeu", recueil d'anecdotes et manuel pratique, suivent les aventures sexuelles et sentimentales de ce rouletabille de l'amour entre adultes consentants : « Vos parents ont ruiné votre vie. Les miens m'ont probablement flingué le cerveau », explique-t-il sans ambages. Sa conclusion, sans concession, est que ses parents l'ont handicapé (psychologiquement) pendant au moins 40 ans de sa vie, dans ses rapports amoureux avec l'autre sexe. Car, une fois que je suis en couple, comment faire pour réussir ma relation ? Que ça dure quoi... Pour réussir à vivre avec Ingrid, dont il est amoureux, Neil Strauss entre en cure de désintoxication sexuelle. Si, si, ça existe... Aux Etats-Unis, en tous cas. Là, grâce à de bons thérapeutes, notamment Loraine, il comprend qu'il est comme un hamster qui tourne en rond dans sa cage. Qu'il répète les fameux schémas mentaux. Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est victime d'un trauma ancien, véhiculé par sa mère essentiellement (pour la femme, ça vient du père, en général).

Neil Strauss souffre d'une relation étouffante (enmeshment : l'enchevêtrement). La pire des relations étant quand le parent fait passer ses besoins avant ceux de l'enfant. Ça peut être la mère ou le père qui ne vit « que » pour l'enfant, ou le parent qui fait de l'enfant son époux / épouse de substitution, son confident... « Toutes les juives ne sont pas mères, mais toutes les mères sont un peu juives », dit-on. Les enfants étouffés ont tendance à se couper de leurs émotions, à les réprimer, à être perfectionnistes envers eux-mêmes et exigeants envers les autres. Une fois adulte, en apparence, il drague, séduit, mais quand il réussit à avoir ce qu'il voulait (l'amour d'une femme), il érige des murs et utilise des techniques pour se tenir à distance et éviter l'intimité. Il est ici question d'un fils, d'un homme.

I love youNeil Strauss a tout essayé : la désintox sexuelle, donc ; les relations de hippies dans des communautés amoureuses ; le poly-amour ; expérimenté les relations libres... Pour en arriver à la conclusion que vous avez déjà devinée. Moralité : on se promène tous avec un gros sac de « merde ». Un boulet, notre passé et celui de nos parents, voire de nos grands-parents. Et, un jour ou l'autre, il faut tuer le père... ou la mère. Il n'est jamais trop tard pour régler le problème.

Comme disait Tony Robbins : « Votre passé ne doit pas être pareil à votre avenir ».

Autre livre, plus soft (car écrit avec un maître spirituel tibétain), sur le sujet : "Je voulais te dire"... I love You, de Isalou Regen & Sabchu Rinpoché, avec une preface de Marc Lévy. Suggestions : réussir son couple, c'est « grandir » ensemble, rapetisser son ego, compréhension, bonté, gentillesse, bienveillance, écouter l'autre, ne pas trop s'écouter soi, ne pas viser la perfection. Enfin, il y aurait cinq types de couples, d'après des sociologues suisses : les fusionnels (nous contre le monde entier), qui comprend le style bastion (la routine) et les cocons (on se cajole... ron ron : miaou !) ; les indépendants (moi d'abord), avec le style « association » (autonomes, à bas la routine !) ; le style parallèle (on est ensemble par obligation) ; le couple idéal (nous et les autres) ; enfin, le style compagnonnage (alliés pour la vie mais ouverts sur le monde, donc participatifs), bref, le couple citoyen. A vous de choisir.

La Vérité
Editions: Le Diable Vauvert
Auteur : Neil Stauss
Traduit (USA) par Romain Monnery
610 pages
Prix: 23 €
Parution : 7 février 2019

Je voulais te dire... I Love You
Editions : Rabsel
Auteurs : Isalou Regen et Sabchu Rinpoché
Préface de Marc Lévy
209 pages
Prix : 18 €
Parution : 27 novembre 2018