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Beaux-Livres : Rimbaud, Dior, Tarantino, du jaune, de la danse et du street art !

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Beaux-Livres Mis à jour : dimanche 8 décembre 2019 20:34 Affichages : 541

rmbaudPar Serge Bressan - Lagrandeparade.com / Noël et le Jour de l'An, c’est quasiment demain. Vite, vite, une idée cadeau ? Des beaux livres, bien sûr! Lagrandeparade.com en a sélectionné six, parmi lesquels un poète photographe, un couturier apôtre de la joie, une danseuse étoile, la pionnière du design ou encore une star du cinéma indépendant américain. Belles lectures, bonnes fêtes !

Arthur Rimbaud photographe
Historien, photographe et réalisateur, Hugues Fontaine est également spécialiste de la Corne de l’Afrique et de l’histoire de la photographie dans cette région. Le hasard (l’inspiration) de la vie l’a conduit en Abyssinie (aujourd’hui Ethiopie) et lui a donné matière pour un livre impeccable, « Arthur Rimbaud photographe ». Oui, le Rimbaud poète s’est passionné pour la photo… et ainsi, pour point de départ de ce beau livre richement illustré en noir et blanc et en sépia, trois portraits envoyés le 6 mai 1883 à sa mère et sa sœur Isabelle par Rimbaud qui précise : trois portraits « de moi-même par moi-même ». Des selfies en fin de 19ème siècle ! Mais les trois photos ont blanchi, le visage du poète est à peine reconnaissable- contrairement à d’autres photos d’autres personnages prises à la même époque qui sont d’excellentes images. Fontaine (s’)interroge : que signifient ces trois photos ? et Rimbaud ne se serait-il pas volontairement dissimulé dans le paysage ? ou encore, pour quelles raisons Rimbaud s’est-il, pendant ce séjour en Abyssinie, mué en photographe ?

Arthur Rimbaud photographe
Auteur : Hugues Fontaine
Editions : Textuel
Parution : 23 octobre 2019
Prix : 35 €

diorDior. Moments de joie
Des mots comme une signature : « Je rêvais de rendre les femmes non seulement plus belles, mais plus heureuses ». Des mots prononcés par Christian Dior (1905- 1957), l’un des plus grands noms du monde de la mode et de la haute couture. Et voici un livre-monument consacré à ce couturier, « Dior. Moments de joie », imaginé et écrit par Muriel Teodori, psychanalyste, réalisatrice et scénariste française. Elle a réuni, pour cet ouvrage, pas moins de 220 photos- la joie y est omniprésente comme sur la première d’entre elles fixée en 1950 par Robert Doisneau, on y voit le couturier et ses Catherinettes Dior. Le couturier, rappelle Muriel Teodori, était connu pour son âme rieuse et impétueuse- ce qu’ont su capter des pointures de la photo comme Richard Avedon, Henry Clarke, Henri Cartier-Bresson, Ellen Von Unwerth, Jean-Paul Goude, Patrick Demarchelier ou encore Peter Lindbergh… Avec tous ces photographes, ça virevolte, comme s’il fallait vivre le bonheur au plus vite de peur que, soudainement, il n’anéantisse tout…

Dior. Moments de joie
Auteure : Muriel Teodori
Editions : Flammarion
Parution : 6 novembre 2019
Prix : 75 €

etoilesEtoile(s)
L’histoire débute mal. Des mauvaises notes à l’école de danse. Pourtant, elle a 10 ans quand Dorothée Gilbert assiste à son premier ballet, elle l’enfant qui, depuis trois ans, fréquente les cours du conservatoire de Toulouse. C’est sûr, c’est décidé : elle sera danseuse étoile. Elle quitte sa région et rejoint, à 12 ans, l’école de l’Opéra de Paris- ses parents la rejoindront quelque temps plus tard. Etoile, ce mot au double sens… Il y aura aussi cette « adolescence pas comme les autres »- avec son lot de travail et de compétitions. Il y aura aussi, et enfin, les grands rôles sur les plus belles scènes du monde dans les classiques comme « La Bayadère », « Le Lac des Cygnes », « Coppélia »,… ou dans des chorégraphies de George Balanchine, Wayne McGregor ou encore William Forsythe … Avec les mots de Dorothée Gilbert, nommée danseuse étoile à 24 ans en novembre 2007, « Etoile(s) » est astucieusement complété par un abécédaire et vaut aussi par les photos qui rythment l’ouvrage- dont les magnifiques signées James Bort…

Etoile(s)
Auteure : Dorothée Gilbert
Editions : Cherche-Midi
Parution : 7 novembre 2019
Prix : 29 €

seuilJaune. Histoire d'une couleur
Longtemps, pas moins de trente-cinq ans, Michel Pastoureau a occupé la chaire d’histoire de la symbolique occidentale à l’Ecole pratiques des hautes études à Paris. On glissera qu’il est aussi historien et spécialiste des couleurs, des images, des emblèmes et du bestiaire. Alors, après « Bleu » (2000), « Noir » (2008), « Vert » (2013) et « Rouge » (2016), il publie « Jaune. Histoire d’une couleur », on se précipite. Livre-somme, beau livre, c’est une ode à ce jaune aujourd’hui couleur discrète, « peu présente dans la vie quotidienne et guère sollicité dans le monde des symboles ». Avec Pastoureau, c’est le grand voyage en couleurs- et le rappel que ce jaune fut, au temps des Grecs et des Romains, une couleur importante. Alors, ce jaune était quasi sacré parce qu’il était la représentation de la lumière et de la chaleur, le symbole de la richesse et de la prospérité- certaines civilisations l’ont même assimilé à l’immortalité. Puis ce fut une couleur ambivalente : le bon jaune de l’or et du miel, le mauvais jaune de l’étoile, des hypocrites et des félons…

Jaune. Histoire d’une couleur
Auteur : Michel Pastoureau
Editions : Seuil
Parution : 3 octobre 2019
Prix : 39 €

tarantinoQuentin Tarantino
En sous-titre : « la filmographie intégrale du réalisateur culte ». Et aussi une précision : « non officiel et non autorisé ». Voilà qui donne encore plus envie de plonger, de s’engouffrer dans ce « Quentin Tarantino » de Ian Nathan, star du journalisme ciné à Londres. Dans son coffret jaune « Kill Bill » (comme il existe le rouge Ferrari !), on va tout savoir sur la filmo de Tarantino, ce réalisateur américain qui déclare : « Je ne suis pas allé à l’école du cinéma, mais au cinéma ». Depuis maintenant plus de trente ans, film après film parmi lesquels « Reservoir Dogs », « Pulp Fiction », « Inglourious Basterds » ou encore le dernier en date- « Once Upon a Time… In Hollywood », Tarantino continue de fréquenter le génie et de marquer de son empreinte la culture populaire. En mots et aussi (surtout) en photos, Ian Nathan n’a pas son pareil pour emmener le lecteur dans les coulisses des tournages « tarantinesques », pour évoquer la vie du réalisateur sans oublier une réflexion sur ses inspirations et ses acteurs- actrices fétiches.

Quentin Tarantino
Auteur : Ian Nathan
Editions : Gallimard
Parution : 17 octobre 2019
Prix : 35 €

street art Sous le street art, le Louvre
Qui de nous deux inspire l’autre ? Réponse facile quand on s’apprête à plonger dans « Sous le street art, le Louvre » et toute contenue dans le sous-titre : « Quand l’art classique inspire l’art urbain ». Historien de l’art, Cyrille Gouyette a donc déambulé dans l’espace ouvert des rues et aussi dans celui fermé des musées (essentiellement, donc, le Louvre de Paris). A peine ouvert, le livre pose question : « Faut-il brûler le Louvre »- une question posée dès 1919 par une revue d’avant-garde « L’Esprit nouveau ». Qu’on se rassure, le Louvre n’a pas été brûlé ; mieux, avec ce beau livre, on a la preuve qu’il sert toujours de référence à des artistes urbains comme Ernest Pignon-Ernest, Levalet, Blek le Rat, Bansky, C215, Miss Tic ou encore Jef Aérosol. Richement illustré, avec une mise en page aussi élégante qu’astucieuse, « Sous le street art, le Louvre » montre fort à propos que, s’appuyant sur des références d’hier, les démarches artistiques contemporaines sont encore plus pertinentes pour pointer les réalités d’aujourd’hui.

Sous le street art, le Louvre
Auteur : Cyrille Gouyette
Editions : Editions Alternative / Gallimard
Parution : 10 octobre 2019
Prix : 25 €