Wild cat : un condensé de douceur et de maitrise qui renouvelle le genre hip-hop

Écrit par Victor Waque Catégorie : Danse Mis à jour : dimanche 23 décembre 2018 16:45 Affichages : 692

Wild catPar Victor Waqué - Lagrandeparade.com/ « Wild cat » ou l’art de toujours retomber sur ses pattes. Cinq danseurs sont allongés sur scène. Une faible lumière les éclaire, enveloppés d’une épaisse couche de fumée. Une musique minimaliste flotte. Délicatement, les corps se meuvent et entament un hip hop d’abord collé au sol. Au ralenti. L’univers onirique qui va conduire « Wild cat » de bout en bout est posé. Des gestes d’une incroyable complexité réussissent, dans un contraste saisissant, à insuffler de la douceur. « Wild Cat », par des choix de scénographie, et chorégraphiques, conduit le hip hop à la marge de la danse contemporaine. Pour ce spectacle créé à Hanovre en 2018, la compagnie Black Sheep a été guidée par son co-fondateur, le chorégraphe Saïdo Lehlouh. Artiste de hiphop et plus particulièrement du bboying, il rend ici hommage à ce style. Le bboying, autrement appelé break dance, est un des styles fondateurs du hiphop. Tout en finesse, il évoque le déplacement du chat, à la fois athlétique et maitrisé, acrobatique et souple. Proche du sol, l’artiste croise et décroise ses jambes, se lance en souplesse arrière, glisse sur la tête, enchaîne des mouvements saccadés à toute vitesse à l’instar du passpass, figure aux variables infinies où les mains sont posées au sol tandis que les jambes courent autour du corps. Exécutés avec fluidité, les mouvements que nous propose la compagnie Black Sheep semblent simples. Ils sont pourtant d’une grande virtuosité. Les artistes sont de véritable athlètes, au gainage d’acier pour tenir en équilibre sur une main, passer d’une position à l’autre en fluidité. Pendant quelques moments brefs émerge chez le spectateur de l’éblouissement lorsqu’un mouvement surhumain éclot de leur chorégraphie. Le danseur ne tremble jamais. Ne se déséquilibre pas. Une danse maîtrisée qui nous montre à quel point le corps peut se mouvoir avec une infinité de possibles. « Wild Cat » est aussi une ode à l’amitié. Profondément intriqués les uns aux autres, chaque mouvement s’inscrit dans celui de son partenaire. Parfois se répondent-ils par des mouvements en cascades. Parfois échangent-ils par des mouvements d’une parfaite synchronisation. Dans un esprit de cohésion et d’entraide les artistes communiquent avec leur corps. Ils sont comme les atomes d’une molécule : différents et indissociables. Si l’un est mis en lumière, les autres cherchent à le valoriser, ne le quittant pas des yeux. Une apologie du groupe. En plus de cette amitié, c’est plus généralement la folle capacité de l’homme à se dépenser sans compter qui sourde du spectacle « Wild cat ». Une force inépuisable d’exister. Les danseurs se donnent totalement. Ils enchaînent des gestes vifs, alternent des positions variées qui transmettent une paradoxale sensation de lenteur et d’apesanteur. Le décor minimaliste, où varient subtilement l’intensité de la lumière et des couleurs, ainsi que la musique, contribuent à cette impression. Dans une salle comble, le théâtre 71 de Malakoff a accueilli une belle pièce de hiphop. « Wild cat » : un condensé de douceur et de maitrise qui renouvelle le genre. On ronronne de plaisir.

Wild Cat
Dès 6 ans
durée : 45min
Chorégraphe : Saïdo Lehlouh
Cie :Black Sheep
Regard complice : Johanna Faye
Avec Ilyess Benali, Evan Greenaway, Kaê Carvalho, Timothée Lejolivet et Hugo de Vathaire
Création musicale : Awir Leon, Floyd Shakim et J.kid (UNNO)
Création lumière : Serge Meyer
En coréalisation avec le service enseignement de la Ville de Malakoff

Dates et lieux des représentations: 
- Les 19, 20 et 21 décembre 2018 au Théâtre Malakoff ( 3 Place du 11 Novembre, 92240 Malakoff)
- Le 26 janvier 2019 à L'Orange Bleue d'Eaubonne (forme courte)
- Les 12 et 13 février 2019 au Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine (forme courte)
- Du 10 au 12 avril 2019 à la Villette à Paris, le 11 mai à l'Etoile du nord à Paris