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« La Promesse de l’aube » de Romain Gary : la belle lecture de Stéphane Freiss

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 5 novembre 2019 19:36 Affichages : 259

la promesse de l'aubePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Il sort de la pénombre, s’avance sur la scène. Pour la première fois d’une carrière commencée en 1982 avec un passage à la Comédie-Française, Stéphane Freiss a attendu ses 58 ans pour se présenter seul face au public. Et en se lançant dans la lecture d’un texte majeur de Romain Gary (1914- 1980), « La Promesse de l’aube », publié en 1960. Confidence du comédien : « Quand on touche à des auteurs qui sont devenus des icônes de la littérature, on n’ose plus trop bouger entre les lignes, de peur de faire mal. Or Romain Gary avait tout le temps cette envie qu’on remette en question les choses. Et c’est justement un pan sur lequel je construis ma réflexion quotidienne ». Ainsi, face à la salle, debout, Stéphane Freiss explique, en une dizaine de minutes, qu’il ne va pas lire le livre en son entier, qu’il en a retenu quelques passages, plaisante avec le public, manie l’humour avec élégance… Dans un entretien, il a précisé : « La lecture reste une manière de jouer. Cet exercice m’a permis de faire entendre qu’un mot porte en lui l’infini des possibles. Tous les jours, j’en prononce certains différemment juste pour tenter une expérience. Un grand auteur ne met jamais un mot par hasard dans un texte ».

Sur la scène, une table basse avec un verre, deux fauteuils (de théâtre) rouge. Freiss s’assoit sur l’un, l’autre va demeurer inoccupé tout le temps de la lecture. Inoccupé mais ne serait-ce pas une sensation ? une illusion ? Vite, spectateur, on ressent une présence- invisible. La mère de l’auteur- Nina ? L’auteur lui-même ? C’est là toute la force de l’interprétation de celui qui reçut le César du meilleur espoir masculin (1989) et le Molière de la révélation théâtrale masculine de l’année (1992). Pendant plus d’une heure, donc, il lit « La Promesse de l’aube »- plus précisément, il dit les extraits du livre de Romain Gary, ne jetant un coup d’œil sur ses feuilles que de temps à autre. Il est assis, se lève, se rassoit, se relève, s’assoit à nouveau. Il jongle avec les mots de Gary, avec ce roman autobiographique sur son enfance et sa jeunesse, ce texte d’un amour d’un fils pour sa mère, d’une mère pour son fils. Ainsi, à Wilno (la capitale de la Lituanie) où est né l’écrivain, la mère l’élève seul, et lui promet l’avenir d’un grand homme. Elle lui promet un destin- écrivain, il sera Victor Hugo et il recevra le prix Nobel de littérature ; chanteur d’opéra, il sera Fiodor Chaliapine ; danseur, il sera le nouveau Nijinski ; il ne sera pas consul, non, il sera ambassadeur… Ils iront vivre à Nice, il est nul en mathématiques, elle assure que les professeurs ne comprennent pas le génie de son fils !
Une autre confidence de Stéphane Freiss : « Je ne suis évidemment pas Romain Gary mais très immodestement, j’ai l’impression que j’appartiens à sa famille. Il est tellement moderne et gonflé, que je me retrouve en lui. Ses joies et ses douleurs me pénètrent beaucoup plus que d’autres ». Alternant brillamment extraits tendres et émouvants et d’autres joliment teintés d’humour et d’auto-dérision, il se montre magnifique diseur. De « La Promesse de l’aube », texte étincelant, il fait, d’une belle lecture, une émotion littéraire. Un moment de frissons étincelants, cadeau d’un comédien qui ne manque pas de rappeler : « C’est une lecture, pas une pièce de théâtre. Ma responsabilité consiste à incarner cette lecture ». Et longtemps, longtemps, résonnent les mots de la fin : « J’ai vécu… J’ai vécu ». L’aube en avait fait la promesse…

« On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours ».

« La Promesse de l’aube » de Romain Gary
Adaptation et lecture : Stéphane Freiss
Durée : 1h10.

Dates et lieux des représentations: 
- Jusqu’au 16 novembre 2019 (sauf les 9 et 10 novembre). Du mardi au samedi, 19h ; dimanche, 17h. au Théâtre de l’Atelier (1, Place Charles Dullin, 75 018 Paris - Tél. : 01 46 06 49 24 http://www.theatre-atelier.com )