Gagnez 3 x 2 places au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse avec La Grande Parade !

Tentez votre chance avant le 23 novembre en envoyant vos nom, prénom et adresse postale à :

lagrandeparade@lagrandeparade.fr

- See more at: http://lagrandeparade.fr/index.php/le-manege-des-momes/coups-de-coeur/319-fabian-negrin-jouons-avec-les-mots-au-caprice-du-vent#sthash.o4JUph3T.dpuf

Tigrane : une mise en scène au plus près des sentiments d'un ado en quête de lui-même

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : dimanche 3 novembre 2019 11:14 Affichages : 305

TIGRANEPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ La rencontre d’un adolescent turbulent avec une professeure de français qui le considère, point de départ d’un électrochoc, point de départ d’une rencontre avec l’Art, point de départ d’une rencontre avec lui-même. Pour le jeune Tigrane, c’est une révélation aussi brutale que violente, aussi constructive intérieurement que destructrice.
A 17 ans, l’ado vit seul avec son père depuis le départ de sa mère, un père chômeur, alcoolique et dépressif, qui préfère enchaîner les parties de flipper au bistrot du coin qu’encourager son fils à s’en sortir. Urgence il y a car Tigrane, renvoyé déjà deux fois du lycée, est au bord de la déscolarisation. Et puis il y a la rencontre avec Isabelle, jeune prof de français qui le questionne, le fait réfléchir, le pousse dans ses retranchements quand il s’agit d’écrire un poème ou d’analyser une œuvre. La seule à croire en lui, la seule à le questionner sur ses envies et passions. Le déclic.

A part le flipper et le skate, Tigrane aime dessiner. En secret. Il se révèle dans l’expression de son art, dans ses découvertes de Caravage et Basquiat, dans l’expression de lui-même.
Mais face à un père qui refuse son émancipation, face au regard des autres et de la société, face à son passé scolaire et face à ses propres atermoiements, jusqu’où ira-t-il ?

Centrée sur le jeune adolescent, la pièce met en avant son côté provocateur et rebelle, la violence intérieure qu’il dégage et le malaise qu’il peut créer mais aussi un côté touchant quand des reflexes d’enfant reviennent ou quand ses sentiments pour sa jeune prof s’expriment. Cette dualité forte rythme la pièce construite sur un an et commençant par la fin pour comprendre le cheminement et le parcours de l’adolescent tourmenté. Un peu long, le texte aurait gagné à quelques coupes pour apporter plus de tension et de vibrations, plus de nuances dans le jeu et resserrer l’histoire sur ses moments clés. Ne voulant pas tomber dans le pathos, il est cependant dommage qu’il n’explore pas certaines situations fortes (le départ de la mère, la passion du père pour le dessin) ou tombe parfois dans certains clichés sur la foi dans l’enseignement.

Tigrane est une pièce agréable à suivre,  avec du dynamisme, un texte engagé, parfois subtil et émouvant, et une énergie collective. La pièce alterne rythme, silences, frustrations et rêves comme pour imprimer sur scène l’état intérieur permanent du jeune homme. Elle est portée par une scénographie intelligente qui structure le plateau en plusieurs espaces (l’appartement de Tigrane, celui de la prof, la salle de classe et l’environnement extérieur) utilisant certains éléments de décor de manière ingénieuse (le cyclorama ou la rambarde de skateboard).

Jalie Barcilon voulait une mise en scène : « comme un film « caméra à l’épaule » pour suivre la trajectoire d’un jeune, insaisissable, vif, rebelle ; et immersive pour être au plus près de ses sentiments ». Effet réussi avec des jeux de lumière qui apportent un vrai relief avec des clairs obscurs soignés, des passages plus lents chorégraphiés, et une bande-son diversifiée.
Plongée au cœur d’une jeunesse réelle, Tigrane témoigne des désillusions d’une époque, de la quête de soi et de la résilience pour s’exprimer à travers une passion artistique. Avec amour et poésie, colère et engagement.

TIGRANE
DE ET MISE EN SCÈNE JALIE BARCILON ( É D I T I O N S L ’ H A R M AT TA N )
AVEC ÉRIC LECONTE (LE PÈRE), TIGRAN MEKHITARIAN (TIGRANE), SANDRINE NICOLAS (ISABELLE)
COLLABORATION ARTISTIQUE : SARAH SIRÉ
CRÉATION LUMIÈRE : JEAN-CLAUDE CAILLARD
SCÉNOGRAPHIE ET DESSINS : LAURA REBOUL
CRÉATION SONORE : SOPHIE BERGER
CRÉATION COSTUMES : ALEXANDRE CHAGNON
REGARD CHORÉGRAPHIQUE : THOMAS CHOPIN
RÉGIE GÉNÉRALE : CHARLOTTE POYÉ
PRODUCTION : COMPAGNIE LISA KLAX
COPRODUCTION : SAISON CULTURELLE DE BAYEUX, L’ESTRAN GUIDEL, PRIX LUCERNAIRE LAURENT TERZIEFF - PASCALE DE BOYSSON 2018,
RESEAU « LA VIE DEVANT SOI »
PARTENAIRE : SACD - SOCIÉTE DES AUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES
CO R É A L I S AT I O N : T H É ÂT R E LU C E R N A I R E

Dates et lieux des représentations :
- Jusqu’au 8 décembre 2019 au Lucernaire (53 Rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris)