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Je ne suis pas Michel Bouquet : l'interprétation fine de Maxime d'Aboville

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : dimanche 13 octobre 2019 16:09 Affichages : 507

michel bouquetPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ Immersion dans le noir. Le bruit des talons qui claquent dans le silence : celui d’une entrée ou d’une sortie. Celui d’un hommage qui résonne pour un grand acteur au crépuscule de sa carrière, celui de l’entrée d’un jeune acteur dans la cour des grands.

L’histoire d’une rencontre entre un homme et l’acteur qu’il est, entre l’acteur et son public : récit d’un témoignage et d’une leçon de vie.
Adaptée du livre d’entretien « Les Joueurs », la pièce est une conversation entre Michel Bouquet et son public mais aussi entre Michel Bouquet et Michel Bouquet.
Elle raconte le parcours de l’homme et du comédien : sa relation avec son père, son enfance traumatisante de solitude, la dureté des années de guerre et puis les rencontres marquantes d’un mentor comme Escande, d’un employeur comme Camus ou d’un réalisateur comme Chabrol.

Il s’adresse au public, l’invective ou l’interpelle : au delà du souvenir, c’est la leçon du maitre et son regard sur le devoir du comédien.
En observateur de l’évolution du métier et de la société, il philosophe sur le cheminement du personnage, son identité, ses secrets et sur la place de l’homme qui fait le comédien.
L’homme s’efface pour laisser place au recentrage de l’individu et à sa grande intériorité : ce besoin universel de se sentir libre et une conception du métier faite d’hyper exigence sur le travail du texte et le dialogue imaginaire entre l’homme et son rôle. Mélange de réflexion et de sensibilité.

Maxime d’Aboville a choisi de porter ce projet pour son admiration pour Michel Bouquet et a sélectionné les extraits du livre qui le touchaient le plus. Il a voulu livrer sa propre partition teintée de mimétisme avec Michel Bouquet mais aussi d’interprétation personnelle.
Il a choisi un décor simple, une paroi métallique comme les rideaux de fer avant de monter sur scène, et une chaise pour laisser place au mouvement. Cette simplicité permet de laisser uniquement les mots compter et met en valeur la finesse et l’intelligence du texte.

Par son intonation, sa diction, ses émotions, ses silences et ses vibrations, il incarne Michel Bouquet tout en s’effaçant par moment pour redevenir lui-même.
« Une génération n’apprend rien à l’autre » disait le maître, pourtant il en a retenu la leçon et joue avec le public et non pour lui, avec tendresse et ironie.
Les jeux de lumière et mouvements renforcent cette dualité : une part d’ombre et de lumière, un regard de trois quarts pour ne pas se dévoiler complètement.

Le titre est évocateur et interprétable. Il y a dans la négation « je ne suis pas » une forme d’humilité contraire à l’égo classique de l’acteur. Une rencontre passionnante entre deux comédiens, entre un homme et un personnage, entre des émotions. Et une formidable liberté : celle de ne pas renoncer à soi.

Je ne suis pas Michel Bouquet
Auteur : Michel Bouquet
Avec Maxime d'Aboville
Mise en scène : Damien Bricoteaux

Dates et lieux des représentations:
- Jusqu’au 16 novembre 2019 au Théâtre de Poche Montparnasse - Le Poche ( 75 Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris)