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Cinq heures avec Mario : l’adieu à la scène mémorable de Lola Herrera dans son rôle fétiche

Écrit par Daniel Bresson Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 20 août 2019 07:52 Affichages : 762

lolaPar Daniel Bresson - Lagrandeparade.com/ Le Teatro de Bellas Artes de Madrid propose pendant tout l’été de découvrir ou redécouvrir l’adaptation par Josefina Molina et José Samano de la nouvelle de Miguel Delibes. Cette pièce, créée dans cette version il y a déjà quarante ans, est présentée pour la dernière fois au public madrilène, après une tournée de plus d’un an à travers l’Espagne. Lola Herrera, qui interprète le rôle de Carmen Sotillo depuis sa création en 1979, fera ainsi ses adieux à la scène.
Mars 1966. Carmen veille le corps de son mari Mario, professeur et journaliste engagé, mort dans la matinée à l’âge de 44 ans. Pendant cinq heures, elle va entretenir avec lui un « mono-dialogue » abordant tous les aspects de leur vie commune et donnant l’occasion à Miguel Delibes de peindre un portrait critique et caustique de la société espagnole franquiste de l’époque.
Le rideau s’ouvre sur Carmen assise au bureau de son mari, vidant un tiroir pendant que des voix des proches rendent hommage à Mario. Le cercueil, symbolisé par un prisme incliné, occupe le centre du plateau . Des chaises sont placées autour, en arc de cercle. Le dialogue avec son mari défunt s’engage. Mais rapidement, les reproches commencent à fuser. Sur sa place dans le couple, bien imagée par une scénographie où l’actrice passe de chaise en chaise derrière le cercueil, tel un satellite autour d’un astre. Sur la fidélité douteuse de son mari alors qu’elle regrette des occasions perdues. Sur sa vie sexuelle rythmée par la volonté épisodique de son mari. Sur leur manque de moyens financiers qu’elle juge directement lié aux convictions politiques de son mari « Tu es l’esprit de la contradiction ». Jusqu’à la Fiat 600 dont elle a toujours rêvé et qu’elle n’a jamais eu.
Ses souvenirs ressurgissent, mettant en évidence ses frustrations dans sa vie de femme. En les évoquant, Carmen se libère tant dans ses paroles que dans ses actes. Elle casse les codes de la bienséance, posant les pieds sur la chaise, passant devant le cercueil ou interloquant vivement son mari jusqu’à lui tourner le dos. Ses paroles résonnent aussi fort que ses frustrations : « Tu ne m’as donné aucun plaisir dans la vie ». On rentre dans la vie de cette femme, on sourit parfois des situations cocasses qu’elle évoque mais qui à chaque fois la pousse à incriminer son mari. Ce qui, il y a quarante ans, imposait au public le silence entraîne à présent des rires, à l’image de l’évolution de la société.
À travers les mots de Carmen, Miguel Delibes passe en revue toutes les bassesses, tous les stéréotypes d’une société où le conservatisme social transpire dans la bouche de la petite bourgeoisie. Le texte est précis, percutant, grâce à une langue familière qui reste encore tellement vive et touche en plein coeur le public. Il décrit la condition féminine de l’époque avec justesse et compassion. Carmen est un produit de son éducation, de sa société, de son époque. Elle en est aussi la victime, de telle manière que cette oeuvre puisse en devenir féministe, à la surprise même de son auteur.
Et que dire de l’interprétation de Lola Herrera ! Sa performance va crescendo au fur et à mesure que la pièce avance. Sa maitrise parfaite du texte, son immersion totale dans le personnage et la justesse de son jeu lui permettent d’atteindre une émotion pure, rare. Et qui atteint son apogée dans les dernières minutes de la pièce. La réaction du public, debout dès les premiers applaudissements, ne laisse aucun doute sur sa communion avec l’actrice.
Si vous passez par Madrid, ne ratez sous aucun prétexte cette opportunité de voir cette grande dame du théâtre une dernière fois sur scène dans certainement son plus grand rôle !

Cinq heures avec Mario
Technicien son/lumières : Manuel Maldonado
Régisseurs : Cristina Berhó et Maite Prieto
Coiffures : Gema Moreno
Secrétaire de production : Pilar Velasco
Administration : Eli Zapata

Création lumière : Manuel Maldonado
Musique : Luis Eduardo Aire
Régisseur son : Mariano Diaz
Régisseur plateau : Rafael Palmero
Directrice de production : Cristina Lobeto
Producteur : José Sámano
Mise en scène : Josefina Molina
Production : Sabre Producciones et Pentacion Espectàculos

Dates et lieux des représentations:
- Du 4 Juillet au 1 Septembre 2019 au Teatro Bellas Artes ( Calle del Marqués de Casa Riera, 2, 28014 Madrid, Espagne)

Le site du théâtre : www.teatrobellasartes.es