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Petit éloge de la nuit : magnifique Pierre Richard en mode nocturne

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 11 juin 2019 05:42 Affichages : 766

elogePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / La voix est chaude, profonde. On entend : « Au commencement était la nuit ». Et aussi : « Souvent je me demande qui je suis. Je suis à moi-même ma propre nuit ». Sur la scène, dans la mi-obscurité, un homme va, vient, marche, s’arrête. Esquisse quelques gestes. Entre crépuscule et aube, la nuit. Crinière blanche, Pierre Richard qui se définit « acteur burlesque », lui qu’on a enfermé (à tort) durant tant et tant d’années dans le registre comique s’est emparé du « Petit éloge de la nuit », le texte d’Ingrid Astier paru en 2015 et mis en scène par l’étourdissant Gérald Garrutti, « metteur en scène shakespearien » qui sert le théâtre entre France et Grande-Bretagne.

Ce « Petit éloge… », en mode nocturne, est tout autant visuel que musical. La BO est signée Laurent Petitgand (compositeur pour, entre autres, Wim Wenders, Michelangelo Antonioni et Angelin Preljocaj). Et en fond de scène, par séquences, sur l’écran, l’étoile de l’Opéra de Paris- la majestueuse Marie-Agnès Gillot, ponctue et illustre les mots d’une élégance et d’une technicité éblouissantes. Il y a les mots, oui les mots- quels sont ceux d’Ingrid Astier, quels sont ceux d’Edgar Allan Poe, de Charles Baudelaire, de Guy de Maupassant, de Robert Desnos, de Pablo Neruda, d’Henri Michaux, de Milan Kundera ? Après tout, qu’importe… Parce que « le rêve est l’aquarium de la nuit. Alors je regarde en moi cette vie souterraine qui s’agite, en silence, et projette sa fascination. La nuit vit à un rythme singulier : elle a sa propre horloge. Un temps arrêté, suspendu ou étiré. Elle ouvre le coffre-fort de la sensation ».

La nuit, parait-il, tous les chats sont gris. Allez savoir ! La nuit, je mens… voleur d’amphores, dynamiteur d’aqueducs et peut-être même qu’on y ferait la cour à des murènes au fond des criques parce que la nuit, tout est permis. Même fumer le cigare et boire du champagne qui est à la nuit ce que l’eau bénite est à la messe, en bonne compagnie, celle de Pierre Richard. « Petit éloge de la nuit », c’est la poésie totale servie par un voltigeur de la scène, un élégant aussi évanescent que vaporeux, un homme de 84 ans aussi droit qu’un enfant, aussi souple qu’une liane, aussi émouvant volubile ou muet. C’est, funambule sur un cheminement noir qui mène vers la Lune- l’astre de la nuit par excellence, Pierre Richard qui, dit-il « aime cette plongée dans la nuit, cette immersion profonde qui me rappelle l’apnée dans l’océan ». Il s’est mis « à l’écoute du nocturne. Il a fallu faire taire le bruit du monde, laisser les mots s’ouvrir, telle la fleur du datura le soir, pour répandre leurs parfums. Ce spectacle est le fruit de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures ou de dialogues croisés ».
Il faut aller voir « Petit éloge de la nuit ». Parce qu’on y célèbre la nuit de veille, d’insomnie, d’amour et même de l’esprit ! Il faut aller voir « Petit éloge de la nuit », parce qu’on erre et se perd dans « un labyrinthe, tout en recoins, dédié à l’errance nocturne. Où le ciel sème sa nuit. Où le regard s’ouvre à l’infini… »

Petit éloge de la nuit d’Ingrid Astier
Mise en scène : Gérald Garutti. Raphaël Joly, assistant
Avec Pierre Richard
Danse : Marie-Agnès Gillot
Création musicale et sonore : Laurent Petitgand
Scénographie et lumières : Éric Soyer
Vidéo : Renaud Rubiano
Réalisation des films : Pierre-Henri Gibert, Pauline Maillet, Gérald Garutti
Costume : Joël Viala
Durée : 1h05.

Dates et lieux des représentations: 
- Du mardi au samedi, 21h. Dimanche, 17h. Jusqu’au 16 juin 2019 puis du 25 au 30 juin 2019 à La Scala ( 13 boulevard de Strasbourg, 75 010 Paris - Tél. : 01 40 03 44 30 - www.lascala-paris.com )