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La clairière du grand n’importe quoi : le grand ballet jubilatoire et visionnaire des zeugmes, anacoluthes, oxymores et paradoxes d’Alain Béhar

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 3 juin 2019 23:12 Affichages : 1177

clairierePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Après les Vagabondes, précédent opus d’Alain Béhar, qui s’achevait en 2043…La Clairière du grand n’importe quoi débute cette année-là, justement, où rien ne va mieux pour la planète. Il pleut tout le temps…ou presque. Tout semble mu à l’intuition, au potentiel, au supposé...L’Algorithme rassurant est devenu une chimère improbable…le temps délire à pleins tubes…et devant l’homme s’étale une « réalité métaphorique ou à l’emporte-pièce ». L’apocalypse climatique est dans les starting-blocks et tout part à vau-l’eau…Alors on se bat, on délire, on rit, on « lance du sel de Guérande sur le premier rang », on échange quelques mots avec « une journaliste intermittente…mais très jolie », on croise une « star de télé-réalité très déprimée très maquillée », « on efface » tout…et dans ce monde où Le grand n’importe quoi est un géant à la peau double teinte, « on s’évade librement », « le blanc mange tout », le mercredi, « les gens migrent vers l’imaginaire »…et « le bouche à oreilles est excellent »! 

Traverser des écarts, remonter vers l’origine, se confronter au mur à toute épreuve, monter dans une embarcation de la dernière chance, l’instant d’un an ou deux…presque un siècle en somme…pour célébrer l’inattendu sans-doute, voilà toute la folle ambition de cette élucubration poétique jubilatoire!

Récit d’anticipation hallucinée d’une catastrophe annoncée, satire décalée d’une sur-médiatisation de la société où les rituels de marketing et la « bonté photogénique » s’accumulent à qui mieux mieux, autopsie d’un monde incontrôlable à la mécanique qui s’emballe, pot pourri de situations sans queue ni tête où la question de la poule et de l’oeuf n’a plus de sens qui vaille, cadavre exquis désopilant de constats consternants, ici « on traîne dans l’écriture et on s’y perd »…et « qu’importe…au moins il pleut! »
Au coeur d’une scénographie de scotchs et de rouleaux de papiers, saluons le texte et la performance remarquable d’Alain Béhar qui offre une heure d’élucubrations vertigineuses de poésie aux spectateurs. Déstabilisant et joueur, le comédien-auteur joue d’une langue en sous-titre aux constructions syntaxiques parfois proustiennes, aux jeux de mots dignes d’un Prévert et où l’art du détail se porte en bandoulière. Maître incontestable du décalage, maniant avec brio le zeugme, l’anacoluthe, le paradoxe et tous les autres procédés aux noms exotiques de la stylistique, on jouit de cette « cavalcade de mots »…où « tout se mélange…ça passe in extremis ou sinon ça ne passe pas! ». Et si certains n’y trouveront aucun sens, tous pourront apprécier l’exquis dérèglement d’une langue puissante où les fulgurances sont pléthore, les épithètes..à chute et les éclats de rire…à retardement.

« T’as compris?…/ Oui, je crois »…

La Clairière du Grand N’importe Quoi? Un prophétie foutraque poético-foulosophique d’Alain Béhar, une parenthèse surréaliste délicieuse où l’on croit baigner dans un tableau mouvant de Magritte accompagné de mots…novarinesques! Embarquez à la prochaine marée montante!

A la vitesse où l’étranger devient familier, il faut profiter du trajet.

On vide le Cloud, il pleut du code. C’est très joli!

La clairière du grand n’importe quoi
De et avec : Alain Béhar
Cie Quasi
Collaboration artistique : Marie Vayssière
Lumière : Claire Eloy
Son : Pierre-Olivier Boulan
Dispositif scénique : Alain Béhar, Cécile Marc
Avec les regards croisés de Montaine Chevalier, Benoist Bouvot, Isabelle Catalan, David Malan, Juliana Béjaud, Suzanne Joubert, Jesshuan Diné, Gilles Masson
Texte publié aux Editions espaces 34
Photo : Sellig Nossam

Production : Compagnie Quasi | Coproduction : Théâtre du Bois de l’Aune - Aix en Provence, Pôle art de la scène, Friche de la Belle de mai/Marseille, Théâtre des 13 vents/CDN de Montpellier, Théâtre + Cinéma/ Scène Nationale du grand Narbonne, Théâtre du Périscope à Nîmes | Partenaires : le Théâtre Garonne - Toulouse, Les rencontres à l’échelle - Marseille, le T2G à Gennevilliers, le festival Printemps des Comédiens - Montpellier. | La compagnie Quasi est conventionnée par la DRAC, subventionnée par la Région Occitanie et le département de l’Aude

Dates et lieux des représentations:
- Du 31 mai au 2 juin 2019 au Théâtre des 13 Vents dans le cadre du Printemps des Comédiens - Montpellier
- Du 5 au 27 juillet 2019 au Festival d’Avignon Off, Théâtre Artéphile ( relâche le dimanche)
- Les 5 et 6 novembre 2019 au Festival Les Rencontres à l’échelle, Friche de la belle de mai - Marseille
- Les 14, 15 et 16 novembre 2019 à Sortie Ouest-Béziers ( 34)
- Le 21 novembre 2019 au Théâtre Le Périscope, Nîmes (30)
- Le 28 novembre 2019 au Théâtre + Cinéma / Scène Nationale du grand Narbonne ( 11)

On ne va pas quand même se faire avoir par la réalité!