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L’amour en toutes lettres : la sexualité de catholiques des années 30 racontée à l’abbé Viollet

Écrit par Victor Waque Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 15 avril 2019 19:50 Affichages : 628

amour Par Victor Waqué - Lagrandeparade.com/ On pense que l’amour est un sentiment intemporel. Pourtant l’amour d’aujourd’hui n’est pas forcément celui d’hier. Ni celui de demain… « L’amour en toutes lettres » joué au théâtre de Belleville nous illustre cette impermanence en se centrant sur l’amour et la sexualité des français catholiques des années 30, tellement en décalage avec la définition actuelle. Une pièce étonnante où l’on découvre la sexualité de nos grands-parents, le poids de la religion pendant cette période de l’histoire, et plus simplement une tranche de vie sincère d’êtres en recherche de réponses.

L’abbé Viollet est un ecclésiastique atypique. Il tient une revue à destination des parents catholiques qui répond à leurs interrogations conjugales ; comment lier l’amour, la sexualité et les enfants en adéquation avec le dogme religieux. Les fidèles peuvent envoyer par courrier leurs questions. Certaines lettres sont publiées et reçoivent une réponse de l’abbé Viollet. Pourtant certaines ne seront jamais retournées, ni dans la revue, ni ailleurs. Car il n’existe pas de réponse satisfaisante. Ce sont ces lettres que nous découvrons dans « L’amour en toutes lettres ».

Ces hommes et femmes ont entre vingt et trente années. On ne leur a jamais parlé de sexualité, un sujet tabou. Ils sont démunis face aux difficultés qu’ils rencontrent. Une épouse souffre pendant l’acte sexuel et se demande jusqu’à quel point elle peut endurer ces douleurs pour contenter son mari sans aller à l’encontre des règles du mariage. Une autre, en péril financier et épuisée par ses treize enfants qu’elle élève seule en plus des travaux de la ferme, s’interroge sur un moyen d’arrêter les grossesses sans cesser de coucher avec son mari. L’abstinence est-elle admise dans ce cas là ? La contraception n’est même pas évoquée. Une autre pose la question de l’avortement pour sauver une mère de sa grossesse difficile. Les questions pleuvent, toutes pleine d’intelligence et de bonne volonté. Ce sont des fidèles très pratiquants, pour qui les règles de l’église sont fondamentales. Pourtant elles engendrent des souffrances de différents ordres qu’ils et elles ne peuvent plus supporter. Elles en appellent à l’abbé Viollet, pour sortir de ces situations intenables. L’abbé ne répondra jamais à ces belles lettres. Car pour sortir de leurs souffrances, ces catholiques seraient dans l’obligation d’outrepasser les règles de l’église.

Sur la petite scène du théâtre de Belleville, chaque personnage apparaît pour transmettre son courrier à l’abbé. Immobile, seules leurs voix se déploient dans l’espace pour nous partager un désœuvrement. Ils ont le visage contraint, les traits fatigués et las par les épreuves qu’ils vivent et qu’ils délivrent à cœur ouvert dans ces lettres.
Chaque personnage qui apparaît se place contre son prédécesseur, pour illustrer une souffrance identique pour tous bien qu’elle se traduise différemment. Une fois la lettre énoncée, ils ne bougeront plus. En attente de réponse autant que pour soutenir les suivants. Dans cet immobilisme collectif, les comédiens nous partagent leurs émotions avec finesse.

Ces lettres vieilles de presque cent années, écrites par des intellectuels autant que des ouvriers et des travailleuses de la terre sont magnifiquement écrites. Le courrier est structuré, une idée prononcée après l’autre, un vocabulaire riche, une précision notable. Les français de cette époque savaient écrire ! Ils parviennent à transmettre avec sincérité leur vie et leurs problèmes. C’est avec émotion que nous entrons dans l’intimité de ces hommes et ces femmes d’une autre époque. Des mots toujours aussi forts aujourd’hui.

« L’amour en toutes lettres » c’est le témoignage sincère et intime de français catholiques du début du 20eme siècle. Autant amusé qu’atterré par ces lettres, le spectateur écoute parler de l’amour d’un autre temps. Pour mieux savourer celui d’aujourd’hui.

L’AMOUR EN TOUTES LETTRES - QUESTIONS SUR LA SEXUALITÉ À L'ABBÉ VIOLLET (1924-1943)
Mise en scène : Didier Ruiz
D'après L'Amour en toutes lettres – Questions à l'abbé Viollet sur la sexualité (1924-1943) de Martine Sevegrand (Editions Albin Michel)
Avec :
- le lundi Myriam Assouline, Brigitte Barilley, Xavier Béja, Nathalie Bitan (en avril), Laurent Claret (en mai), Marie-Do Fréval, Isabelle Fournier, Isabel Juanpera, Laurent Lévy, Marie-Hélène Peyresaubes, Thierry Vu Huu
- le mardi Nathalie Bitan, Patrice Bouret, Guy Delamarche, Emmanuelle Escourrou, Silvie Laguna,
Emmanuel Landier, Morgane Lombard, Elvire Mellière, Christine Moreau, Thierry Vu Huu
Durée du spectacle : 1h

Dates et lieux des représentations:
- Du lundi 8 avril au mardi 28 mai 2019, les lundis à 21h15 et les mardis à 19h15 au THÉÂTRE DE BELLEVILLE ( 94 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris) - Métro Goncourt (L11) ou Belleville (L2 ou 11) - Bus 46 ou 75 - www.theatredebelleville.com - Réservations : 01 48 06 72 34 l Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- le 25 mai 2019 : Festival De Jour De Nuit, La Norville (91)
- le 31 mai 2019 : Festival De Jour De Nuit, Arpajon (91)